La part du citoyen

Sobriété, efficacité et décarbonation des usages

Mobilité, véhicule électrique et fin du thermique

Sur la mobilité et la décarbonation des transports, le corpus fait apparaître un constat largement partagé mais des lectures divergentes des solutions techniques et de leurs risques.

Le pétrole comme angle mort. Jean-Marc Jancovici (M. Jean-Marc Jancovici) insiste sur le rôle central et sous-débattu du pétrole : « je ne peux pas expliquer pourquoi le pétrole est si absent du débat public en France. Le pic de production du pétrole n'intéresse personne. » Il hiérarchise les dépendances en plaçant le transport de marchandises avant celui des personnes : « si demain matin, seul un camion sur trois était capable de rouler en France, nous serions confrontés à un sujet d'approvisionnement alimentaire ». Ce diagnostic est partagé jusque sur les bancs politiques : Jean-Philippe Tanguy (RN, M. Jean-Marc Jancovici) reconnaît « nous essayons de mettre le sujet du pétrole dans le débat public depuis plus de dix ans. Nous avons échoué », et cherche une alternative concrète au pétrole, ce « don empoisonné de la nature ».

Aérien et agrocarburants. Jancovici (M. Jean-Marc Jancovici) tient une position tranchée sur l'aviation, jugée sans avenir : « Le transport aérien est né avec le pétrole et mourra avec le pétrole », et écarte les agrocarburants comme substitut, qu'il estime hors d'échelle : « Il faut donc oublier les agrocarburants pour promener des riches en avion ».

Véhicule électrique : pari risqué ou évolution incontestable ? C'est là que se situe le principal clivage. La table ronde du M. Pierre-Franck Chevet e.a. défend une position prudente : le tout-électrique en 2035 serait « un pari risqué », le gain CO2 dépend du mix, le parc thermique persisterait jusqu'en 2055, et les ressources manqueront. Christophe Poinssot (M. Pierre-Franck Chevet e.a.) souligne le déplacement de la dépendance : « En l'absence d'une industrie européenne, le basculement vers le véhicule électrique induit donc une dépendance envers les producteurs chinois, qui pose donc des problèmes en matière de souveraineté ». Le président Raphaël Schellenberger (M. Thomas Courbe) généralise cette inquiétude en interrogeant le risque d'une « nouvelle vulnérabilité » et fait le parallèle avec une logique anti-monotechnologie.

À l'inverse, Thomas Courbe (M. Thomas Courbe) juge le passage à l'électrique « incontestable » et recentre l'enjeu : « L'enjeu technologique sur le véhicule électrique réside moins dans le moteur, qui est très bien maîtrisé [...] que dans la batterie ». Pour lui, la souveraineté et la diversité technologique se jouent dans la batterie (passage du liquide au solide), non dans le moteur.

Points saillants. Les intervenants se rejoignent sur l'importance de la souveraineté et la crainte d'une dépendance à la Chine, mais divergent sur la stratégie : monotechnologie électrique contestée par le M. Pierre-Franck Chevet e.a. (qui plaide pour une diversité de solutions selon les usages : biocarburants, hydrogène) contre une électrification jugée inéluctable par Courbe, l'enjeu se déportant alors sur la batterie.

Qui en parle

Interventions regroupées (9 citations · 3 auditions)

Domaine : Sobriété, efficacité et décarbonation des usages · Sujet : mobilite-vehicule-electrique

Couverture : 9 citations · 3 positions · 3 auditions

_Slugs bruts fusionnés : transition-automobile-electrique, vehicule-electrique-materiaux, vehicule-electrique-mono-technologie, plan-batterie-vehicule-electrique, fin-moteur-thermique, transport-aerien-condamne, petrole-mobilite-marchandises_

Positions exprimées

  • (table ronde) (M. Pierre-Franck Chevet e.a.) : Le tout-électrique en 2035 est un pari risqué : le gain CO2 dépend du mix, le parc thermique persistera jusqu'en 2055, les ressources manqueront et la dépendance se déplace vers la Chine ; il faut une diversité de solutions (biocarburants, hydrogène) selon les usages. _(tranchant 3)_
  • M. Thomas Courbe (M. Thomas Courbe) : Le passage à l'électrique est incontestable ; l'enjeu de souveraineté et de diversité technologique se situe dans la batterie (du liquide au solide), pas dans le moteur déjà maîtrisé. _(tranchant 3)_
  • M. Jean-Marc Jancovici (M. Jean-Marc Jancovici) : Le transport aerien n'a pas d'avenir sans petrole et devra se contracter ; les agrocarburants ne sont pas a l'echelle. _(tranchant 1)_

Citations (verbatim, sourcées)

« je ne peux pas expliquer pourquoi le pétrole est si absent du débat public en France. Le pic de production du pétrole n’intéresse personne. »

M. Jean-Marc Jancovici (audite, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Constat d'un angle mort du debat public sur l'energie reellement critique._

« Le transport aérien est né avec le pétrole et mourra avec le pétrole. »

M. Jean-Marc Jancovici (audite, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Formule frappante sur l'absence d'avenir de l'aviation sans petrole._

« Il faut donc oublier les agrocarburants pour promener des riches en avion. »

M. Jean-Marc Jancovici (audite, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Phrase clivante liant impasse technique et critique sociale de l'aerien._

« Si demain matin, seule une voiture sur trois était capable de rouler en France, il y aurait des protestations de toute part mais nous pourrions nous organiser quand même. Alors que si demain matin, seul un camion sur trois était capable de rouler en France, nous serions confrontés à un sujet d’approvisionnement alimentaire »

M. Jean-Marc Jancovici (audite, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Image marquante hierarchisant les dependances petrolieres (marchandises avant personnes)._

« À notre modeste échelle, nous essayons de mettre le sujet du pétrole dans le débat public depuis plus de dix ans. Nous avons échoué. »

M. Jean-Philippe Tanguy — RN (depute, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Le RN s'aligne sur le diagnostic de l'angle mort petrolier et cherche une solution technique._

« que pouvons-nous faire pour remplacer ce don empoisonné de la nature qu’est le pétrole, qui a permis la société de consommation mais aussi l’amélioration des conditions du plus grand nombre ? »

M. Jean-Philippe Tanguy — RN (depute, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)

_Demande une option technique concrete plutot qu'une critique._

« En l’absence d’une industrie européenne, le basculement vers le véhicule électrique induit donc une dépendance envers les producteurs chinois, qui pose donc des problèmes en matière de souveraineté. »

Christophe Poinssot (audite, audition de M. Pierre-Franck Chevet e.a., 2022-11-22)

_Lie directement le choix du tout-électrique à une nouvelle dépendance souverainiste envers la Chine._

« Ce pari ne risque-t-il pas de créer une nouvelle vulnérabilité, au-delà des enjeux de matière et d’approvisionnement ? »

M. le président Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Thomas Courbe, 2022-11-24)

_Le président généralise sa thèse anti-monotechnologie au véhicule électrique, parallèle avec l'uranium enrichi._

« L’enjeu technologique sur le véhicule électrique réside moins dans le moteur, qui est très bien maîtrisé et sur lequel les marges de progrès sont limitées, que dans la batterie. »

M. Thomas Courbe (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2022-11-24)

_Réponse de Courbe déplaçant le débat technologique du moteur vers la batterie, où la diversité technologique existe._