Baptiste Carreira Mellier
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Baptiste Carreira Mellier est psychologue clinicien et neuropsychologue, exerçant en cabinet libéral. L'identification est établie sans ambiguïté : les fiches professionnelles publiques et la page de l'agence qui le représente décrivent le même profil que celui déclaré sous serment devant la commission — psychologue clinicien et neuropsychologue, spécialisé chez l'enfant et l'adolescent, créateur de contenu de vulgarisation en psychologie.
Formation : master de neuropsychologie clinique et cognitive de l'université Paris-Nanterre (Paris 10). Sa fiche Doctolib le présente comme psychologue clinicien spécialisé en neuropsychologie, diplômé de l'université de Paris-Nanterre (master de neuropsychologie clinique et cognitive à tous les âges de la vie, neurosciences) ; un annuaire de praticiens (lemedecin.fr) date ce master de 2023, sous l'intitulé de master en neuropsychologie clinique et psychopathologie cognitive, adulte et personne âgée. Son profil LinkedIn mentionne une expérience à l'AMPP Viala.
Exercice : il consulte au cabinet Symbiose Psychologie, 2 rue Saint-Frédéric, 78760 Jouars-Pontchartrain (Yvelines). Il y présente sa pratique comme spécialisée chez l'enfant et l'adolescent à partir de 6 ans et propose bilans neuropsychologiques, remédiation cognitive et groupes thérapeutiques.
Vulgarisation : il produit du contenu de vulgarisation en psychologie sur les réseaux sociaux, sous le pseudonyme @le.neuropsy sur Instagram (audience de l'ordre de la centaine de milliers d'abonnés au moment de la consultation des sources) et sur TikTok. Il est référencé comme talent de l'agence Elema Agency, qui indique qu'il exerce en cabinet libéral, enseigne à l'université et crée du contenu en lien avec son métier, avec pour ligne de rendre accessibles les connaissances scientifiques avec rigueur tout en contribuant à la déstigmatisation des troubles psychologiques. À noter, sans que cela emporte de jugement : Marion Joud, cofondatrice d'Elema Agency, était auditionnée à la même table ronde que lui.
Réserve de sourçage : hors le verbatim de l'Assemblée nationale, ces éléments proviennent de fiches d'annuaires et de pages professionnelles alimentées par l'intéressé ou son agence, non de sources indépendantes. Aucune notice biographique de presse ou institutionnelle n'a été trouvée. La dénomination exacte du master et son année (2023) sont données différemment selon les annuaires ; ses fonctions d'enseignement (établissement, statut, dates) ne sont documentées par aucune source précise.
Dans la commission
Auditionné le 22 mai 2025 (Mme Marion Joud), sous serment, lors de la table ronde réunissant le Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) et des professionnels de santé présents sur TikTok — table ronde présentée par le président Arthur Delaporte comme regroupant des intervenants « qui apportent la contradiction et rétablissent la vérité face aux allégations médicales, parfois dangereuses, sur les réseaux sociaux ». Il y intervient à trois reprises, en qualité de « psychologue et neuropsychologue », et précise d'emblée sa position statutaire : « Je rappelle que je ne suis pas médecin, mais bien psychologue. » (Mme Marion Joud)
Sa thèse. Il tient un double propos : d'un côté un constat clinique et bibliographique sur les effets des écrans, de l'autre un constat de terrain de créateur de contenu scientifique qui se dit structurellement désavantagé face à la désinformation en santé mentale.
Positions clés défendues :
- État de la littérature scientifique — il rapporte sa propre revue des études et en donne une lecture prudente, en termes de corrélation : « ces recherches mettent en évidence des liens de corrélation entre l'utilisation des écrans et la santé mentale, notamment en termes de dépression, d'anxiété et de stress. Les résultats sont significatifs, avec une taille d'effet modérée, ce qui semble révéler un véritable impact. » (Mme Marion Joud)
- L'algorithme défavorise le discours scientifique — « Les algorithmes favorisent malheureusement les contenus polémiques, générant plus d'engagement, au détriment d'un discours scientifique rigoureux. » (Mme Marion Joud). Il l'explique par le format et par la nature du soin : la psychologie « ne propose pas de solutions miracles », les parcours thérapeutiques sont « longs, laborieux et compliqués », alors que « les réseaux sociaux encouragent la recherche de solutions miracles en une minute » (Mme Marion Joud) ; condenser une explication médicale en 30 secondes, format privilégié par l'algorithme, lui paraît difficile.
- Auto-diagnostic et errance de soins — c'est son apport clinique le plus concret. Il rapporte un cas de sa consultation : « J'ai reçu en consultation une adolescente de 14 ans persuadée d'avoir un trouble borderline. Or ce type de trouble n'est pas diagnostiqué à 14 ans, encore moins chez un psychologue qui n'en a pas le droit. Elle m'a expliqué qu'elle a reçu ce diagnostic de sa « psychologue » faisant de la création de contenu sur les réseaux sociaux. » (Mme Marion Joud). Il généralise à trois risques : « l'auto-diagnostic basé sur des informations trouvées en ligne — concernant particulièrement le TDAH, le haut potentiel intellectuel (HPI), le haut potentiel émotionnel (HPE), les addictions ou les troubles du comportement alimentaire (TCA) —, l'automédication inspirée par des tendances sur les réseaux sociaux et l'errance, entraînant un retard avant la consultation d'un psychologue ou, mieux encore, d'un psychiatre. » (Mme Marion Joud)
- Le débunkage ne peut pas passer à l'échelle — il décrit sa méthode (décorticage de vidéos virales appuyé sur des études, deux fois à titre personnel : Antadys et stérilité, pilule contraceptive et cancer) et en pointe aussitôt la limite structurelle : « il n'existe pas de gros compte de désinformation comptant des centaines de milliers d'abonnés et faisant des millions de vues, mais plutôt des milliers de petits comptes, rendant impossible une réfutation systématique, car nous passerions nos journées à jouer à la police. » (Mme Marion Joud). Il ajoute que l'exercice est chronophage, empiète sur le temps personnel et attire « un lot de commentaires négatifs », ce qui le pousse à privilégier la prévention sur la déconstruction.
- Signalements prioritaires adossés au RPPS — sa demande la plus opérationnelle, formulée deux fois : « il serait crucial que les signalements émanant de professionnels de santé identifiés par leur numéro du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) soient traités en priorité et conduisent à une suppression plus rapide des contenus. » (Mme Marion Joud). Il la justifie par le fait que la détection de fausses informations médicales exige des connaissances spécifiques, que seule une poignée de professionnels signale, et il propose en contrepartie de « jouer le jeu d'effectuer une veille des réseaux sociaux » (Mme Marion Joud). Il demande aussi une certification des professionnels de santé sur les plateformes, et dénonce le retour actuel des signalements : « nous avons tous expérimenté la frustration des signalements qui n'aboutissent qu'à un simple message : « merci d'avoir signalé ». » (Mme Marion Joud)
- Prévention intégrée à la plateforme — « lors de la création d'un compte pour mineur, un quiz ou une vidéo de prévention pourrait être proposé, sensibilisant aux risques potentiels. » (Mme Marion Joud), sur le modèle, selon lui, de certaines associations sportives ayant remplacé le certificat médical par un quiz.
- Observation clinique sur l'attention — « Après cinq minutes d'utilisation d'écrans en salle d'attente, leur capacité d'attention est considérablement altérée, nécessitant des adaptations pendant la consultation. » (Mme Marion Joud) — observation faite sur des jeunes patients reçus pour hypothèse de TDAH ; il indique insister auprès des parents pour limiter les écrans avant les rendez-vous.
- Le problème dépasse les mineurs — il rapporte que ses statistiques d'audience TikTok incluent des parents et cite une conversation avec sa tante, quadragénaire, incapable de reconnaître une vidéo générée par intelligence artificielle : « Cela démontre que la problématique concerne l'ensemble de la population, pas uniquement les jeunes. » (Mme Marion Joud)
Note de lecture. Ces éléments — y compris le cas clinique rapporté et la description des « milliers de petits comptes » — sont ses constats et sa position devant la commission, pas des faits établis par elle.
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N015.html
- https://www.assemblee-nationale.fr/17/cr-cetiktok/24-25/c2425015.asp
- https://www.elema-agency.com/talents/baptiste-carreira-mellier
- https://symbiose-psychologie.fr/
- https://www.doctolib.fr/psychologue/jouars-pontchartrain/baptiste-carreira-mellier
- https://www.doctovac.com/psychologue/jouars-pontchartrain/carreira-mellier-baptiste/786078
- https://www.therapeutes.com/psychologue/jouars-pontchartrain/baptiste-carreira-mellier
- https://lemedecin.fr/psychologue/jouars-pontchartrain/baptiste-carreira-mellier
- https://fr.linkedin.com/in/baptiste-carreira-mellier-3b8b60193
- https://www.instagram.com/le.neuropsy/