Bernard Basset
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Bernard Basset, né le 23 avril 1950 à Penguily (Côtes-d'Armor), est un médecin français spécialiste de santé publique. L'identification est établie sans ambiguïté : la personne auditionnée est bien le président de l'Association Addictions France en exercice à la date de l'audition (mai 2025) — à ne pas confondre avec l'homonyme Bernard Basset (1909-1988), prêtre et théologien catholique britannique référencé dans les bases bibliographiques.
Formation et titres universitaires. Doctorat en médecine (Université Pierre-et-Marie-Curie – Paris VI, 1976) ; certificat d'études spéciales de santé publique (Paris VI, 1986) ; diplôme de santé publique (École nationale de la santé publique – ENSP, Rennes, 1987) ; certificat d'études statistiques appliquées à la médecine, option épidémiologie (Paris VI, 1989).
Carrière. Médecin adjoint au centre médical de Beaurouvre (Eure-et-Loir, soins de suite et de réadaptation) de 1977 à 1986, il devient médecin inspecteur de santé publique, fonctionnaire d'État titulaire à partir du 1er janvier 1988. Il occupe successivement les postes de médecin inspecteur à la DDASS de la Marne (1988-1991), de médecin inspecteur régional adjoint puis régional à la DRASS de Haute-Normandie (1991-1993), de responsable de la formation des médecins inspecteurs de santé publique à l'ENSP (1994-1998), de chargé de mission auprès de l'adjointe au directeur général de la santé (1998-2000), puis de sous-directeur de la sous-direction « Santé et société » à la Direction générale de la santé (2000-2007) — sous-direction en charge notamment de la lutte contre les pratiques addictives, du VIH et des IST, de la santé mentale, de la santé et de la précarité et de la santé des jeunes. Il est ensuite directeur général adjoint de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) de 2007 à 2010, puis directeur de projet / coordinateur national des projets régionaux de santé auprès de la secrétaire générale des ministères sociaux (2010-2012). Il est retraité de la fonction publique depuis le 1er mars 2012 et a poursuivi une activité d'enseignant vacataire en santé publique (EHESP, formation initiale des médecins inspecteurs de santé publique et des directeurs d'hôpital).
Engagement associatif. Administrateur de l'Association Addictions France (association fondée en 1872, ex-ANPAA, reconnue d'utilité publique) depuis 2013, il en a été secrétaire général adjoint (2014-2015), vice-président (2015-2019) puis président national de 2019 à 2025 — une notice biographique de 2021 date pour sa part sa présidence de décembre 2020. Il a quitté la présidence le 21 juin 2025, remplacé par le Pr Amine Benyamina, et est depuis président d'honneur de l'association aux côtés d'Alain Rigaud, fonction qu'il occupait encore au conseil d'administration élu le 27 juin 2026. Il a également été secrétaire général de la Fédération française d'addictologie et vice-président du Fonds Actions Addictions (fonctions déclarées depuis 2020).
Publications. Auteur ou coauteur de nombreux articles et ouvrages de santé publique et d'addictologie, parmi lesquels Les projets régionaux de santé en France. Ambitions et réalités (Presses de l'EHESP, 2012), Le lobby de l'alcool contre la santé (avec Alain Rigaud, Alcoologie et addictologie, 2016), Alcool : la culture ou la santé (Les Tribunes de la santé, 2017) et La loi Évin : visionnaire, emblématique et donc constamment attaquée (avec Alain Rigaud, JDSAM, 2021).
Dans la commission
Auditionné le 26 mai 2025 (M. Franck Lecas) en qualité de président de l'Association Addictions France, aux côtés de Franck Lecas, responsable du pôle projets politiques publiques, et de Louise Lefebvre-Lepetit, chargée de mission plaidoyer. Sept interventions relevées dans le corpus, toutes sur cette seule audition.
Sa thèse. Il lit TikTok avec la grille de l'addictologie : le mécanisme de recommandation reproduit, selon lui, le ressort classique de l'addiction. « Les algorithmes sont basés sur le renforcement de la préférence ; la recherche de plaisir étant le point de départ des addictions, ils renforcent donc les mécanismes d'addiction. » (M. Franck Lecas) Il déplace toutefois l'objet de l'addiction, de l'écran vers le contenu : « nous avons tendance à considérer qu'il s'agit principalement d'une addiction aux contenus, favorisée par l'algorithme, qui est un facteur additionnel : quand un contenu court et éphémère produit du plaisir, on a tendance à le renouveler. » (M. Franck Lecas)
Positions clés défendues :
- Effets cognitifs de l'algorithme — au-delà de l'addiction, il décrit un rétrécissement de l'attention : « Ils ont également pour effet d'enfermer l'utilisateur dans une bulle informationnelle en resserrant les contenus proposés sur les centres d'intérêt identifiés. De ce fait, les réseaux focalisent l'attention et limitent la curiosité intellectuelle par effet d'entonnoir. » (M. Franck Lecas)
- Signalements et retraits — il apporte les chiffres de l'action de signalement de son association, comparant les plateformes : « Nous réussissons davantage sur TikTok, où le taux de retrait des contenus signalés comme illégaux atteint 95 % – principalement des infractions à la loi Évin –, que sur Meta, où il n'est que de 76 %. » (M. Franck Lecas). Ce sont des données présentées par l'association, non vérifiées par la commission.
- Promotion de l'alcool et loi Évin — c'est sa demande la plus tranchée : « nous ne voyons pas d'autre solution que d'interdire à ces derniers de promouvoir l'alcool. Cette publicité est un des moteurs les plus puissants de la consommation » (M. Franck Lecas)
- Vérification de l'âge — il pose le contrôle en préalable à l'accès : « un contrôle efficace de l'âge doit être instauré avant de permettre l'accès à ces plateformes et aux contenus qu'elles promeuvent. » (M. Franck Lecas)
- Mesures techniques sur le temps d'écran — il avance une piste concrète de « dé-design » : « Une solution technique consisterait à rendre le visuel moins attractif après une durée à déterminer – trente minutes, une heure –, par exemple en le passant en noir et blanc, afin que le fait de rester devant l'écran devienne moins attirant à mesure que le temps s'écoule. » (M. Franck Lecas)
- Responsabilité des plateformes plutôt que des parents — il refuse explicitement le déplacement de la charge vers les familles : « Il ne s'agit effectivement pas de culpabiliser les parents, qui font face à des réseaux sociaux et à des plateformes redoutables. Ces acteurs doivent être régulés et ont les moyens d'instaurer toutes les mesures nécessaires pour respecter la loi. » (M. Franck Lecas)
Ligne d'ensemble. L'apport de son audition est de transposer au numérique une doctrine construite sur l'alcool et le tabac : caractériser un mécanisme addictif, contester la publicité comme moteur de consommation, et faire porter l'obligation sur l'opérateur — vérification de l'âge, interdiction de promotion, modification du design — plutôt que sur l'usager ou son entourage.
Fiche adossée à une seule audition : le dossier corpus ne comporte ni position ni question hors M. Franck Lecas.
Sources
- https://www.wikidata.org/wiki/Q119741526
- https://congresalbatros.org/wp-content/uploads/2021/10/congres_albatros_bernard_basset_bio.pdf
- https://addictions-france.org/datafolder/uploads/2026/07/Composition-CA-27-juin-2026.pdf
- https://addictions-france.org/presse/le-pr-amine-benyamina-est-elu-president-daddictions-france/
- https://addictions-france.org/actualites/association-addictions-france-renouvelle-son-conseil-dadministration-2026-14219/
- https://addictions-france.org/organisation/
- https://www.presses.ehesp.fr/auteur/basset-bernard/
- https://www.idref.fr/033512515
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N017.html