La part du citoyenTikTok et les mineurs
CR

Chantal Rubin

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Chantal Rubin est **chef de pôle structurel numérique et affaires juridiques du pôle Régulation des

plates-formes numériques (REGPFN)**. C'est sous ce seul titre qu'elle est convoquée et présentée par

la commission d'enquête (compte rendu officiel n° 22 de l'Assemblée nationale, réunion du 5 juin

2025). Elle y prête serment avec les trois autres agents publics entendus ce matin-là.

Le compte rendu la rattache à la même délégation que M. Loïc Duflot, chef de service de l'économie

numérique à la Direction générale des entreprises (DGE), ministère de l'économie — la seconde

délégation entendue conjointement étant celle de la Direction générale des médias et des industries

culturelles (DGMIC), représentée par MM. Matthieu Couranjou et Sébastien Bakhouche. Le service de

l'économie numérique de la DGE décrit lors de cette audition une équipe de six personnes chargée de

la politique publique relative aux plateformes et du suivi de l'application du DSA et du DMA ; c'est

sur ce périmètre juridique que Chantal Rubin intervient.

*Identité — réserve explicite : aucune notice biographique publique (parcours, formation, dates de

prise de fonctions, nominations au Journal officiel) n'a pu être trouvée pour cette personne. Les

recherches sur « Chantal Rubin » ne renvoient, hors de l'audition elle-même, qu'à des homonymes ou

quasi-homonymes sans aucun rapport avec le champ numérique (l'actrice Chantal Nobel, l'architecte

Patrick Rubin, diverses entreprises portant le nom Rubin). La biographie ci-dessus se limite donc

strictement à ce qui est établi par la source institutionnelle : sa fonction déclarée sous serment

devant la commission. Toute affirmation supplémentaire sur son parcours serait une extrapolation.*

Dans la commission

Fiche courte : intervenante secondaire au sein d'une audition collective. Chantal Rubin est entendue

lors de l'audition conjointe DGE/DGMIC du 5 juin 2025 (M. Loïc Duflot, réunion n° 22, présidée par Arthur

Delaporte), où elle prend la parole deux fois, en complément des réponses de MM. Duflot et

Bakhouche. Elle y apporte l'expertise juridique et comparée : histoire de la négociation du DSA,

portée des lignes directrices sur la protection des mineurs, et parangonnage international.

**Ce qu'elle défend — 1. Le statut d'hébergeur n'a pas été rouvert en 2022, et ce n'était pas

négociable.** Interrogée sur la frontière hébergeur/éditeur, elle replace la question dans le

contexte de la négociation européenne : « Lors des négociations de 2022, la Commission européenne

avait d’emblée établi que la directive « e-commerce » ne serait pas révisée. Le contexte politique

était clairement orienté vers l’élaboration du DSA, sans réexamen des règles de la directive. »

(M. Loïc Duflot). Elle ajoute que cette position constituait une « ligne rouge » de la Commission et qu'aucune

coalition d'États membres ne semblait prête à défendre une thèse alternative.

2. Le DSA crée de fait une responsabilité éditoriale sur les algorithmes. C'est son apport le

plus substantiel au débat de la commission sur le statut des plateformes : plutôt qu'un changement

de statut, elle décrit un contrôle qui s'exerce sur la conception des systèmes de recommandation.

« Les lignes directrices établissent clairement que la Commission européenne exige, notamment pour

la protection des mineurs, que le paramétrage des algorithmes de recommandation ne soit pas basé sur

les comportements et les traces de navigation des mineurs, afin d'éviter d'entretenir des

comportements addictifs et de surconsommation. » (M. Loïc Duflot). Et, très concrètement : « Par exemple, il

pourra être demandé à un opérateur de mettre de côté certains critères comme le watch-time ou

l'engagement en ce qui concerne la protection des mineurs. Nous entrons ainsi dans une forme de

responsabilité algorithmique et éditoriale quant au choix des critères de construction de ces

systèmes. » (M. Loïc Duflot)

3. Parangonnage international — prudence sur l'Australie, réserve sur le modèle britannique.

Répondant à la rapporteure Laure Miller qui demandait quelles législations étrangères sembleraient

pertinentes, elle tempère l'exemple australien : « Les autorités australiennes ont récemment adopté

une réglementation assez prescriptive concernant l'accès aux réseaux sociaux. Il ne s'agit toutefois

pour l'instant que d'un énoncé de loi et toute la question réside dans sa mise en œuvre pratique,

pour laquelle nous ne disposons pas encore de précédents. » (M. Loïc Duflot). Sur le code de l'Ofcom, elle

décrit une approche « très ouverte, typiquement britannique », fondée sur le dialogue avec les

acteurs, et en pointe la limite selon elle : « Les Britanniques peuvent accepter des mécanismes qui

se limitent à une estimation ou une approximation de l'âge, sans véritable garantie de fiabilité. »

(M. Loïc Duflot)

4. L'avantage français revendiqué : la fiabilité technique de la vérification d'âge. Elle estime

que l'Europe bénéficie d'un « avantage certain », acquis via le dossier des contenus pornographiques,

avec des « mécanismes techniques de vérification de l'âge qui sont fiables et reconnus », et conclut

que ce qui distingue la France et l'Europe tient à ces dispositifs techniques (M. Loïc Duflot).

Sources

officiel n° 22, réunion du 5 juin 2025 — seule source institutionnelle identifiée la concernant)