La part du citoyenTikTok et les mineurs
FL

Franck Lecas

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Franck Lecas est responsable du pole projets politiques publiques de l'Association Addictions France, fonction sous laquelle il est presente et prete serment devant la commission d'enquete le 26 mai 2025 (compte rendu officiel de l'Assemblee nationale).

Son parcours documente publiquement se rattache de longue date a cette meme organisation. Il apparait des 2016-2017 sous l'affiliation ANPAA — Association nationale de prevention en alcoologie et addictologie, Paris, comme co-auteur de l'article scientifique France's Evin Law on the control of alcohol advertising: content, effectiveness and limitations, publie dans la revue Addiction (2017, DOI 10.1111/add.13431), aux cotes de Karine Gallopel-Morvan (EHESP), de chercheurs de l'OFDT et d'Alain Rigaud, alors president de l'ANPAA. L'ANPAA est devenue Association Addictions France le 1er janvier 2021 : il s'agit donc de la meme structure, sous un nom nouveau.

Il est egalement co-auteur d'un article publie en 2022 dans la revue Sante publiqueLecons methodologiques tirees du modele logique du programme de prevention "Une Affaire de Famille" (DOI 10.3917/spub.220.0021c) —, ce qui le rattache aussi au volet prevention de l'association, au-dela du seul volet juridique.

L'Association Addictions France, dont le president est le Pr Amine Benyamina, se presente comme la seule organisation a faire respecter par voie judiciaire le volet « alcool » de la loi Evin du 10 janvier 1991, notamment contre les publicites illegales sur internet et les reseaux sociaux. C'est ce champ — publicite pour l'alcool, signalement et contentieux — qui constitue le domaine d'expertise de Franck Lecas, regulierement cite a ce titre dans la presse francaise sur les affaires portees par l'association.

Reserves de verification. Sa formation initiale, ses dates de prise de fonctions et son parcours anterieur a l'ANPAA ne sont pas documentes dans les sources publiques accessibles : la fiche s'en tient donc a ce qui est verifiable. Un homonyme a ete ecarte : un(e) « F. Lecas » signataire en 2019 d'un article de la Revue de l'infirmiere, affilie au Centre hospitalier de Versailles, sans rapport avec le present dossier.

Dans la commission

Franck Lecas intervient lors d'une seule audition (M. Franck Lecas, 26 mai 2025), aux cotes de Bernard Basset, president de l'Association Addictions France, et de Louise Lefebvre-Lepetit, chargee de mission plaidoyer. Il s'exprime en praticien du signalement de contenus illegaux — principalement les infractions a la loi Evin (alcool) et les contenus de paris sportifs —, et non en clinicien ni en chercheur sur les effets psychologiques.

Sa these d'ensemble. La charge de la protection des mineurs (verification de l'age, limitation du temps d'ecran, respect de la loi) doit peser sur les acteurs du numerique et non sur les parents ; les plateformes ont les moyens de se conformer et doivent etre regulees (M. Franck Lecas). Sur la controverse scientifique, l'association ne tranche pas et considere qu'il s'agit principalement d'une addiction aux contenus, l'algorithme etant un facteur additionnel (M. Franck Lecas).

Un comparatif a decharge pour TikTok, assume mais borne. Sur le perimetre etroit des contenus illegaux que l'association signale, le taux de retrait est de 95 % sur TikTok contre 76 % sur Meta, et « Le délai de retrait sur TikTok a été amélioré : il est désormais compris entre un et cinq jours, contre dix au début de notre action » (M. Franck Lecas). Il prend immediatement ses distances avec toute lecture flatteuse : « Je ne voudrais pas faire passer TikTok pour un bon élève, mais il est vrai que son taux de retrait est plus satisfaisant que celui de Meta » (M. Franck Lecas). Sur Meta, il rapporte des « refus non expliqués qui nous obligent à saisir la justice afin de déterminer si le contenu est bien illégal » (M. Franck Lecas), et note qu'« il y a moins de publicité sur TikTok » (M. Franck Lecas).

Les angles morts qu'il identifie.

Sur les outils de regulation. Il indique que « c’est l’Arcom qui nous a accordés, en avril dernier, le statut de signaleur de confiance créé par le DSA » (M. Franck Lecas), mais que ce statut reste inoperant en pratique : « si certains réseaux sont venus vers nous pour nous enjoindre d’utiliser cette procédure et nous donner les clés, nous n’avons pas réussi à les faire fonctionner – nous n’avons pas trouvé la serrure, en quelque sorte » (M. Franck Lecas). Sur les suites donnees par le regulateur : « À notre connaissance, elle n’a pas imposé de sanctions plus lourdes pour l’instant » (M. Franck Lecas). La voie judiciaire, elle, est longue : le delai « excède souvent deux ans : en moyenne, l’attente est tout de même assez longue » (M. Franck Lecas).

Ses recommandations. Interdire aux influenceurs toute promotion, directe ou indirecte, de l'alcool sur les reseaux sociaux, presentee comme la seule solution structurelle contre l'infraction a la loi Evin (M. Franck Lecas) ; introduire une friction technique contre le temps d'ecran, par exemple un basculement du visuel en noir et blanc apres une duree donnee (M. Franck Lecas) ; instaurer un controle de l'age avant l'acces aux plateformes, pris en charge par elles via des justificatifs, l'association ne se prononcant pas sur les moyens techniques (M. Franck Lecas).

Un point ou il contredit une hypothese de la commission. Interroge sur d'eventuels reports d'influenceurs problematiques d'autres reseaux vers TikTok, il repond en soulignant qu'il s'exprime sous serment : « nous avons observé l’inverse, c’est-à-dire des tiktokeurs bannis de TikTok qui se sont rabattus sur Meta » (M. Franck Lecas).

Le dossier corpus ne recense aucune question posee par lui : son role est celui d'un temoin repondant aux questions de la rapporteure et du president.

Sources