Marion Joud
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Marion Joud (née en 1992) est cofondatrice et directrice générale d'Elema Agency, agence de communication parisienne spécialisée dans le digital, l'influence et la gestion de personnalités publiques. Elle dirige la société avec Léa Merlo (née en 1994), cofondatrice et présidente.
Elema Agency est une SAS immatriculée le 1er avril 2021 (SIREN 897998126), dont le siège social est situé 36 avenue Matignon, Paris 8e, avec des établissements à Paris et à Montpellier. Le registre national des entreprises confirme la répartition des fonctions : Marion Joud, directrice générale ; Léa Merlo, présidente.
L'agence organise son activité en trois pôles de représentation de talents : personnalités publiques, santé et créateurs de contenu. Le pôle santé regroupe des professionnels de santé actifs sur les réseaux sociaux — notamment Marine Lorphelin, Anna Roy, Sophia Rakrouki ou Baptiste Carreira Mellier, ces deux derniers ayant été auditionnés aux côtés de Marion Joud lors de la même table ronde du 22 mai 2025.
Le registre national des entreprises la mentionne également comme gérante de MJ Invest (SIREN 999097736), société créée le 1er janvier 2026 à Lattes (Hérault) et enregistrée sous l'activité « gestion de fonds ».
Réserve de sourçage : son parcours antérieur (formation initiale, postes occupés avant la création de l'agence en 2021) n'a pas pu être établi par une source publique fiable — aucune notice biographique de référence (Wikipédia, portrait de presse, page institutionnelle) ne lui est consacrée. La biographie s'en tient donc au registre officiel des entreprises et au site institutionnel de l'agence.
Identification : le rattachement est établi par recoupement entre la fonction déclarée sous serment devant la commission (« cofondatrice de Elema Agency »), la page « agence » du site officiel d'Elema Agency et le registre national des entreprises. L'identité est considérée comme sûre ; aucun homonyme plausible dans le champ numérique, santé ou influence n'a été rencontré.
Dans la commission
Marion Joud a été auditionnée le 22 mai 2025 (Mme Marion Joud), lors d'une table ronde consacrée à la désinformation médicale réunissant des représentants de l'ordre des médecins, un syndicat de jeunes généralistes et des professionnels de santé créateurs de contenu. Elle y intervient au titre de sa fonction déclarée : « cofondatrice de Elema Agency », agence dotée d'un département d'accompagnement des professionnels de santé sur les réseaux sociaux. Sa contribution est ponctuelle — 3 interventions, sur une seule audition —, d'où une fiche courte, à proportion du volume relevé dans le corpus.
Son apport propre : les contenus générés par IA usurpant l'image des médecins, et l'inertie de la modération. Son intervention la plus documentée porte sur des vidéos deepfake visant une praticienne représentée par son agence :
« des vidéos sur TikTok mettant en scène le docteur Marine Lorphelin sont générées par intelligence artificielle pour promouvoir des compléments alimentaires douteux. Cela fait déjà une à deux semaines que nous signalons ces contenus. Marine utilise ses autres réseaux sociaux pour inciter son audience à les signaler également. Malgré cela, à ce jour, tout est encore en ligne. » (Mme Marion Joud)
Elle y voit une pratique économiquement organisée :
« Il existe clairement un business qui s'est développé autour de cette pratique. » (Mme Marion Joud)
Positions rattachées à cette audition. Le dossier corpus indexe sous Mme Marion Joud une série de positions issues de la table ronde, dont plusieurs sont explicitement attribuées à d'autres intervenants ou présentées comme collectives. Elles sont restituées ici comme le contexte argumentatif de l'audition, et non comme des prises de position personnelles de Marion Joud — sauf le point sur la modération, sur lequel son témoignage est directement versé au débat :
- Modération et signalement — les signalements des soignants resteraient sans réponse ni retrait (au mieux un « merci d'avoir signalé ») ; demande d'une voie de signalement prioritaire et d'une obligation de réponse argumentée dans les meilleurs délais.
- Certification RPPS — les signalements et comptes des professionnels de santé identifiés par leur numéro RPPS devraient être certifiés, priorisés et mieux référencés, sur le modèle de la labellisation lancée par YouTube.
- Chartes de bonnes pratiques — la charte de bonne conduite signée avec YouTube pour les médecins-influenceurs devrait être étendue aux autres plateformes dont TikTok, sans nécessairement être rendue obligatoire, le caractère contraignant relevant du législateur.
- Algorithme de recommandation — l'algorithme de TikTok favoriserait les contenus sensationnels, viraux et polémiques au détriment de l'information scientifique nuancée, ce qui avantagerait structurellement la désinformation.
- Désinformation santé — décrite comme massive (« tsunami »), portée par de faux experts et des produits miracles, se propageant plus vite que l'information fiable et retardant la prise en charge des patients.
- Débunk / prébunk — le débunkage systématique serait impossible face à des milliers de petits comptes ; d'où un basculement recommandé vers le « prébunk » (prévention en amont, esprit critique) et l'éducation au numérique dès l'école.
- Éducation et parents — l'éducation critique au numérique devrait commencer dès la maternelle ou le primaire et associer activement les parents, souvent ignorants du contrôle parental, en s'inspirant des programmes nordiques et néerlandais.
- Santé mentale — nuance rappelée dans l'audition : les études n'établiraient qu'une corrélation (taille d'effet modérée), non une causalité, entre usage des écrans et troubles de la santé mentale, même si les constats de terrain montrent une hausse des troubles.
- Spécificité de TikTok — audience très jeune et format court favorisant la viralité ; nuance du CNOM, pour qui Instagram et YouTube seraient davantage impliqués sur les fausses informations de santé, TikTok se polarisant sur les actes esthétiques.
- Interdiction par l'âge — le panel n'appuie pas frontalement une interdiction par l'âge et privilégie la limitation de l'exposition des moins de six ans, l'éducation, et d'éventuelles sanctions pénales pour les créateurs récidivistes de désinformation.
Ce que sa position éclaire. Marion Joud s'exprime depuis l'industrie de l'influence, et non depuis une institution médicale : elle ne conteste pas le principe de la présence des soignants sur TikTok, qui constitue l'activité de son agence. Sa critique porte sur le traitement réservé aux signalements par la plateforme et sur l'exploitation commerciale de l'image de médecins par des contenus générés par intelligence artificielle. Le dossier corpus ne lui attribue aucune question posée ni aucun autre verbatim.
Sources
- https://www.elema-agency.com/agence
- https://www.elema-agency.com/
- https://www.elema-agency.com/talents
- https://recherche-entreprises.api.gouv.fr/search?q=897998126
- https://recherche-entreprises.api.gouv.fr/search?nom_personne=JOUD&prenoms_personne=MARION
- https://umicc.fr/
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N015.html