Olivier Andrieu-Gérard
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Olivier Andrieu-Gérard (son nom apparaît aussi sans accent, Andrieu-Gerard, y compris dans le compte rendu officiel de la commission) est coordonnateur du pôle Médias – Usages numériques de l'Unaf, l'Union nationale des associations familiales — institution chargée par la loi de représenter l'ensemble des familles vivant en France auprès des pouvoirs publics, et tête d'un réseau d'Udaf départementales.
L'identification ne présente pas d'ambiguïté : la fonction déclarée devant la commission (« coordonnateur du pôle Médias et usages numériques de l'Unaf ») est celle que l'Unaf lui attribue systématiquement dans ses propres publications, sur la même période. Certaines sources du réseau familial emploient la variante responsable du pôle usages médias numériques (Udaf 41).
Éléments de fonction documentés par les publications de l'Unaf :
- Il porte l'expertise de l'Unaf sur les usages numériques des familles : parentalité et écrans, éducation aux médias, relation école-familles par le numérique, et pilotage du label P@rents, parlons numérique.
- 5 juin 2024 : membre de la délégation de l'Unaf reçue par Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de l'Autorité nationale des jeux (ANJ), aux côtés de Bernard Tranchand (alors vice-président) et de Guillemette Leneveu (directrice générale) — échanges sur l'actualité des jeux d'argent et les axes stratégiques 2024-2026 de l'ANJ, dont la protection des mineurs.
- 29 janvier 2025 : intervenant à une table ronde de la Fondation pour l'enfance sur les enjeux du numérique éducatif (autour d'un baromètre enfance et numérique) ; il y rappelle notamment que la gestion des écrans est la première difficulté éducative exprimée par les parents.
- 21 mars 2025 : entendu par l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) sur les usages du numérique dans la relation écoles-familles — échange auquel il fait lui-même référence devant la commission d'enquête.
- 18 septembre 2025 : intervenant, avec le président de l'Unaf Bernard Tranchand, à une conférence-table ronde de l'Udaf de la Marne, Être parent à l'ère du numérique.
- Il co-représente également l'Unaf dans des opérations de sensibilisation (partenariat Semaine de l'IA pour tous) et signe des contributions dans la revue de l'Unaf Réalités familiales.
Réserve de sourçage : il n'existe pas, à notre connaissance, de biographie publique détaillée le concernant (ni notice Wikipedia, ni fiche institutionnelle de parcours). Sa formation, ses postes antérieurs et la date de son arrivée à l'Unaf ne sont pas documentés par des sources publiques vérifiables ; nous ne les inventons pas.
Dans la commission
Intervenant secondaire au sens du volume de parole : il s'exprime au sein d'une table ronde collective du 15 mai 2025 (Mme Alixe Rivière e.a.), consacrée aux associations familiales et de parents d'élèves (FCPE, PEEP, UNAAPE, Unaf), sous la présidence d'Arthur Delaporte. Il y représente l'Unaf avec Karima Rochdi, administratrice en charge du numérique, et prête serment comme les autres participants. Le dossier corpus recense 4 interventions. Cette fiche est donc courte, à la mesure du matériau disponible.
Sa ligne générale. Il ne défend ni la seule éducation des familles, ni la seule interdiction : il plaide un partage de responsabilité qu'il juge aujourd'hui déséquilibré au détriment des parents, et demande une pression politique sur les acteurs économiques.
Positions clés (Mme Alixe Rivière e.a.) :
- Interdiction avant 15 ans — ouverture, mais conditionnée. « Nous ne sommes pas opposés à la perspective d'une interdiction avant 15 ans, ce qui répondrait à un véritable enjeu. L'important est de fournir un message fiable, scientifiquement fondé et de déterminer l'âge approprié pour l'accès aux réseaux sociaux. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il rappelle en amont que l'accès est « déjà théoriquement interdit avant l'âge de 13 ans », via les CGU et le RGPD, et que cette limite est peu respectée faute de dispositifs de vérification d'âge déployés.
- Exiger de préciser l'objet de l'interdiction. « Il est crucial de préciser de quoi nous parlons exactement : s'agit-il d'une interdiction générale des réseaux sociaux ou spécifiquement des réseaux tels qu'ils existent aujourd'hui ? » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il tient à ne pas occulter les apports possibles des réseaux (mise en réseau, construction de l'identité, accès à la culture et à l'information) pour ne viser que les réseaux « tels qu'ils sont devenus, parmi lesquels TikTok ».
- Diffusion de responsabilité dans la chaîne d'acteurs. Il lit devant la commission un extrait d'un rapport « remis au président de la République l'année dernière » : « la commission a été marquée par le fait qu'aucun acteur de la chaîne ne se sent en responsabilité première des hauts standards de protection des enfants, renvoyant systématiquement à d'autres cette responsabilité, au nom de contraintes technologiques présentées comme difficilement dépassables, et s'accordant pour faire porter aux parents la charge de gérer la complexité et les externalités négatives générées par des modèles économiques captifs de l'attention des enfants » (Mme Alixe Rivière e.a.). Il s'agit d'une citation qu'il reprend à son compte, non d'une formulation qu'il produit lui-même. Il l'applique aux acteurs qui, selon lui, acceptent le principe du contrôle d'âge à 15 ans « mais qui refusent d'en assumer la mise en œuvre ». C'est son analyse, pas un constat établi par la commission.
- Contrôle parental et opérateurs : le décret jugé trop faible. À propos de l'application de la loi du 2 mars 2022 sur le contrôle parental, il estime le décret final « peu contraignant, avec des fonctionnalités obligatoires réduites par rapport aux propositions initiales », et conclut : « il est évident que le modèle économique sous-jacent rend difficile, pour eux, d'aller au-delà de ce qui leur est demandé sans une pression politique. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il précise ne pas prétendre que les opérateurs ciblent spécifiquement les jeunes.
- Ne pas tout reporter sur l'éducation ; le levier DSA. « Même si l'éducation est importante, il existe des enjeux cruciaux concernant la transparence des algorithmes, les phénomènes toxiques d'enfermement, les mécanismes de captation de l'attention ou encore le scrolling . Ces aspects sont traités dans le cadre du DSA et il est essentiel de continuer à les aborder. » (Mme Alixe Rivière e.a.)
- Limites du discours d'interdiction. « si le discours se résume à l'interdiction des réseaux sociaux, cela ne fonctionnera pas. Les interdictions existantes n'étant pas respectées, les parents ont déjà perdu confiance en l'efficacité de ces méthodes. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il défend un accompagnement de proximité, adapté à chaque famille, et demande « un soutien et des moyens adéquats » pour l'assurer.
Autres apports de l'échange (Mme Alixe Rivière e.a.). Sur les espaces numériques de travail, plutôt qu'une règle uniforme d'extinction nocturne, il propose que chaque établissement organise en début d'année une réflexion collective associant parents, enseignants et élèves. Il insiste sur l'« ambivalence » des parents, qui connaissent les interdictions et équipent malgré tout leurs enfants, et sur celle de l'école, qui « présente des contradictions, promouvant l'éducation aux médias et l'esprit critique tout en utilisant des outils numériques qui incitent à une utilisation constante des écrans ». Il défend enfin des alternatives concrètes (aménagements d'espaces publics en zone rurale) et un renversement de la réprobation sociale : « Nous devons collectivement préférer que les enfants fassent du bruit et jouent dans les espaces collectifs, plutôt que de les voir isolés derrière un écran. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Interrogé sur les adolescents qui se parlent par téléphone côte à côte, il en donne une lecture par la « logique de groupe » — un échange dont le président Delaporte salue qu'il permette « d'aller au-delà du simplisme souvent en vogue à l'ère numérique ».
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/CRCANR5L17S2025PO867384N010.html (verbatim officiel de la table ronde du 15 mai 2025 — source de la partie « Dans la commission »)
- https://www.unaf.fr/enjeux-du-numerique-educatif-lunaf-invitee-a-intervenir-a-la-fondation-pour-lenfance/
- https://www.unaf.fr/lunaf-intervient-a-ludaf-de-la-marne-a-une-conference-table-ronde-sur-etre-parent-a-lere-du-numerique/
- https://www.unaf.fr/lunaf-rencontre-la-presidente-de-lautorite-nationale-des-jeux/
- https://www.unaf.fr/?s=Andrieu-G%C3%A9rard (page de résultats listant ses interventions référencées par l'Unaf : IGESR, Semaine de l'IA pour tous, Réalités familiales)