La part du citoyenTikTok et les mineurs
PS

Patrick Salaün

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Patrick Salaün est un responsable associatif de parents d'élèves. Il présidait, à la date de l'audition (15 mai 2025), l'UNAAPE — Union nationale des associations autonomes de parents d'élèves —, qualité sous laquelle il est convoqué et prête serment devant la commission.

L'UNAAPE se présente non comme une fédération mais comme une union pluraliste, indépendante de toute idéologie, de tout mouvement politique, syndical et religieux ; elle indique être le seul mouvement national de parents d'élèves dont les membres du conseil d'administration s'engagent à ne pas exercer d'activités politiques, syndicales ou religieuses publiques (source : site officiel, page consacrée à l'esprit de l'UNAAPE). C'est l'une des organisations de parents d'élèves représentées dans les instances de l'éducation nationale, aux côtés de la FCPE, de la PEEP et de l'Apel.

Éléments de chronologie vérifiables sur les publications de l'UNAAPE :

Réserve d'identification : aucune notice encyclopédique ni biographie publique détaillée (formation, profession, date de naissance) n'a pu être trouvée à son sujet — c'est un responsable associatif, pas une personnalité publique documentée. Le patronyme Salaün étant répandu, tout élément biographique extérieur au périmètre UNAAPE / parents d'élèves n'a délibérément pas été retenu ici, faute de pouvoir écarter un homonyme.

Dans la commission

Fiche courte : intervenant secondaire. Le dossier corpus ne recense que 5 interventions, toutes dans la même séance : la table ronde des associations familiales et de parents d'élèves du 15 mai 2025 (Mme Alixe Rivière e.a.), présidée par Arthur Delaporte, où l'UNAAPE était représentée par lui-même et par Mme Virginie Gervaise, administratrice, aux côtés de la PEEP, de l'UNAF et de la FCPE.

Son angle d'entrée : l'objet matériel et l'autorité parentale. Il ouvre son propos liminaire en ramenant la question à l'amont de la plateforme : « La première question que s'est posée l'Unaape est : qu'est-ce que TikTok et comment l'utilise-t-on ? Il s'agit d'un outil de communication accessible qui passe par le téléphone portable. Dans cette optique, la première interrogation qui se pose est : qui achète le téléphone et dans quel but ? » (Mme Alixe Rivière e.a.)

Sa proposition principale — la contre-signature parentale. « Une des propositions de l'Unaape serait d'exiger, pour tout mineur s'inscrivant sur TikTok, une contre-signature parentale ou de la personne détenant l'autorité parentale. Cette signature pourrait être automatiquement validée par un numéro de téléphone connu et reconnu. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il la complète par un second dispositif : un retour en temps réel, sur le téléphone du parent, du temps d'exposition à l'écran de l'enfant (Mme Alixe Rivière e.a.).

Sa critique du seuil d'âge. Il juge le débat sur l'âge minimum mal posé : « Nous pensons que fixer un âge minimum pour l'utilisation des réseaux sociaux est un peu dépassé. Une interdiction stricte avant 13 ans semble peu réaliste, car les jeunes peuvent facilement contourner cette règle en utilisant le téléphone d'un grand frère ou d'un ami, par exemple. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il n'en conclut pas au statu quo mais à une incohérence d'ensemble des seuils de majorité : « Or, nous sommes en train de donner une majorité d'accès sur des réseaux sociaux complètement libres à des enfants de 13 à 15 ans. La majorité est pourtant à 18 ans, âge avant lequel les responsables sont les parents. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il suggère alors « un âge moyen, peut-être 16 ou 17 ans, comme seuil uniforme pour l'ensemble de ces responsabilités » (Mme Alixe Rivière e.a.) — position cohérente avec celle de sa co-représentante Mme Gervaise, pour qui « même la limite d'âge de 13 ans est trop basse ».

L'autorité parentale comme réponse, assortie d'un constat de fragilité. « Face à ces défis, l'autorité parentale doit s'exercer avec fermeté, notamment en imposant des limites d'utilisation du téléphone et des réseaux sociaux. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il assortit cette fermeté d'un aveu d'asymétrie : « il nous est certes difficile de nous opposer à nos enfants, d'autant plus qu'ils ont souvent une décennie d'avance sur nous en termes de maîtrise des outils numériques » (Mme Alixe Rivière e.a.), et d'un constat de démunition : « De nombreux parents se sentent démunis, manquant de moyens pour communiquer avec leurs enfants sur ces sujets en utilisant les bons mots. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il ajoute un argument éducatif : « Je note que la frustration est essentielle pour la construction personnelle. » (Mme Alixe Rivière e.a.)

Un témoignage personnel, pas une mesure. Rebondissant sur l'expérience racontée par Mme Rivière (FCPE), il déclare : « Comme Mme Rivière, j'ai moi-même expérimenté le visionnage de vidéos courtes et constaté son caractère hypnotique. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Il observe aussi, sur le registre de l'anecdote assumée : « Aux arrêts de bus, on voit fréquemment des lycéens qui communiquent entre eux par téléphone alors qu'ils sont côte à côte. » (Mme Alixe Rivière e.a.) Ces éléments sont donnés comme son ressenti de parent et d'observateur, non comme des données.

Une part notable de ses interventions porte hors sujet. Deux de ses cinq prises de parole sont consacrées aux espaces numériques de travail (ENT), sujet ouvert par la rapporteure : il y dénonce les devoirs déposés tardivement (« il n'est pas acceptable qu'un enseignant envoie, le dimanche soir à 22 heures, un exercice à effectuer pour le lundi matin »), plaide un « droit à la déconnexion » pour les enseignants, demande que les frais informatiques soient anticipés dans les frais de scolarité et propose de laisser le paramétrage des ENT « à la discrétion de chaque établissement, potentiellement en l'intégrant au règlement intérieur » (Mme Alixe Rivière e.a.). Le président Delaporte recadre la séance : « les ENT ne sont pas l'objet central de notre commission, à savoir TikTok. »

Réserve de lecture : comme les autres organisations de cette table ronde, l'UNAAPE parle depuis le terrain et l'expérience parentale, non depuis une expertise technique de la plateforme ou une mesure scientifique. Les affirmations ci-dessus sont ses positions, pas des faits établis par la commission.

Sources