La part du citoyenTikTok et les mineurs
SS

Sarah Sauneron

Rôle dans la commission : Personne auditionnée

Biographie

Haute fonctionnaire française spécialisée dans les politiques de santé publique et de prévention.

Elle est diplômée de Sciences Po Paris (filière Affaires internationales, mention Environnement,

développement durable et risques) et titulaire d'un master 2 de neurosciences de l'université

Pierre-et-Marie-Curie (notice biographique de l'ouvrage collectif Santé internationale, Presses de

Sciences Po, 2011).

À partir de 2008, elle est chargée de mission au Centre d'analyse stratégique (CAS, organisme

d'expertise rattaché au Premier ministre, devenu France Stratégie en 2013), au département Questions

sociales — fonction encore mentionnée dans les Annales des Mines – Réalités industrielles de

novembre 2012. Ses domaines d'expertise y sont les politiques de santé et l'impact sociétal des

avancées scientifiques. Elle y a été rapporteure des ouvrages La santé mentale, l'affaire de tous

(2009) et Nouvelles approches de la prévention en santé publique (2010), et a signé plusieurs notes

d'analyse du CAS entre 2010 et 2013 : prévention du tabagisme et sciences comportementales, accès des

jeunes à la contraception, médecine prédictive, bien-être des élèves, migration des médecins africains,

tournant numérique de la presse.

Elle exerce ensuite au ministère chargé de la Santé. En 2026, elle y est identifiée comme

directrice générale adjointe de la Santé (affiliation déclarée dans un article du *Bulletin de

l'Académie nationale de médecine* consacré aux addictions, cosigné avec Didier Lepelletier et Nicolas

Prisse, juillet 2026). Lors de son audition par la commission d'enquête, le 16 juin 2025, elle est

présentée par l'Assemblée nationale comme **directrice générale par intérim à la Direction générale de

la santé (DGS)**.

Réserve de sourçage : les étapes de son parcours entre son passage au Centre d'analyse stratégique

(jusqu'en 2012-2013 au moins) et ses fonctions à la Direction générale de la santé n'ont pas pu être

établies à partir de sources publiques accessibles ; elles ne sont donc pas documentées ici. À ne pas

confondre avec Serge Sauneron, égyptologue (homonymie de patronyme, sans lien).

Dans la commission

Sarah Sauneron est entendue une seule fois (audition Mme Sarah Sauneron), comme représentante de la Direction

générale de la santé, aux côtés de Kerian Berose-Perez, chef du bureau Santé mentale. Elle porte la

parole de l'administration sanitaire : son propos ne vise pas TikTok en particulier mais l'ensemble des

plateformes et l'exposition aux écrans comme problème de santé publique.

**Sa thèse : les écrans et les réseaux sociaux relèvent d'un enjeu sanitaire, et TikTok en est le cas

emblématique.** Elle désigne le modèle économique comme la racine du problème : « Les réseaux sociaux,

et TikTok en particulier, contribuent à cette exposition excessive car leur modèle, fondé sur l’économie

de l’attention, qui valorise financièrement le temps passé sur les contenus et donc sur les écrans,

n’intègre pas les externalités négatives de ces pratiques » (Mme Sarah Sauneron) ; et : « À ce titre, TikTok, par

l’efficacité de ses algorithmes, illustre de manière emblématique ces dérives » (Mme Sarah Sauneron).

Elle distingue nettement deux niveaux de preuve. Sur la santé somatique : « Les impacts sur la santé

somatique sont aujourd’hui parfaitement établis à trois niveaux principaux » (Mme Sarah Sauneron). Sur la santé

mentale, elle expose la prudence scientifique tout en concluant à un effet réel : « Si nous observons une

corrélation évidente, le débat porte encore sur l’établissement d’un lien de causalité direct. Il n’est

pas encore établi que les troubles préexistants incitent les jeunes à se réfugier davantage dans les

écrans, ou si ces derniers en sont la cause » (Mme Sarah Sauneron) ; puis, à propos d'un seuil d'exposition : « un

temps d’exposition aux écrans supérieur à cinq heures quotidiennes, indépendamment des autres facteurs.

Cette corrélation s’observe dans tous les pays et coïncide précisément avec l’essor des réseaux sociaux.

Nous pouvons donc légitimement établir un effet significatif des réseaux sociaux sur la santé mentale,

particulièrement chez les jeunes préalablement vulnérables dans ce domaine » (Mme Sarah Sauneron). Elle mobilise le

précédent du tabac pour situer l'enjeu de la preuve : « car c’est lorsque nous avons établi les liens

avec le cancer du poumon que nous avons pu imposer des mesures face aux industriels » (Mme Sarah Sauneron).

**Le risque principal qu'elle identifie n'est pas le contenu isolé mais l'exposition massive et

répétée**, avec l'enfermement algorithmique comme mécanisme — les rapports d'analyse de risque des

plateformes ne le prenant pas assez en compte selon elle (Mme Sarah Sauneron). Elle cite un ordre de grandeur : « Une

étude démontre d’ailleurs que les personnes prédisposées aux troubles du comportement alimentaire ont

plus de 4 343 % de risques supplémentaires d’être exposées à des vidéos concernant ce type de

troubles » (Mme Sarah Sauneron). Elle en tire une demande opérationnelle : imposer aux plateformes une diversification

des contenus et une part d'aléatoire pour briser les bulles de filtres, en particulier face aux

algorithmes les plus performants (Mme Sarah Sauneron).

Ses leviers d'action. Le DSA — et notamment les lignes directrices de protection des mineurs de son

article 28 — est présenté comme le levier majeur pour obliger les plateformes à intégrer la santé

publique dans leurs évaluations de risques (Mme Sarah Sauneron). Elle plaide pour la création de signaleurs de

confiance spécialisés en santé, faute d'expertise sanitaire chez les signaleurs actuels, et pour un

observatoire national de la désinformation en santé (Mme Sarah Sauneron). En revanche, elle ne demande pas de nouvelle

base légale nationale à ce stade : « Bien que nous n’ayons pas identifié de besoin spécifique en la

matière pour l’instant, nous restons ouverts à cette réflexion. Notre approche privilégie actuellement

l’aspect pratique » (Mme Sarah Sauneron). Elle décrit aussi un dispositif de veille sur les tendances émergentes :

« Ce dispositif nous a notamment permis d’identifier le « Paracétamol challenge » avant sa médiatisation

dans la presse, ce qui nous a permis de suivre étroitement la situation » (Mme Sarah Sauneron).

Prévention et repères d'âge. Elle indique que la DGS s'approprie les recommandations de la commission

Mouton-Benyamina et les décline opérationnellement en priorisant la petite enfance, jusqu'au dernier

palier : « Enfin, à partir de 15 ans, un accès aux réseaux sociaux mais éthiques » (Mme Sarah Sauneron). Elle applique

au numérique le référentiel utilisé pour le tabac — agir sur le produit, l'environnement et les capacités

d'agir : carnet de santé, messages aux parents, compétences psychosociales, droit à la déconnexion,

généralisation des collèges sans smartphone (Mme Sarah Sauneron). Elle rapporte enfin une observation issue du terrain

hospitalier : « Finalement, contre toute attente, les jeunes ont immédiatement compris la nécessité de se

séparer de ces outils qui sont tout sauf réconfortants et cette privation est finalement devenue un sujet

de discussion thérapeutique » (Mme Sarah Sauneron).

Sur les moyens et le positionnement de la France. Elle reconnaît des moyens limités (de l'ordre de

sept ETP) tout en revendiquant un tournant depuis le rapport Mouton-Benyamina et une reconnaissance

internationale de l'action française : « Je tiens à souligner que la France n’est nullement à la traîne

au niveau européen sur ce sujet et qu’elle est, au contraire, citée en exemple par d’autres États

membres » (Mme Sarah Sauneron). Elle résume la boussole de son administration : « La priorité doit demeurer la

protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, et c’est cette exigence qui guide l’ensemble des actions

menées par la DGS » (Mme Sarah Sauneron).

Sources

Réalités industrielles (Annales des Mines), novembre 2012 : note de bas de page la présentant comme

chargée de mission au département Questions sociales du Centre d'analyse stratégique (CAS).

pays développés, in Santé internationale*, Presses de Sciences Po, 2011 : notice biographique de

l'auteure (Sciences Po, master 2 de neurosciences à l'université Pierre-et-Marie-Curie, chargée de

mission au Centre d'analyse stratégique depuis 2008).

société, Bulletin de l'Académie nationale de médecine*, juillet 2026 (D. Lepelletier, N. Prisse,

S. Sauneron) : affiliation déclarée de directrice générale adjointe de la Santé, ministère de la Santé

et de la Prévention.

affiliations déclarées de Sarah Sauneron (utilisé pour recouper les notices ci-dessus).

de la commission d'enquête (16 juin 2025) : intitulé officiel « Mme Sarah Sauneron, directrice générale

par intérim à la Direction générale de la santé ».