Alexandre Dureux
Role dans la commission : Personne auditionnee
Biographie
Alexandre Dureux est un cadre dirigeant de France Télévisions, spécialisé dans la programmation et les contenus destinés aux jeunes publics.
Diplômé d'un master LEA Média de l'université de Bourgogne (2005) et passé par SKEMA Business School, il débute sa carrière dans la mesure d'audience chez Médiamétrie (chargé d'études / relations clients, 2005-2009). Il rejoint ensuite le secteur privé au marketing de la chaîne TMC (2009-2010), puis au marketing et à la programmation de TF1 (2010-2016).
En 2016, il rejoint France Télévisions, où il travaille à l'harmonisation de la programmation des antennes. En février 2017, il est promu directeur adjoint auprès du directeur général délégué à la stratégie et aux programmes (alors Xavier Couture). Il occupe depuis diverses fonctions de pilotage et de direction des antennes numériques du groupe.
Depuis janvier 2024, il est directeur délégué des programmes en charge des contenus jeunes publics de France Télévisions. À ce titre, il pilote notamment l'offre numérique France.tv Slash (rebaptisée simplement « Slash »), plateforme de contenus créée en 2017 et présentée par le groupe comme destinée aux 18-30 ans, présente sur les réseaux sociaux (YouTube, Instagram, TikTok). C'est à ce titre qu'il est auditionné par la commission.
Dans la commission
Audité à deux reprises (Mme Tiphaine de Raguenel, M. Alexandre Dureux, 17 interventions au total), Alexandre Dureux intervient comme responsable des contenus jeunes publics de France Télévisions et défend l'offre Slash face aux griefs de la commission (dérive militante, exposition de mineurs, coût, neutralité).
Contrôle éditorial et déontologie (Mme Tiphaine de Raguenel). Interrogé sur des contenus problématiques (dont une vidéo liée à OnlyFans, retirée), il reconnaît une faiblesse de traitement : le format a laissé « une place peut-être trop importante au récit personnel, sans ajouter suffisamment de mise en perspective, de contextualisation, voire de contradictoire » (Mme Tiphaine de Raguenel), concédant qu'un tel contenu ne passerait plus aujourd'hui — « Il ne passerait plus » (Mme Tiphaine de Raguenel). Il pose toutefois une limite au contrôle exercé : « nous n'avons pas la capacité matérielle de vérifier l'intégralité des comptes de réseaux sociaux de toutes les personnes avec qui nous travaillons. Notre responsabilité éditoriale consiste à valider les contenus que nous diffusons » (Mme Tiphaine de Raguenel).
Public cible (Mme Tiphaine de Raguenel, M. Alexandre Dureux). Il conteste le grief d'exposition de mineurs en affirmant la constance de la cible : « l'offre France TV Slash, qui s'appelle désormais simplement Slash, s'adresse effectivement aux 18-30 ans, et cette position n'a jamais changé » (M. Alexandre Dureux), une audience majeure qui invalide selon lui le raisonnement fondé sur une tranche 15-35.
Dérive militante et neutralité (M. Alexandre Dureux). Sur les accusations de contenus militants, il tient une ligne d'assumation partielle : « Je ne vais pas vous dire que nous assumons pleinement l'intégralité des posts que vous avez cités. Si certains devaient être corrigés, ils l'ont été » (M. Alexandre Dureux). Il adosse l'action de Slash au cahier des charges — « la lutte contre les discriminations est un sujet extrêmement important pour France Télévisions. L'article 37 du cahier des charges nous le rappelle » (M. Alexandre Dureux) — et récuse toute intention de division : « Le rôle de Slash n'est absolument pas de diviser les Français mais, bien au contraire, de bâtir une culture et un civisme partagés » (M. Alexandre Dureux). Sur le pluralisme, il oppose que « Slash n'est pas un média d'information » (M. Alexandre Dureux), le pluralisme s'appréciant à l'échelle de l'ensemble du groupe.
Mission et concurrence (M. Alexandre Dureux). Il justifie l'existence de Slash par la nécessité de renouer avec une génération éloignée de la télévision linéaire, dans un environnement dominé par « des algorithmes que personne ne connaît, ne voit, ni ne maîtrise, et qui changent très régulièrement » (M. Alexandre Dureux). Sur le budget, il corrige le chiffre avancé (13,2 M€, soit 0,6 % du groupe, et non 20 M€), rappelant qu'il finance aussi fiction, animation et documentaires longs.
Il relève enfin, sur un point de méthode de la commission, avoir été « particulièrement étonné qu'une réunion à laquelle j'ai effectivement participé puisse être enregistrée à mon insu » (M. Alexandre Dureux).
Sources
- The Org — fiche Alexandre Dureux, France Télévisions : https://theorg.com/org/france-televisions/org-chart/alexandre-dureux
- SKEMA Alumni — parcours Alexandre Dureux (promotion directeur adjoint, février 2017) : https://alumni.skema.edu/gene/main.php?base=014&action=details&id_mobilite=14244
- Écran Total — « Alexandre Dureux devient directeur délégué des programmes jeunes publics » (15 janvier 2024) : https://ecran-total.fr/2024/01/15/nominations-a-france-televisions/
- La lettre de l'audiovisuel — interview Alexandre Dureux : https://lettreaudiovisuel.com/alexandre-dureux-notre-objectif-est-de-reunir-le-maximum-de-francais/
- Assemblée nationale (compte X) — annonce de l'audition des représentants de France TV Slash : https://x.com/AssembleeNat/status/2036868383937814873
- Assemblée nationale — page de la commission d'enquête (audition France TV Slash) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/actualites-accueil-hub/commission-d-enquete-sur-la-neutralite-le-fonctionnement-et-le-financement-de-l-audiovisuel-public-auditions-de-complement-d-enquete-et-de-fra