La part du citoyenAudiovisuel public
Denis Masséglia

Denis Masséglia

Role dans la commission : Depute membre — groupe EPR (Ensemble pour la République)

Biographie

Denis Masséglia est un homme politique français né le 11 avril 1981 à Nice (Alpes-Maritimes). Ingénieur de formation, il est diplômé de l'Institut catholique d'arts et métiers (ICAM, Arts et métiers), avec une spécialisation en génie mécanique et industriel. Avant son entrée en politique, il exerce comme ingénieur, notamment dans la région de Cholet (Maine-et-Loire).

Il est élu député de la 5e circonscription du Maine-et-Loire en juin 2017, succédant à Gilles Bourdouleix, sous l'étiquette La République en marche (LREM, devenue Renaissance). Réélu en 2022 puis en 2024 (arrivé en tête au premier round le 30 juin 2024, avec environ 33,7 %, puis réélu au second tour), il siège au sein du groupe Ensemble pour la République (EPR) et est membre de la commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire de l'Assemblée nationale.

Sur le champ des médias, Masséglia a été rapporteur spécial pour la mission budgétaire « Médias, livre et industries culturelles » et pour les « Avances à l'audiovisuel public ». Il est l'auteur, sous la 17e législature, d'un rapport d'information (n° 541) de la commission des finances valant avis sur les projets de contrats d'objectifs et de moyens (COM) 2024-2028 de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et de l'Institut national de l'audiovisuel — ce qui fait de lui un connaisseur reconnu du financement de l'audiovisuel public.

Figure de la cause du jeu vidéo à l'Assemblée, il préside depuis 2017 le groupe d'études parlementaire sur les jeux vidéo et se pose en défenseur du secteur et de l'esport (« Défendre le jeu vidéo relève de notre souveraineté économique et culturelle »). Il est par ailleurs impliqué dans plusieurs groupes d'amitié internationaux (Japon, Corée du Sud, États-Unis, Canada/Québec).

Attention homonyme : à ne pas confondre avec Denis Masséglia (né en 1949), ancien président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Le présent acteur est bien le député du Maine-et-Loire.

Dans la commission

Denis Masséglia intervient comme député membre (EPR), présent dans deux auditions (M. Hugo Clément, Mme Delphine Ernotte Cunci), pour un total de 8 interventions. Sa ligne se distingue nettement de celle du rapporteur UDR : il défend l'audiovisuel public et se pose en spécialiste du financement, tout en critiquant la conduite de la commission.

Un angle technique et protecteur, adossé à son expertise budgétaire (M. Hugo Clément). En rapporteur du budget de l'audiovisuel, il s'inquiète de la baisse de la dotation de France Télévisions et cherche à sanctuariser l'investissement dans la création. Il interroge les auditionnés (MM. Étienne et Clément) sur l'idée de figer l'obligation d'investissement plutôt que de la laisser suivre mécaniquement les crédits : « j'aimerais donc connaître la position de M. Étienne et de M. Clément quant à l'opportunité de transformer cette obligation proportionnelle en un montant ferme » (M. Hugo Clément). Il prend aussi ses distances avec la tonalité à charge de la commission, allant jusqu'à évoquer un vote contre la publication du rapport : « je m'interroge ainsi sur la pertinence, à l'avenir et dans le cadre d'un débat apaisé, de voter contre la publication de ce rapport » (M. Hugo Clément).

Une charge frontale contre le rapporteur (Mme Delphine Ernotte Cunci). Arrivé tardivement pour, selon lui, « mettre un peu de raison », il requalifie publiquement la commission comme dévoyée : « Le rapporteur a poursuivi deux objectifs qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général » (Mme Delphine Ernotte Cunci) — à savoir, selon lui, nourrir le narratif d'extrême droite sur la privatisation et se ménager un tremplin médiatique. Il oppose à cette conduite une liste de chantiers sérieux qu'il estime non traités : l'accord collectif de 2013, les COM défaillants, les synergies entre opérateurs et le budget pluriannuel.

Ce que révèle sa ligne : une position EPR clairement protectrice de l'audiovisuel public comme pilier démocratique, un plaidoyer pour une réforme par la gestion (accord collectif, COM, budget pluriannuel) plutôt que par la remise en cause du service public, et un rejet assumé de l'instrumentalisation politique de la commission par le rapporteur UDR.

Sources