Non-inscrit
Fiche courte, et il faut le dire d'emblée. Le « groupe » des Non-inscrits ne pèse ici que 2 questions, toutes deux portées par la même députée, Véronique Besse (Vendée). Il n'y a donc pas de « ligne de groupe » collective : il y a la ligne d'une élue souverainiste isolée, lisible mais adossée à un échantillon très mince. Les constats ci-dessous valent comme faisceau d'indices, pas comme démonstration statistique.
1. Ligne défendue
Défense du service public vs critique de son périmètre — critique. Besse ne prend jamais la parole pour défendre l'audiovisuel public. En M. Vincent Bolloré (audition de Vincent Bolloré), elle interroge frontalement la légitimité même de l'offre publique d'information : France Info aurait été créée « en catimini à l'été 2016 » comme « rampe de lancement pour une éventuelle candidature de François Hollande », et elle compare la France à l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni pour suggérer qu'une chaîne d'info publique de plus est de trop. Le sous-texte est un questionnement du périmètre, pas son défense.
Neutralité / impartialité — c'est SON axe central, et elle pose que le SP est partial. En M. Martin Ajdari (audition de Martin Ajdari), elle instruit la thèse d'un biais idéologique des rédactions publiques en citant la phrase attribuée à Thomas Legrand (France Inter) devant deux cadres socialistes et Patrick Cohen : « Nous, on fait ce qu'il faut pour Dati, Patrick et moi ». Elle en tire une accusation de « deux poids, deux mesures » : l'Arcom classe des personnalités comme « politiques » mais laisse les éditorialistes hors de tout contrôle de pluralisme.
Indépendance des rédactions vs tutelle — elle réclame plus de contrôle, pas moins. Loin de défendre l'autonomie des rédactions, Besse demande que l'Arcom étende son travail de classement aux éditorialistes (M. Martin Ajdari). La logique n'est pas « laissez les journalistes libres » mais « surveillez-les davantage, car ils penchent ».
Financement, soutien à la création — absents. Aucune des deux questions n'aborde la redevance, le budget ou les rentes de production. Le seul geste « création » est un clin d'œil culturel : les remerciements à Bolloré « pour cette belle promotion du Puy du Fou », « fierté vendéenne et française » (M. Vincent Bolloré).
Qui est mis en cause : les éditorialistes du SP (Legrand, Cohen) soupçonnés de connivence avec la gauche ; la méthode de classement de l'Arcom, jugée à géométrie variable ; et, en creux, la décision politique d'avoir créé France Info sous Hollande. À l'inverse, le groupe privé (Bolloré) est traité en allié : on le remercie et on lui tend une question qui l'invite à critiquer l'offre publique.
2. Stratégie de questionnement
Deux registres, aucun neutre.
- Instruire à charge (M. Martin Ajdari). Elle n'interroge pas pour apprendre : elle apporte la pièce à conviction (la phrase de Legrand) avant de poser la question, technique classique du « gotcha » destinée à faire valider sa thèse d'un SP idéologiquement capté par la gauche.
- Faire valider sa thèse par un témoin ami (M. Vincent Bolloré). Face à Bolloré, la question est une balle molle : remerciement personnel, valorisation du Puy du Fou, puis « y a-t-il de la place pour une quatrième chaîne d'info ? » — soit exactement l'ouverture qu'un patron de chaîne privée concurrente peut exploiter pour délégitimer l'info publique.
Sous-texte récurrent : l'audiovisuel public est biaisé (à gauche) et surdimensionné ; l'Arcom protège les siens ; les acteurs privés sont un contrepoids légitime.
3. Députés clés
- Véronique Besse (NI, Vendée) — souverainiste de sensibilité villiériste (ancrage Puy du Fou revendiqué en M. Vincent Bolloré). Angle propre : la neutralité idéologique de l'information publique et le périmètre de l'offre d'info, jamais le financement ni la création. C'est la seule voix NI du dossier ; toute la fiche repose sur elle.