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Objectif 50 %, plafond et fermetures de réacteurs

Synthèse

Ce domaine couvre la chaîne de décisions qui, de 2012 à 2020, a fait basculer la doctrine nucléaire française : l'objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire dans le mix électrique, son traduction juridique sous la forme d'un plafond de puissance installée, et les fermetures de réacteurs qui en découlent (Fessenheim, puis les fermetures programmées par la PPE). Le fil conducteur que dégage le corpus est un décalage assumé entre la décision politique et son sous-jacent technique, et la manière dont une cible symbolique (les 50 %) s'est muée, par le détour d'un plafond légal, en fermetures concrètes.

Une première ligne de force est largement partagée par des intervenants pourtant opposés : il faut distinguer l'objectif des 50 %, politique et non normatif, du plafond de 63,2 GW, seule disposition réellement contraignante de la loi de 2015. François Brottes, Xavier Piechaczyk et Manuel Valls convergent sur ce point ; le rapporteur Antoine Armand l'établit au fil des auditions. Deuxième ligne de force : c'est ce plafond, et non les 50 %, qui a mécaniquement forcé la fermeture de Fessenheim — qualifiée d'« artifice » par le président Schellenberger, de « verrou » par Valls, de « stratagème » par Besson — la mise en service attendue de l'EPR de Flamanville devant en théorie compenser cette fermeture. Troisième ligne de force, projetée vers l'avenir : le souci d'éviter un arrêt simultané massif de réacteurs (l'« effet falaise »), qui structure le débat sur les fermetures programmées par la PPE.

Ce qu'apporte chaque sujet

Clivages majeurs

Le clivage premier oppose ceux pour qui l'objectif et les fermetures relèvent d'une erreur idéologique sans fondement — Proglio (« au doigt mouillé »), Bréchet (« doxa », suivisme allemand), Montebourg (destruction de valeur), Percebois, Sarkozy — à ceux qui revendiquent un choix politique légitime et techniquement praticable : Batho (objectif réaliste à 2028-2030, « depuis quand faut-il s'excuser de vouloir mettre en œuvre le programme sur lequel on a été élu ? »), Hulot (report « rationnel, pas un renoncement »), Pompili, Hollande (qui impute l'échec au retard des renouvelables, non aux 50 %).

Un deuxième clivage, plus technique, oppose ceux qui jugent le plafond inoffensif (Brottes, Hollande : 41 GW mobilisés, aucune contrainte effective) à ceux qui y voient le véritable verrou ayant entraîné Fessenheim. Un troisième porte sur la responsabilité : la confrontation Schellenberger-Borne sur la liste des 24 réacteurs cristallise la tension entre une lecture imputant les fermetures à l'exécutif récent et une lecture les renvoyant à l'accord partisan de 2012. Enfin, un clivage transversal traverse Fessenheim : le lien — affirmé par les uns, dénoncé comme « désinformation » par Voynet — entre la fermeture et les tensions d'approvisionnement.

Sujets couverts

Sujets de ce domaine

Objectif de 50 % de nucléaire (origine et reports)

65 citations · 20 auditions

Fermeture de Fessenheim

52 citations · 26 auditions

Plafond de 63,2 GW de puissance installée

9 citations · 7 auditions

Fermeture de réacteurs prévue par la PPE

5 citations · 3 auditions