Domaine : Objectif 50 %, plafond et fermetures de réacteurs · Sujet : objectif-50-pourcent
Couverture : 65 citations · 19 positions · 20 auditions
_Slugs bruts fusionnés : objectif-50-nucleaire, objectif-50-nucleaire-2025, objectif-50-nucleaire-2025-2035, objectif-50-pct-nucleaire, objectif-50-pourcent, objectif-50-pourcent-2025, objectif-50-pourcent-nucleaire, doxa-50-pourcent, plafond-50-pourcent, report-50-pourcent-nucleaire-2035, etude-impact-50, scenario-50-nucleaire, loi-tepcv-objectif-50, alertes-faisabilite-2025, glissement-objectifs_
Positions exprimées
- M. Henri Proglio (M. Henri Proglio) : L'objectif de 50 % de nucléaire a été fixé au doigt mouillé, sans fondement technique, et personne n'a su d'où viendraient les autres 50 %. _(tranchant 5)_
- M. Pierre-Marie Abadie (M. Pierre-Marie Abadie) : Les 50 % de nucléaire ne posent pas de difficulté technique ; c'est le calendrier 2025 qui était irréaliste et contradictoire avec le maintien du retraitement, et tout le monde le savait. _(tranchant 5)_
- M. Arnaud Montebourg (M. Arnaud Montebourg) : L'objectif de 50 % de nucleaire en 2025 etait une impasse technique, economique et industrielle, une promesse intenable jamais tenue. _(tranchant 5)_
- M. François Hollande (M. François Hollande) : Les 50 % n'étaient qu'un objectif politique non contraignant et sans trajectoire, affiché avant l'accord PS-Verts, et n'ont jamais entraîné de fermeture. _(tranchant 4)_
- M. Yves Bréchet (M. Yves Bréchet) : L'objectif de 50% de nucléaire est une doxa non démontrée, reposant sur un suivisme allemand et des confusions techniques (puissance installée vs délivrée, coûts de réseaux et stockage omis). _(tranchant 3)_
- M. Laurent Michel (M. Laurent Michel) : L'objectif de 50 % de nucleaire a 2025 etait ambitieux mais plausible quand la LTECV a ete deposee ; il s'est revele intenable des 2017 du fait du rythme trop lent des renouvelables, ce qui a justifie son report a 2035. _(tranchant 3)_
- M. Laurent Michel (M. Laurent Michel) : L'administration a fait savoir aux ministres que l'objectif 2025 etait difficilement atteignable ; ses alertes ont ete analysees et prises en compte mais pas toujours suivies d'effets. _(tranchant 3)_
- M. Antoine Pellion (M. Antoine Pellion) : Les 50 % en 2025 étaient un objectif politique de Hollande, non normatif, dont un chemin technique existait via export et renouvelables, même si son atteinte n'était pas certaine. _(tranchant 3)_
- M. Eric Besson (M. Eric Besson) : La loi TEPCV de 2015 et l'objectif de 50 % de nucleaire n'ont pas de sens : un objectif de facade, politique et non normatif, issu de l'accord Verts-PS. _(tranchant 3)_
- M. Nicolas Hulot (M. Nicolas Hulot) : Le report de l'objectif de 50 % etait une decision rationnelle imposee par le manque de moyens et de donnees, pas un renoncement ; cet objectif restait un 'point de passage' utile pour trancher la possibilite de se passer ou non du nucleaire. _(tranchant 3)_
- M. François Brottes (M. François Brottes) : L'objectif des 50 % à l'horizon 2025 était un marqueur politique non normatif issu d'un accord PS-EELV, sans trajectoire opérationnelle ; il ne saurait être tenu pour responsable de la crise actuelle. _(tranchant 2)_
- M. Xavier Piechaczyk (M. Xavier Piechaczyk) : L'objectif des 50 % de nucleaire de la LTECV etait une ambition politique non normative, portant sur la production et non la consommation, qui ne posait aucun probleme de securite d'approvisionnement et n'impliquait pas automatiquement de fermetures. _(tranchant 2)_
- M. Philippe de Ladoucette (M. Philippe de Ladoucette) : La cible de 50 % de nucléaire à 2025 était irréalisable et connue comme telle. _(tranchant 2)_
- M. Benoît Ribadeau-Dumas (M. Benoît Ribadeau-Dumas) : L'objectif de 50 % de nucléaire en 2025 était un totem inapplicable ; son report à 2035 était une mise en cohérence nécessaire, mais Ribadeau-Dumas reste hostile à tout objectif chiffré rigide affiché à échéance intenable. _(tranchant 2)_
- M. Manuel Valls (M. Manuel Valls) : L'objectif des 50 % n'est pas son choix mais celui de l'accord PS-Verts repris par Hollande ; il ne reposait sur aucune etude d'impact, personne ne croyait vraiment fermer vingt reacteurs en dix ans, et il etait concu avec assez de souplesse pour etre repousse. _(tranchant 2)_
- Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) : L'objectif de 50 % de nucleaire etait legitime (issu du suffrage) et realiste a horizon 2028-2030 sans recours au gaz ; il participe a la diversification et a la reduction de la vulnerabilite. _(tranchant 2)_
- M. François de Rugy (M. François de Rugy) : L'objectif des 50 % de nucléaire en 2025 était totalement irréaliste ; le reporter à 2035 était lucide, et il faudrait cesser d'inscrire des objectifs chiffrés dans la loi. _(tranchant 2)_
- Mme Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) : L'objectif de 50 % de nucléaire est une « résultante » des économies d'énergie et de la montée des renouvelables, non une fermeture programmée de réacteurs ; elle l'assume comme accord politique PS-Verts tout en le jugeant techniquement non robuste et plutôt irréaliste à 2025. _(tranchant 1)_
- Mme Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) : L'objectif de 50 % à l'horizon 2025 était un choix politique de la campagne de François Hollande en 2012, inscrit dans la loi ; la majorité ne raisonne plus ainsi mais aboutit de fait à un mix proche de 50/50. _(tranchant 0)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Le suivisme à l’égard de la politique énergétique de nos voisins allemands a été total. »
— M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)
_Désigne l'alignement sur l'Allemagne comme cause de la dérive énergétique française._
« Les 50 % magiques du rapport RTE, c’est la doxa, du « en même temps » avant l’heure. »
— M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)
_Disqualifie l'objectif de 50% comme dogme politique non démontré._
« Aucune de mes remontées auprès du pouvoir politique sur des sujets importants ou graves n’a pas été analysée. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Defense centrale : l'administration a alerte, la responsabilite de l'arbitrage est politique._
« Je pense que si l’on fixe à 2045 ou 2050 l’objectif de 50 % de nucléaire dans le mix énergétique – ou de 51 %, ou de 52 %, peu importe –, on ne prépare pas l’avenir et on commet une très grave erreur. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Citation de 2019 que Michel maintient : la necessite de points d'etape rapproches plutot que d'objectifs lointains._
« Les quatre paris ont été relevés. Il n’y avait plus qu’à tout détruire. C’est chose faite ! Pourquoi ? Comment ? Arrivés en haut de l’asymptote, comment en sommes-nous arrivés à la situation actuelle ? Pour ma part, je vois deux acteurs principaux : l’Europe et le Gouvernement français. »
— M. Henri Proglio (audite, audition de M. Henri Proglio, 2022-12-13)
_Thèse centrale de l'audition : la réussite historique d'EDF a été délibérément détruite, par l'Europe et l'État français._
« Au doigt mouillé ! On a décrété que le tout nucléaire ne serait pas, que l’on allait baisser la part du nucléaire, qui se situait un peu au-dessus de 75 %, et qu’il fallait faire une ristourne. Tout cela au doigt mouillé, personne n’a jamais estimé autrement qu’ainsi ! »
— M. Henri Proglio (audite, audition de M. Henri Proglio, 2022-12-13)
_Affirme l'absence de fondement technique de l'objectif des 50 %, point clé pour la commission._
« La seule disposition normative toujours en vigueur de la loi de 2015 est le plafonnement à 63,2 GW de puissance installée maximale en capacité de production nucléaire. »
— M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Argument central de sa défense : seul le plafond est normatif, l'objectif de 50 % ne l'est pas._
« celui-ci a conduit quelques heures à peine après sa publication à un report de dix ans de la cible des 50 %. »
— M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Preuve qu'il avance de l'impact réel et factuel du bilan 2017 contre l'objectif politique._
« Il s’agissait d’un accord politique. Certains étaient pour la sortie du nucléaire, d’autres, pour l’accélération du déploiement des énergies renouvelables, sans pour autant abandonner le nucléaire. Il a donc été décidé de trancher au milieu. »
— M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Révèle la genèse politique et non technique de l'objectif des 50 %._
« Comme l’a reconnu M. Proglio lui-même, le taux de 50 % n’est plus un réel problème s’il est appliqué à une quantité nettement plus importante. Un accord politique est une négociation, et intègre par conséquent une part qui n’est pas entièrement rationnelle. »
— M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Concède la part d'irrationalité de l'objectif tout en le neutralisant par l'effet d'échelle de la consommation future._
« Vos propos sont très préoccupants : l’information technique et scientifique à disposition de personnalités politiques qui, comme vous, votent une loi porteuse d’un marqueur politique pour faire avancer les énergies renouvelables, existait bien chez RTE. »
— M. Antoine Armand, rapporteur (rapporteur, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Le rapporteur établit la thèse d'une déconnexion entre savoir technique disponible et décision législative._
« Les 50 % de production nucléaire à l’horizon 2025 figurent dans un article qui n’est pas normatif. »
— M. Xavier Piechaczyk (audite, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)
_Distinction centrale de l'audition : l'objectif emblematique des 50 % etait une ambition politique sans force contraignante, contre le recit d'une cible imposee a la filiere._
« Il me semble que les perspectives ont été tordues pour coller à une volonté politique : puisqu’il ne fallait plus développer le nucléaire, mais plutôt les énergies renouvelables, les rapports donnaient de la crédibilité à ces politiques publiques. »
— M. Olivier Marleix — LR (depute, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)
_Accusation frontale de manipulation des scenarios de RTE au service d'un agenda anti-nucleaire._
« d’où vient l’objectif des 50 % de part du nucléaire dans le mix électrique français ? »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)
_Question recurrente de la commission cherchant a etablir l'origine et la justification documentaire du seuil des 50 %._
« Le premier effet concret sur le terrain de ces 50 % est d’avoir remplacé une énergie décarbonée par une autre énergie intermittente, et non d’avoir substitué des énergies fossiles par des énergies renouvelables. »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)
_These directrice du president : la politique des 50 % a substitue du renouvelable intermittent au nucleaire decarbone au lieu de chasser le fossile._
« « 50 % » est un sujet totalement politique. Nous pouvons parfaitement faire des systèmes à 50 %. »
— Pierre-Marie Abadie (audite, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)
_Désamorce le débat sur le seuil de 50 % en le distinguant strictement de la question du calendrier._
« Or, le cadrage politique était « 50 % 2025 », avec maintien du retraitement. Une contradiction apparaissait donc entre ces deux éléments. »
— Pierre-Marie Abadie (audite, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)
_Pointe une incohérence interne du programme de 2012, présentée comme connue de tous._
« Tout le monde savait. »
— Pierre-Marie Abadie (audite, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)
_Affirmation forte sur la connaissance partagée de l'irréalisme du calendrier 2025, y compris par l'opposition et le Conseil d'État._
« Vous avez alors considéré (étant donné que ce n’était pas dans une PPE, mais simplement un objectif politique) que cette démarche n’était pas suffisamment grave pour entraîner par exemple la démission collective de la direction générale de l’énergie. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)
_Pousse l'audité dans ses retranchements sur le seuil de désaccord justifiant une démission, recherche de responsabilité administrative._
« A mon arrivée en avril 2014 auprès de Ségolène Royal, les 50 % en 2025 et la fermeture de Fessenheim étaient deux éléments de choix politique posés d’entrée de jeu par le président Hollande. Ils faisaient partie de ses engagements de campagne et il a été élu aussi sur cette base. »
— Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Attribution explicite de la responsabilité politique des 50 % et de Fessenheim à François Hollande, dégageant le niveau technique._
« Le fait que leur atteinte n’était pas absolument certaine a été clairement écrit. Néanmoins, le chemin existait techniquement. »
— Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Cœur de la ligne de défense : reconnaissance d'alertes écrites sur la faisabilité, contrebalancée par l'affirmation qu'un chemin existait._
« Les différents interlocuteurs, partisans ou non de l’ex-candidat et président Hollande, nous ont indiqué qu’il n’existait pas de sous-jacent très précis des 50 %. Vous le découvrez à l’époque, en arrivant au cabinet. Vous l’expertisez et vous l’indiquez à la ministre, Mme Ségolène Royal. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Le rapporteur fait acter par Pellion que l'objectif des 50 % était dépourvu de sous-jacent technique précis, validé par sa réponse 'Absolument'._
« vous nous dites que la loi de 2015 a eu le mérite de créer la PPE et que la PPE a eu le mérite de défaire une partie de la loi de 2015. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Reformulation ironique du rapporteur soulignant la contradiction interne de la séquence loi 2015 / PPE / report à 2035._
« La PPE, qui est sortie en 2015, prévoyait la réduction du nucléaire à 50 % à horizon 2025, alors que tout le monde savait que cette mesure était irréalisable. »
— M. Philippe de Ladoucette (audite, audition de M. Philippe de Ladoucette, 2023-01-19)
_Affirme que l'objectif politique phare de réduction du nucléaire était connu comme irréalisable dès son adoption._
« j’avais quitté l’entreprise dans une situation de renaissance du nucléaire et j’y suis revenu dans une vision de décroissance inéluctable du nucléaire français. »
— M. Cédric Lewandowski (audite, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Résume le retournement de doctrine entre 2004 et 2017, attribué à Fukushima et au virage politique._
« Monsieur Verwaerde disait que le nucléaire en France était un « nucléaire honteux ». En effet, il était prépondérant dans la production électrique, mais il n’était pas complètement assumé. »
— M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Caractérise le climat politique hérité où le nucléaire dominait sans être assumé, justifiant la mise en cohérence revendiquée._
« Le gouvernement précédent nous avait légué une trajectoire qui prévoyait d’atteindre le taux de 50 % de nucléaire à horizon 2025. Cependant, ce chiffre n’était pas assumé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et il ne correspondait pas au business plan des entreprises. »
— M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Pose la critique centrale de l'héritage : un objectif légal ni assumé ni cohérent avec la réalité industrielle._
« Dès le mois de novembre 2017, M. Édouard Philippe s’est battu afin que l’objectif de 50 % de nucléaire fixé à horizon 2025 soit repoussé à 2035. »
— M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Date et attribue le report de l'objectif au Premier ministre dès le début du quinquennat._
« il est nécessaire de reconfigurer la politique énergétique en fonction des circonstances plutôt que de s’enfermer dans de grands totems. »
— M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Conclusion du propos liminaire condensant la philosophie pragmatique défendue._
« J’ai toujours considéré que la responsabilité de RTE résidait dans le conseil à l’égard des pouvoirs publics, des décideurs et des acteurs, et non dans la prise de décision. »
— Dominique Maillard (audite, audition de M. Dominique Maillard, 2023-01-26)
_Defense de la posture de RTE comme conseiller technique neutre, recurrente pour ecarter sa responsabilite dans les choix politiques._
« J’ai dit que ce scénario serait tendu, et non pas impossible. »
— Dominique Maillard (audite, audition de M. Dominique Maillard, 2023-01-26)
_Nuance sa position passee sur le 50% de nucleaire : faisable mais sous conditions fortes, qu'il a signalees aux decideurs._
« Ici, la matière en fusion, c’est la politique. Il y a les interprétations, et il y a les faits. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Formule liminaire qui pose la ligne de defense : separer les faits des interpretations sur les 50 % et Fessenheim._
« Je n’ai pas moi-même fait ce choix des 50 %, qui est un choix politique. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Coeur de la strategie de Valls : externaliser la responsabilite de l'objectif des 50 % vers l'accord PS-Verts._
« Pour autant, aucune étude d’impact ou analyse de besoin ne justifiait le passage de 75 % à 50 % de nucléaire dans la consommation énergétique. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Aveu majeur : l'objectif structurant de la loi de 2015 n'a repose sur aucune evaluation technique._
« Dans le même temps, personne n’imaginait réellement fermer vingt réacteurs en dix ans. Nous savions bien que 2025 serait une échéance compliquée à tenir, mais aussi qu’il y aurait suffisamment de souplesse possible pour repousser cette échéance »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Reconnait que l'objectif chiffre n'etait pas tenu pour serieux meme par ses promoteurs, le presentant comme un affichage avec marge de manoeuvre._
« Le Président Macron s’est finalement trouvé à mettre en œuvre une décision prise par Martine Aubry et Les Verts, en quelque sorte. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Etablit une continuite de responsabilite de l'accord de 2011 jusqu'a sa mise en oeuvre sous Macron (Hulot), au-dela du clivage gauche-droite._
« En fait, le « verrou » provenait plutôt des 63,2 gigawatts. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Designe la contrainte juridique reellement contraignante (plafond de capacite installee) derriere l'objectif symbolique des 50 %._
« Quand un travail est engagé de manière consensuelle, dans l’intérêt énergétique de la France, l’idéologie pro- ou antinucléaire, n’a aucun sens. De mon point de vue, on ne peut pas être pour ou contre le nucléaire, mais uniquement pour un modèle énergétique équilibré, nous fournissant une énergie la moins chère possible, nous garantissant une indépendance et une stabilité des règles. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Pose la doctrine de fond défendue par Royal tout au long de l'audition : refus de l'opposition idéologique entre nucléaire et renouvelables._
« Je ne me souviens pas de cette déclaration de 2011. Je vous propose de nous en tenir aux faits, et non à des déclarations, donc aux 50 % d’énergie nucléaire figurant dans la loi de transition énergétique. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Première dérobade face aux déclarations passées, avant la lecture détaillée du questionnaire Greenpeace par le rapporteur._
« Compte tenu du plafonnement à 63,2 GW, le plafonnement du nucléaire devait advenir arithmétiquement. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Explique le mécanisme par lequel la loi plafonnait de fait le nucléaire sans liste de fermetures._
« À ce sujet, je vais vous dire le fond de ma pensée : il serait impossible de construire de nouveaux réacteurs. Où les mettriez-vous ? Imaginez-vous une commune ou un département accepter une nouvelle implantation ? Seriez-vous preneurs, vous, dans vos circonscriptions, d’un réacteur nucléaire ? »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Prise de position tranchée contre le nouveau nucléaire, à rebours de la relance annoncée en 2022, exprimée comme conviction personnelle._
« le nouveau nucléaire coûte deux fois plus cher que l’ancien nucléaire et que les énergies renouvelables, et votre commission pourra le vérifier. Il ne permet en outre pas de garantir l’indépendance énergétique de la France car nous ne produisons ni plutonium ni uranium. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Argumentaire coût/souveraineté contre le nouveau nucléaire, opposé à la thèse de la souveraineté par le nucléaire._
« J’avoue ne pas comprendre. Les deux directeurs en poste au sein de l’administration du ministère en charge de l’énergie nous indiquent, avec une grande franchise à la limite du désarmant, qu’aucune étude d’impact sérieuse n’a été menée et qu’il n’existe pas d’horizon à court terme. »
— M. Antoine Armand (rapporteur, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Le rapporteur synthétise le faisceau d'auditions convergentes pour mettre Royal en contradiction sur la solidité de l'objectif de 50 %._
« L’objectif de 50 % résultait d’un accord politique entre le Parti socialiste et les Verts. Cet accord politique n’est pas robuste techniquement, car ils n’avaient pas les moyens de mener des études d’impact. Il s’agit d’un objectif politique pour sortir du tout-nucléaire, et je le partage. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Aveu que l'objectif de 50 % relève d'un accord politique non étayé techniquement, tout en l'assumant politiquement._
« La créativité des initiateurs de la loi est allée jusqu’à imposer un plafond de 63,2 gigawatts d’électricité nucléaire à l’opérateur EDF, stratagème pernicieux visant à l’obliger à fermer les deux réacteurs de Fessenheim pour pouvoir à terme raccrocher l’EPR de Flamanville au réseau. »
— M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)
_Explicite le mecanisme legislatif (plafond GW) qui a impose la fermeture de Fessenheim, presente comme un stratageme._
« La place centrale qu'occupe le nucléaire dans le débat sur l'énergie est donc fallacieuse. Au mépris du bon sens le plus élémentaire, elle occulte le fait principal, l'éléphant dans la pièce, à savoir que l'énergie finale consommée en France est principalement d'origine fossile. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Recadre frontalement l'objet meme de la commission, en denoncant la focalisation sur le nucleaire._
« Depuis quand faut-il s'excuser de vouloir mettre en œuvre le programme sur lequel on a été élu ? »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Defense de la legitimite democratique de l'objectif de 50 %, retourne l'argument de la souverainete contre la commission._
« Les études que j'avais demandées aux services montraient qu'il était réaliste d'envisager l'atteinte de l'objectif de 50 % entre 2028 et 2030, mais qu'il n'était pas souhaitable de retenir la date de 2025 – même si c'était possible –, car cela obligerait à recourir aux énergies fossiles pour remplacer le nucléaire. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Apporte une nuance technique cle : la cible de 50 % n'etait pas anti-climat si on visait 2028-2030 sans gaz._
« Concernant la réduction de la part du nucléaire dans le mix électrique et sa limitation à 50 %, j’ai été obligé de prendre une décision, difficile pour moi, mais rationnelle. Si nous n’avions pas repoussé l’échéance, nous aurions dû imposer des mesures brutales dont nous n’aurions pas forcément maîtrisé les conséquences. »
— M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Hulot revendique d'avoir repousse l'objectif des 50 % par rationalite et non par renoncement, en invoquant le risque social et la maitrise des consequences._
« La sortie du nucléaire n’a jamais été actée au plus haut niveau de l’État. Personne ne m’a jamais dit qu’aucun nouvel EPR ne serait construit. Une fois l’objectif de 50 % du mix électrique atteint, la construction de nouveaux réacteurs était probablement envisagée. »
— M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Hulot dement avoir programme une sortie du nucleaire, ce qui dedouane le gouvernement de l'epoque de cette accusation._
« Nous ne pouvions pas courir tous les lièvres à la fois : il n’était pas possible de baisser notre consommation, développer massivement les énergies renouvelables, réduire la part du nucléaire et construire de nouveaux EPR. »
— M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Justification de l'arbitrage de priorites : la relance nucleaire etait incompatible avec les autres chantiers juges plus urgents._
« Ce qui était « irréversible » était le rééquilibrage du mix énergétique en faveur des énergies renouvelables. J’ai toujours considéré que l’atteinte de l’objectif de 50 % de nucléaire dans la production d’électricité constituait un point de passage permettant de déterminer si nous pouvons aller plus loin et notamment accélérer le développement de la filière éolienne. »
— M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Reponse directe au rapporteur sur la coherence de ses propos de 2018 : il requalifie l'irreversibilite du nucleaire en irreversibilite du virage renouvelable._
« L’objectif de limiter la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2025 n’était pas tenable. Du retard avait été pris concernant les énergies renouvelables. Nous savions que l’objectif de 23 % en 2020 était irréaliste. »
— Mme Michèle Pappalardo (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Pappalardo qualifie d'irrealistes les objectifs herites, fondant l'argument du report sur un constat technique._
« Pour ma part, je considérais que fermer des centrales nucléaires archi-profitables, amorties et certifiées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et envoyer leurs employés au chômage était de la pure destruction de valeur, par bêtise politique. »
— M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Resume frontalement sa lecture economique de la politique de fermeture comme une aberration._
« Il était impossible de réduire la part d’électricité d’énergie d’origine nucléaire à la moitié moitié de la production d’électricité totale en treize ans sans fermer deux réacteurs par an. »
— M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Demontre l'impossibilite arithmetique de la promesse presidentielle de 2012._
« le remplacement d’un réacteur nucléaire fermé suppose l’installation de 800 éoliennes – où va-t-on les mettre ? – et coûte quatre milliards d’euros. »
— M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Chiffre l'impasse materielle du remplacement du nucleaire par l'eolien._
« On voit là que comme le Gouvernement ne veut plus désigner les réacteurs à fermer, on demande à EDF de le faire ; vous voyez à quel point d’hypocrisie on en était. »
— M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Devoile le mecanisme par lequel le gouvernement se defaussait de la responsabilite des fermetures sur EDF._
« vous nous expliquez les raisons qui, selon vous, ont présidé à un accord que vous qualifiez à demi-mot d’électoraliste et dites à quel point vous y êtes opposé, ce qui ne vous a pas empêché d’entrer dans un gouvernement au service d’un président de la République ayant annoncé vouloir réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Le rapporteur teste la coherence entre les convictions affichees de Montebourg et sa participation au gouvernement Hollande._
« Votre voix est dissonante. Interrogés, vos anciens collègues nous ont plutôt répondu que les projections et les discussions au sein du Gouvernement ou sur la base des travaux des administrations ne conduisaient pas à anticiper l’augmentation de la consommation. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Le rapporteur confronte le temoignage de Montebourg a celui de ses anciens collegues sur l'anticipation de la consommation electrique._
« En tout cas la PPE de 2019 est la première à résulter d’une démarche rationnelle et non d’un objectif politique. »
— Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Revendication centrale : la PPE 2019 qu'elle a signée marque la rupture entre dogme politique et instruction documentée._
« L’on gagnerait d’ailleurs à ne plus inscrire dans les lois d’objectifs chiffrés et c’est un point de vue que je défendais déjà dans mes dernières années de mandat. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Position de fond sur la méthode de la politique énergétique, qui relativise les 50 % et 2025._
« On peut toujours continuer d’alimenter ce fantasme, mais vous devriez vous en débarrasser assez rapidement, car les fantasmes ne conduisent généralement pas à de bonnes actions. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Renvoie le RN à un procès imaginaire sur les 24 réacteurs qu'il dit n'avoir jamais repris._
« J’entendais M. Nicolas Sarkozy prétendre que j’avais dit que le nucléaire était un modèle dépassé. Il n’en est rien : c’est le tout-nucléaire qui, selon moi, était un modèle dépassé. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Précision défensive contre la lecture de Sarkozy, recadrant sa position comme pro-nucléaire mais anti-monoculture._
« Mon regret est que nous n’ayons pas atteint l’objectif que j’avais fixé : ce ne sont pas les 50 % qui m’ont posé un problème, c’est le fait que les énergies renouvelables ne se soient pas développées aussi vite que je l’aurais souhaité. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Recentre le débat des 50 % sur l'échec du développement des renouvelables, non sur le nucléaire._
« Combien de réacteurs aurait-il fallu fermer à l’horizon 2025 ? »
— M. Antoine Armand (rapporteur, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Le rapporteur cherche à démontrer que l'objectif des 50 % impliquait mécaniquement des fermetures à demande stable._