Domaine : Objectif 50 %, plafond et fermetures de réacteurs · Sujet : fermeture-fessenheim
Couverture : 52 citations · 26 positions · 26 auditions
_Slugs bruts fusionnés : fermeture-fessenheim, fermeture-fessenheim-politique, fermeture-fessenheim-recul-nucleaire, indemnisation-fessenheim, fessenheim-coupures, fessenheim-radier, fessenheim-reouverture, fessenheim-vs-datteln, redemarrage-fessenheim_
Positions exprimées
- (table ronde) (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) : On n'aurait pas du fermer Fessenheim ; c'etait une erreur desormais largement reconnue. _(tranchant 5)_
- M. Arnaud Montebourg (M. Arnaud Montebourg) : La fermeture de Fessenheim fut de la pure destruction de valeur par betise politique : 4 milliards perdus, 950 emplois sacrifies pour un seul symbole. _(tranchant 5)_
- M. Henri Proglio (M. Henri Proglio) : La fermeture de Fessenheim était juridiquement impossible sans l'accord du président d'EDF et justifiait 8 milliards de compensation ; l'accord final à 400 millions est largement insuffisant. _(tranchant 4)_
- M. Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) : EDF n'a fait qu'appliquer la loi ; poursuivre l'exploitation aurait été une faute de gestion. Les réacteurs étaient conformes et parmi les meilleurs ; l'arrêt résulte d'une décision politique et d'une campagne d'ONG antinucléaires. _(tranchant 4)_
- M. Patrick Landais (M. Patrick Landais) : Le recul du nucléaire et la fermeture de Fessenheim résultent d'un jeu d'alliances politiciennes avec le parti écologiste à partir de 2010. _(tranchant 4)_
- Mme Dominique Voynet (Mme Dominique Voynet) : Relier la fermeture de Fessenheim au risque de coupures relève de la désinformation ; les vraies causes sont l'indisponibilité de 32 réacteurs sur 56 et la guerre en Ukraine. _(tranchant 4)_
- M. François Hollande (M. François Hollande) : La fermeture de Fessenheim était justifiée et liée à l'ouverture de Flamanville ; il l'assume mais ne l'a pas exécutée durant son mandat, et elle ne pèse que 10-12 TWh. _(tranchant 4)_
- M. Laurent Michel (M. Laurent Michel) : La reouverture de Fessenheim n'est pas une option simple ; le gouvernement precedent a juge le redemarrage non souhaitable et les travaux de surete seraient tres compliques. _(tranchant 3)_
- (table ronde) (M. Philippe Page Le Mérour e.a.) : La fermeture de Fessenheim etait une aberration purement politique, non justifiee par des raisons economiques, de surete ou d'environnement. _(tranchant 3)_
- M. Antoine Pellion (M. Antoine Pellion) : La fermeture de Fessenheim, conditionnée à l'ouverture de Flamanville via le plafonnement à 63,2 GW, ne remettait pas en cause la sécurité d'approvisionnement selon les bilans RTE de l'époque. _(tranchant 3)_
- Mme Barbara Pompili (Mme Barbara Pompili) : La fermeture de Fessenheim etait inevitable et a ete montee en epingle ; ses 2 GW ne sont en rien la cause des problemes electriques, dus aux 30 GW de reacteurs a l'arret. _(tranchant 3)_
- M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) : Fermer Fessenheim pendant que l'Allemagne ouvre une centrale a charbon est un contresens climatique majeur ; il se revendique ecolo convaincu en defendant le nucleaire decarbone. _(tranchant 2)_
- Mme Anne Lauvergeon (Mme Anne Lauvergeon) : Il serait plus rationnel de redémarrer les deux réacteurs de Fessenheim, mis à niveau de sûreté, que de rouvrir une centrale à charbon, malgré les procédures requises. _(tranchant 2)_
- M. Benoît Ribadeau-Dumas (M. Benoît Ribadeau-Dumas) : La fermeture de Fessenheim était un engagement présidentiel justifié techniquement (RTE confirmait l'absence de besoin pour la sécurité d'approvisionnement) et rationnellement (4e visite décennale non préparée depuis 2015) ; EDF n'était pas demandeur d'un déphasage des deux réacteurs. _(tranchant 2)_
- (table ronde) (M. Jacky Chorin e.a.) : La fermeture de Fessenheim a ete une decision ideologique injustifiee, prise pour des raisons politiques au detriment d'une centrale sure et de ses salaries. _(tranchant 2)_
- M. Manuel Valls (M. Manuel Valls) : La fermeture de Fessenheim etait une decision politique et diplomatique heritee, qui ne reposait pas totalement sur des elements objectifs ; il refuse de dire s'il la referait et la presente comme accompagnee, Flamanville devant prendre le relais. _(tranchant 2)_
- Mme Nathalie Kosciusko-Morizet (Mme Nathalie Kosciusko-Morizet) : La prolongation de Fessenheim posait un probleme technique reel : le radier trop fin aurait du etre epaissi pour atteindre le niveau de surete de troisieme generation, ce que la cuve ne permettait pas. _(tranchant 2)_
- M. Eric Besson (M. Eric Besson) : Fessenheim etait une centrale sure attestee par l'ASN ; sa fermeture via le plafond de 63,2 GW etait un stratageme pernicieux et ses reacteurs seraient bien utiles aujourd'hui. _(tranchant 2)_
- Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) : Fermer des reacteurs est indispensable et exige une preparation longue ; le statu quo rend la situation ingerable et l'indemnisation d'EDF jusqu'en 2041 est injustifiee. _(tranchant 2)_
- M. Nicolas Sarkozy (M. Nicolas Sarkozy) : La fermeture de Fessenheim est une erreur de conception, d'exécution et de calendrier, sans aucune raison valable, sur une centrale sûre et profitable. _(tranchant 2)_
- M. Jean-Marc Jancovici (M. Jean-Marc Jancovici) : L'objectif de 50 % et la fermeture de Fessenheim resultent d'un marchandage politique Hollande/Les Verts, pas d'une logique energetique ou climatique. _(tranchant 1)_
- M. François Brottes (M. François Brottes) : Il a toujours défendu une fermeture de Fessenheim concomitante à l'ouverture de Flamanville, et a vérifié puis alerté sur la sécurité d'approvisionnement alsacien. _(tranchant 1)_
- M. Cédric Lewandowski (M. Cédric Lewandowski) : Fessenheim a été fermée sur décision politique ; sa relance prendrait sept à dix ans et EDF n'y travaille pas, privilégiant un démantèlement exemplaire. _(tranchant 1)_
- Mme Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) : Elle a conditionné la fermeture de Fessenheim à l'ouverture de Flamanville ; la fermeture déconnectée est la faute de ses successeurs, et elle avait préparé une mutation industrielle du site (démantèlement, usine Tesla). _(tranchant 1)_
- M. François de Rugy (M. François de Rugy) : Il n'a jamais justifié Fessenheim par l'approvisionnement allemand ; les données RTE/EDF montraient que la France pouvait absorber, et l'Allemagne réclamait au contraire plus de fermetures françaises. _(tranchant 1)_
- Mme Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) : La fermeture de Fessenheim fut un choix politique antérieur à elle, lié au statut de première centrale construite et au refus d'EDF de proposer une alternative. _(tranchant 0)_
Citations (verbatim, sourcées)
« il ne fait absolument aucun doute dans mon esprit que l’objectif de 50 % de nucléaire et la fermeture de Fessenheim ont été décidés car François Hollande souhaitait conclure un accord avec Les Verts. »
— M. Jean-Marc Jancovici (audite, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)
_Attribution explicite et categorique d'une decision energetique majeure a un marchandage politique._
« Est-ce vraiment raisonnable de parier là-dessus pour lutter contre le réchauffement climatique ? »
— M. Maxime Laisney — LFI-NUPES (depute, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)
_Met en doute le pari nucleaire au regard des delais face au climat._
« la fermeture de Fessenheim aurait pu largement être compensée si l’État français avait réellement investi dans les énergies renouvelables et avait tenu ces objectifs »
— Mme Julie Laernoes — Ecolo-NUPES (depute, audition de M. Jean-Marc Jancovici, 2022-11-02)
_Defense de la fermeture de Fessenheim et de l'alternative renouvelable, ligne ecologiste._
« D’un point de vue personnel, je pense que l’on n’aurait pas dû fermer Fessenheim. Je crois que tout le monde convient désormais que c’était une erreur, qui soulève soit des regrets, soit des remords, c’est selon. »
— Jacques Percebois (audite, audition de M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, 2022-11-09)
_Verdict d'expert sur l'une des decisions les plus scrutees par la commission, formule a charge contre les responsables passes._
« La loi de 2015 avait effectivement imposé un plafond de 63,2 gigawatts, ce qui a été l’artifice utilisé pour fermer la centrale de Fessenheim. »
— Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, 2022-11-09)
_Le president etablit lui-meme le lien causal entre le plafond legal et la fermeture de Fessenheim, orientant l'enquete vers les responsabilites de 2015._
« Enfin, en tant que physicien et mathématicien, je pense qu’il faut prendre le réchauffement climatique au sérieux. Continuer à rejeter du CO 2 ne me semble pas être la meilleure idée pour laisser une Terre propre à nos enfants. En ce sens, je suis un écolo plus que convaincu. »
— M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)
_Revendique une posture climatique pour legitimer le nucleaire comme arme decarbonee, contre l'opposition classique nucleaire/ecologie._
« Par ces deux choix technologiques, l’Europe rejette 8 millions de tonnes de CO 2 supplémentaires chaque année. »
— M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)
_Chiffre frappant opposant l'arret de Fessenheim a la mise en service de Datteln pour illustrer un contresens climatique._
« Si certains estiment qu’il suffirait de quelques pièces de rechange pour rouvrir la centrale, il en va de leur responsabilité de tenir de tels propos. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Refus prudent de valider la these d'une reouverture facile de Fessenheim._
« Elle m’a dit qu’elle le faisait pour des raisons politiques, non pour des raisons techniques ou scientifiques. »
— M. Henri Proglio (audite, audition de M. Henri Proglio, 2022-12-13)
_Témoignage rapporté attribuant à Merkel l'aveu que la sortie allemande du nucléaire était purement politique._
« J’ai toujours considéré qu’il était préférable de fermer Fessenheim de manière concomitante à l’ouverture de Flamanville. »
— M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)
_Position personnelle réaffirmée plusieurs fois, distinguant sa ligne de ce qui a été décidé._
« EDF a appliqué la loi. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Réponse lapidaire qui constitue la ligne de défense sur Fessenheim : EDF n'a fait qu'exécuter la décision politique._
« Il va de soi que le PDG d’EDF en tant que mandataire social de l’entreprise aurait commis une faute de gestion si EDF avait poursuivi les travaux pour prolonger la durée de vie des réacteurs de Fessenheim en ignorant tant la loi de 2015 que le décret de 2012. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Justifie juridiquement l'arrêt de Fessenheim en le présentant comme une obligation et non un choix._
« L’arrêt des réacteurs fait manifestement suite à une campagne de dénigrement permanente et ancienne de la part d’organisations non gouvernementales antinucléaires basées en France et surtout en Allemagne »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Attribue l'origine politique de la fermeture à des ONG antinucléaires, notamment allemandes._
« il ne semble pas aberrant, dans un contexte de changement climatique et de besoins énergétiques, de redémarrer deux réacteurs nucléaires arrêtés plutôt qu’une centrale à charbon, même si c’est peut-être un peu provocateur. »
— Mme Anne Lauvergeon (audite, audition de Mme Anne Lauvergeon, 2022-12-15)
_Prise de position publique en faveur d'un redémarrage de Fessenheim, sujet politiquement très chargé._
« À partir de 2010, l’avènement du parti écologiste opposé au nucléaire a entraîné, par un jeu d’alliances politiciennes, la réduction de la part de cette énergie dans le mix énergétique français, puis la fermeture anticipée de la centrale de Fessenheim. »
— M. Patrick Landais (audite, audition de M. Patrick Landais, 2022-12-15)
_Désigne les alliances politiciennes avec les écologistes comme cause du recul du nucléaire et de la fermeture de Fessenheim._
« L’ensemble des organisations syndicales au sein du CCE avaient émis des avis négatifs à la fermeture de Fessenheim, appuyés sur diverses expertises prouvant l’aberration d’une telle mesure qui n’était pas imposée par des enjeux économiques, ni de sûreté, ni d’environnement. »
— Philippe Page Le Mérour (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Etablit l'unanimite syndicale contre Fessenheim et qualifie la decision de purement politique._
« A mon arrivée en avril 2014 auprès de Ségolène Royal, les 50 % en 2025 et la fermeture de Fessenheim étaient deux éléments de choix politique posés d’entrée de jeu par le président Hollande. Ils faisaient partie de ses engagements de campagne et il a été élu aussi sur cette base. »
— Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Attribution explicite de la responsabilité politique des 50 % et de Fessenheim à François Hollande, dégageant le niveau technique._
« Elle fixe un élément « mordant » en droit, au sens où l’autorisation de la centrale dépend du respect du plafonnement à 63,2 GW : le jour où un nouveau réacteur est mis sur le réseau, il doit entraîner l’arrêt d’une puissance équivalente. »
— Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Explique le mécanisme juridique réel de la fermeture (plafonnement) par opposition à l'objectif indicatif des 50 %._
« il faudrait entre sept et dix ans pour reconstruire Fessenheim, car nous n’avions pas engagé les travaux post-Fukushima, de même que les études sur les effluents ainsi que sur la prolongation. »
— M. Cédric Lewandowski (audite, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Ferme la porte au scénario de réouverture rapide de Fessenheim avancé par le RN._
« Si le raisonnement par l’absurde est bien sur les tribunes, une commission d’enquête parlementaire ne travaille pas forcément de la sorte. Je n’apprécie donc que moyennement l’allusion faite au cas de Fessenheim. »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Le président recadre publiquement la question du député RN sur Fessenheim._
« RTE avait assuré que Fessenheim n’était pas nécessaire à la sécurité d’approvisionnement du territoire, avec notamment l’appoint de Landivisiau à l’Ouest. »
— M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Justification technique de la fermeture de Fessenheim adossée à l'expertise de RTE._
« M. Yves Bréchet nous a indiqué qu’il avait remis un dossier en 2018 qui n’a visiblement pas été lu. Celui-ci précisait qu’il n’était pas judicieux de fermer les centrales à charbon ou nucléaires avant d’avoir ouvert les six réacteurs en construction. »
— M. Francis Dubois — LR (depute, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)
_Confronte l'auditionné à un avis expert ignoré, attaquant la méthode revendiquée d'écoute des faits._
« Pour autant, nous avons perdu cinq ans et la gestion de ce dossier lors du premier mandat a fragilisé notre filière nucléaire. »
— Jacky Chorin (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Met en cause directement le premier mandat d'Emmanuel Macron dans la fragilisation de la filiere._
« Vous me permettrez, à ce sujet, d’avoir une pensée pour les salariés de Fessenheim, qui ont assuré jusqu’au bout un service public exemplaire et qui ont été sacrifiés sur l’autel d’une idéologie prétendument verte. »
— Jacky Chorin (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Charge politique forte qualifiant la fermeture de Fessenheim de sacrifice ideologique._
« L’État voulait fermer Fessenheim, la troisième centrale la plus sûre de France, mais ne voulait pas le dire dans un texte officiel, car il aurait alors dû régler des indemnités. Si la guerre en Ukraine s’était déroulée un an plus tôt, Fessenheim aurait été maintenu. »
— Jacky Chorin (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Accusation precise sur la motivation cachee (eviter des indemnites) de la non-officialisation de la fermeture._
« Une est ferme : la limitation à 63,2 gigawatts installés pour forcer la fermeture de Fessenheim »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Reconnait explicitement que le plafond de capacite avait pour but de contraindre la fermeture de Fessenheim._
« il est vrai, pour le reste, que la fermeture de Fessenheim ne reposait pas totalement sur des éléments objectifs et que la centrale était la plus vieille mais pas la moins sûre. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Concession importante : la fermeture de la centrale la plus emblematique n'etait pas justifiee objectivement sur le plan de la surete._
« Je ne répondrai pas à la question de savoir si je le referai ou pas. »
— Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)
_Refus assume de se prononcer retrospectivement sur Fessenheim, revelateur de la sensibilite du sujet._
« Puisque la doctrine française exige que la sûreté suive l’acquisition progressive des améliorations technologiques, pour prolonger Fessenheim, il aurait donc été nécessaire de s’interroger sur l’épaississement du radier. »
— Nathalie Kosciusko-Morizet (audite, audition de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, 2023-02-02)
_Lie la doctrine de surete a la decision Fessenheim, expliquant pourquoi la prolongation posait probleme techniquement._
« Ainsi, l’ASN est indépendante, mais les avis qu’elle rend ont des conséquences potentielles sur des choix de politique énergétique qui ne relèvent pas de cette instance. »
— Nathalie Kosciusko-Morizet (audite, audition de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, 2023-02-02)
_Pointe la zone grise entre independance de la surete et choix politiques de mix energetique._
« Quant à Fessenheim, le décret prévoyait une fermeture uniquement lors de l’ouverture de Flamanville. C’est le décret suivant qui a supprimé cette condition. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Ligne de défense centrale de Royal pour reporter sur ses successeurs la responsabilité de la fermeture déconnectée._
« EDF pensait que Flamanville allait ouvrir. Réinvestir dans Fessenheim n’avait dès lors pas de sens, d’autant que Flamanville avait déjà connu un dérapage financier considérable. De plus, j’avais préparé la mutation industrielle du site. Finalement, Flamanville n’a pas ouvert, et ne fonctionne toujours pas à ce jour. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Justifie l'arrêt de la 4e visite décennale de Fessenheim par la perspective de Flamanville, tout en pointant l'échec de ce dernier._
« Quelques jours avant de quitter votre ministère, pour cause de fin de mandat présidentiel, vous avez pris le décret de fermeture de Fessenheim, qui a ensuite été cassé par les tribunaux. Pourquoi avoir précipité ce décret ? »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Le président met en cause la précipitation du décret de fermeture en fin de mandat._
« Je rappelle que nous sommes dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire et que nous tâchons de procéder à des auditions sérieuses, sous serment. »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Rappel à l'ordre du président face aux réponses jugées évasives de Royal sur les documents de Fessenheim._
« Comment qualifier autrement le fait d’établir, sans arguments à l’appui, un lien de causalité entre la décision de fermer les deux tranches de Fessenheim après quarante-deux années de vie et « le risque d’exposition à des coupures d’électricité qui semblent inévitables » ? »
— Dominique Voynet (audite, audition de Mme Dominique Voynet, 2023-02-07)
_Qualifie de désinformation le récit reliant Fessenheim aux coupures, sujet politiquement sensible de la commission._
« La créativité des initiateurs de la loi est allée jusqu’à imposer un plafond de 63,2 gigawatts d’électricité nucléaire à l’opérateur EDF, stratagème pernicieux visant à l’obliger à fermer les deux réacteurs de Fessenheim pour pouvoir à terme raccrocher l’EPR de Flamanville au réseau. »
— M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)
_Explicite le mecanisme legislatif (plafond GW) qui a impose la fermeture de Fessenheim, presente comme un stratageme._
« Il n'a jamais été démontré que Fessenheim pouvait produire de l'électricité jusqu'en 2041. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait indemniser l'énergéticien sur le fondement d'une hypothèse de production jusqu'à cette date. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Conteste le fondement de l'indemnisation d'EDF pour Fessenheim._
« L’arrêt de Fessenheim nous a privés de 1,6 gigawatt, mais cette perte n’est absolument pas la cause des problèmes de notre système électrique. »
— Mme Barbara Pompili (audite, audition de Mme Barbara Pompili, 2023-02-15)
_Defense centrale sur Fessenheim, qu'elle juge montee en epingle face aux 30 GW a l'arret._
« Le problème vient du fait que nous avons compté jusqu’à trente réacteurs fermés, ce qui représente une puissance installée d’environ 30 gigawatts contre seulement 2 gigawatts pour Fessenheim. »
— Mme Barbara Pompili (audite, audition de Mme Barbara Pompili, 2023-02-15)
_Chiffrage qui relativise Fessenheim et deplace la responsabilite vers la disponibilite du parc._
« Pour ma part, je considérais que fermer des centrales nucléaires archi-profitables, amorties et certifiées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et envoyer leurs employés au chômage était de la pure destruction de valeur, par bêtise politique. »
— M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)
_Resume frontalement sa lecture economique de la politique de fermeture comme une aberration._
« Dans mon souvenir, EDF a été questionné pour savoir s’il existait un meilleur choix que celui de Fessenheim, mais EDF n’a jamais voulu proposer d’autre choix. »
— Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Reporte une part de la responsabilité du choix de Fessenheim sur l'absence d'alternative proposée par EDF._
« Je ne crois pas avoir dit que c’était parce que l’Allemagne fournirait. À l’époque, sur la base des données fournies par RTE s’appuyant sur celles fournies par EDF, la France était en mesure d’absorber cela. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Défense contre l'accusation directe du président, député de Fessenheim, de contradiction._
« Le Président de la République m’avait demandé d’aller voir mes homologues allemands pour leur proposer de leur vendre davantage d’électricité décarbonée, donc nucléaire, pour qu’ils puissent sortir plus vite du charbon. Les Allemands ont répondu de façon négative, extrêmement ferme. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Illustre l'absence de coordination européenne et la fermeture allemande au nucléaire français._
« Je suis un peu surpris de cette contradiction entre les arguments que vous opposiez en tant que ministre à l’époque sur ce dossier précis et votre regret aujourd’hui de l’absence de coordination sur la question de la production. »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Le président, député de Fessenheim, pointe frontalement une contradiction dans la défense de De Rugy._
« D’ailleurs, si le nucléaire est dangereux, il faudrait fermer toutes les centrales. Pourquoi seulement Fessenheim ? Il ne faut sauver que les Alsaciens ? »
— Nicolas Sarkozy (audite, audition de M. Nicolas Sarkozy, 2023-03-16)
_Argument d'incohérence dirigé contre la fermeture sélective de Fessenheim._
« Vouloir détruire la filière nucléaire française, c’est trahir l’intérêt national ! »
— Nicolas Sarkozy (audite, audition de M. Nicolas Sarkozy, 2023-03-16)
_Conclusion du propos liminaire, élevant la question nucléaire au rang d'intérêt national trahi._
« Mais en France ? Que craignaient ceux qui voulaient fermer Fessenheim ? Un tsunami sur le Rhin ? »
— Nicolas Sarkozy (audite, audition de M. Nicolas Sarkozy, 2023-03-16)
_Raillerie résumant son rejet de la justification de la fermeture de Fessenheim par Fukushima._
« Est-ce lié à la fermeture de Fessenheim ? Non, quatre fois non. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Formule martelée qui résume sa ligne de défense : la chute de production n'a aucune cause politique._
« Depuis mon mandat, EDF a perdu, à cause des arrêts que j’ai mentionnés, une capacité de production de 130 térawattheures. La centrale de Fessenheim ne produisait, lorsqu’elle était en activité, que de 10 à 12 térawattheures. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Argument chiffré pour relativiser Fessenheim face à l'ampleur réelle des pertes de capacité._
« Je n’ai même pas fermé Fessenheim durant mon mandat, mais je revendique cette décision : Fessenheim devait fermer dès lors que Flamanville ouvrirait. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Assume la décision tout en soulignant qu'il ne l'a pas exécutée, et la conditionne à Flamanville._
« Je me suis demandé, en vous écoutant, si vous m’aviez vous-même entendu. »
— M. François Hollande (audite, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Réplique cinglante au député RN Loubet, marquant l'agacement face à la répétition du procès Fessenheim._
« Avez-vous identifié les éléments qui ont freiné le processus ? Avez-vous cherché à les combattre ? »
— M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. François Hollande, 2023-03-16)
_Le président cherche à comprendre l'écart entre annonce présidentielle et exécution, coeur de l'enquête sur le processus décisionnel._