Fermeture de réacteurs prévue par la PPE
Sur la question des fermetures de réacteurs programmées par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), le corpus fait apparaître à la fois des éléments de méthode partagés et des clivages nets sur la responsabilité et le calendrier.
Un constat commun traverse plusieurs interventions : il faut éviter un arrêt simultané d'un grand nombre de réacteurs. Selon Mme Barbara Pompili (Mme Barbara Pompili), une trajectoire « douce » et anticipée de fermeture est responsable précisément pour parer ce risque, désigné dans les travaux experts par l'expression « effet falaise ». Elle indique qu'il s'agit d'« une hypothèse qui a été étudiée par ceux qui s'intéressent au sujet et qui a été baptisée "effet falaise" », liée au fait qu'une part du parc a été construite en une seule décennie. Mme Pompili pose aussi un cadre de principe : tous les réacteurs actuels seront fermés à terme, la seule question étant celle du moment.
Sur le calendrier, M. Yves Marignac (M. Yves Marignac) défend une logique de sûreté : les réacteurs devraient être arrêtés au cinquième réexamen périodique, le dernier intervenant en 2045, avec un lissage des fermetures. Il refuse de parier sur une prolongation au-delà de cinquante ans, faute selon lui d'argument de sûreté sur la fatigue neutronique des cuves. Cette position rejoint, sur la forme du lissage, l'idée de trajectoire progressive portée par Mme Pompili.
Le corpus met en avant des chiffres testant la robustesse des scénarios. Le rapporteur M. Antoine Armand (M. Yves Marignac) chiffre les conséquences du scénario négaWatt : « Un gouvernement qui s'engagerait à appliquer le scénario négaWatt devrait ainsi fermer dès son arrivée trois réacteurs par an, d'une capacité de 900 mégawatts chacun, donc renoncer à 2,7 gigawatts par an, et à 10 gigawatts en sept à huit ans. »
Le principal désaccord porte sur l'origine et la responsabilité de la liste de 24 réacteurs à fermer. Le président Raphaël Schellenberger (Mme Élisabeth Borne) accuse directement Mme Élisabeth Borne d'en être à l'origine : « Vous aviez à l'époque, comme directrice de cabinet, produit une liste de 24 réacteurs à fermer dans la décennie suivant cette prise de décision. » Mme Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) réfute frontalement : « J'ignore qui vous a dit que j'avais produit une liste de 24 réacteurs à fermer. L'accord entre le PS et les Verts de 2012 contenait effectivement une liste de 24 réacteurs à fermer. » Elle rattache donc cette liste à l'accord politique PS-Verts de 2012, sans lien avec ses fonctions.
Enfin, Mme Pompili (Mme Barbara Pompili) signale l'antagonisme du débat lui-même, notant que certains de ses « "amis" [...] vont dire que je raconte n'importe quoi puisque je me trompe sur le nombre de réacteurs », ce qui illustre l'hostilité d'une partie du milieu pro-nucléaire qu'elle décrit.
Qui en parle
- Mme Barbara Pompili (Mme Barbara Pompili) : défend une trajectoire douce et anticipée de fermeture pour éviter l'« effet falaise » ; tous les réacteurs seront fermés à terme.
- M. Yves Marignac (M. Yves Marignac) : arrêt au cinquième réexamen périodique (dernier en 2045), lissage des fermetures, refus de prolongation au-delà de cinquante ans pour raisons de sûreté (cuves).
- M. Antoine Armand (rapporteur, M. Yves Marignac) : chiffre les conséquences du scénario négaWatt (3 réacteurs/an, 2,7 GW/an).
- M. Raphaël Schellenberger (président, Mme Élisabeth Borne) : attribue à Mme Borne la production de la liste de 24 réacteurs à fermer.
- Mme Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) : réfute toute responsabilité personnelle et renvoie la liste de 24 réacteurs à l'accord PS-Verts de 2012.