La part du citoyen

Objectif 50 %, plafond et fermetures de réacteurs

Plafond de 63,2 GW de puissance installée

Le plafond de 63,2 GW de puissance nucléaire installée, fixé par l'article 187 de la loi de transition énergétique (LTECV) de 2015, occupe une place particulière dans le corpus : plusieurs intervenants le présentent comme la disposition juridiquement la plus structurante de cette loi, par-delà l'objectif emblématique de réduction à 50 % de la part du nucléaire.

Un constat est largement partagé sur la nature juridique du dispositif. Selon François Brottes (M. François Brottes), « la seule disposition normative toujours en vigueur de la loi de 2015 est le plafonnement à 63,2 GW de puissance installée maximale ». Xavier Piechaczyk (M. Xavier Piechaczyk) le confirme en distinguant l'objectif des 50 %, qui « figure dans un article qui n'est pas normatif », du plafond fixé par « l'article 187 de la LTECV ». Cette distinction entre une ambition politique non contraignante et une norme effective est un point de convergence entre intervenants pourtant de bords différents.

Le second axe de convergence porte sur la fonction concrète du plafond : forcer la fermeture de Fessenheim. Le président de la commission, Raphaël Schellenberger (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel), qualifie le plafond d'« artifice utilisé pour fermer la centrale de Fessenheim ». Manuel Valls (M. Manuel Valls) abonde en reconnaissant explicitement que « le verrou provenait plutôt des 63,2 gigawatts » et que cette « limitation à 63,2 gigawatts installés » visait à « forcer la fermeture de Fessenheim ». Le mécanisme de mise en service de l'EPR de Flamanville conditionnant, à due concurrence, la fermeture de réacteurs existants est aussi évoqué : selon Nicolas Hulot (M. Nicolas Hulot), si l'EPR « avait été opérationnel, il aurait pu compenser la fermeture d'une centrale ».

Les clivages portent sur l'appréciation et la portée réelle du plafond. D'un côté, François Brottes (M. François Brottes) et François Hollande (M. François Hollande) relativisent sa contrainte : le parc ne produisant ou ne mobilisant que 41 GW, le plafond « n'a jamais bridé le nucléaire » et « offre une marge confortable » ; Hollande ajoute qu'« il serait dommage de le supprimer » car il « signale la pleine capacité nucléaire ». De l'autre, Jacques Percebois (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) juge que « la décision prise dans le cadre de la loi de 2015 de réduire la part de l'électricité nucléaire à 50 % a été une erreur », et la position exprimée en M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel plaide pour ne fermer aucune centrale et prolonger leur durée de vie. Une autre lecture, défendue en M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar et illustrée par Yves Bouvier, situe le débat en amont : le parc aurait été « surdimensionné », par surestimation de la consommation future et « effondrement de la consommation industrielle, résultant notamment d'une désindustrialisation ».

Chiffres clés : plafond légal de 63,2 GW (article 187 LTECV, 2015) ; capacité effectivement mobilisée évaluée à 41 GW ; objectif de 50 % visé à l'horizon 2025.

Qui en parle

Interventions regroupées (9 citations · 7 auditions)

Domaine : Objectif 50 %, plafond et fermetures de réacteurs · Sujet : plafond-63-gw

Couverture : 9 citations · 5 positions · 7 auditions

_Slugs bruts fusionnés : plafond-63-gigawatts, plafond-63-gw-loi-2015, plafond-632-gw, plafond-63gw-nucleaire, verrou-63-gw, plafonnement-nucleaire-2015, surdimensionnement-parc-nucléaire_

Positions exprimées

  • (table ronde) (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) : Le plafonnement de la part du nucleaire a 50 % decide en 2015 a ete une erreur ; il fallait au contraire ne fermer aucune centrale et prolonger leur duree de vie. _(tranchant 5)_
  • (table ronde) (M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar) : Le parc nucléaire a été surdimensionné, par surestimation de la consommation future et effondrement de la consommation industrielle. _(tranchant 3)_
  • M. François Brottes (M. François Brottes) : Le plafond de 63,2 GW est la seule disposition normative de la loi de 2015 mais n'a jamais bridé le nucléaire, le parc ne produisant que 41 GW ; il offre une marge confortable. _(tranchant 2)_
  • M. Manuel Valls (M. Manuel Valls) : Le veritable verrou n'etait pas l'objectif programmatique des 50 % mais le plafond ferme de 63,2 GW installes, destine a forcer la fermeture de Fessenheim. _(tranchant 2)_
  • M. François Hollande (M. François Hollande) : Le plafond de 63,2 GW n'a jamais été une contrainte (41 GW mobilisés) et il serait dommage de le supprimer car il signale la pleine capacité nucléaire. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Toutefois, ce dernier est aussi lié à l’effondrement de la consommation industrielle, résultant notamment d’une désindustrialisation dans le secteur des entreprises électro-intensives. »

Yves Bouvier (audite, audition de M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar, 2022-11-02)

_Explique le surdimensionnement du parc par la désindustrialisation autant que par la surestimation de la consommation._

« À titre personnel, je pense que la décision prise dans le cadre de la loi de 2015 de réduire la part de l’électricité nucléaire à 50 % à l’horizon 2025 a été une erreur. »

Jacques Percebois (audite, audition de M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, 2022-11-09)

_Qualifie d'erreur la politique de plafonnement du nucleaire, cible directe de l'enquete sur les responsabilites passees._

« La loi de 2015 avait effectivement imposé un plafond de 63,2 gigawatts, ce qui a été l’artifice utilisé pour fermer la centrale de Fessenheim. »

Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, 2022-11-09)

_Le president etablit lui-meme le lien causal entre le plafond legal et la fermeture de Fessenheim, orientant l'enquete vers les responsabilites de 2015._

« La seule disposition normative toujours en vigueur de la loi de 2015 est le plafonnement à 63,2 GW de puissance installée maximale en capacité de production nucléaire. »

M. François Brottes (audite, audition de M. François Brottes, 2022-12-14)

_Argument central de sa défense : seul le plafond est normatif, l'objectif de 50 % ne l'est pas._

« Les 50 % de production nucléaire à l’horizon 2025 figurent dans un article qui n’est pas normatif. »

M. Xavier Piechaczyk (audite, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)

_Distinction centrale de l'audition : l'objectif emblematique des 50 % etait une ambition politique sans force contraignante, contre le recit d'une cible imposee a la filiere._

« L’article 187 de la LTECV fixe un plafond de capacité installée nucléaire à 63,2 GW. »

M. Xavier Piechaczyk (audite, audition de M. Xavier Piechaczyk, 2022-12-15)

_Identifie le seul element normatif de la loi de 2015, qui a impose la fermeture de Fessenheim a due concurrence de l'EPR._

« En fait, le « verrou » provenait plutôt des 63,2 gigawatts. »

Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)

_Designe la contrainte juridique reellement contraignante (plafond de capacite installee) derriere l'objectif symbolique des 50 %._

« Une est ferme : la limitation à 63,2 gigawatts installés pour forcer la fermeture de Fessenheim »

Manuel Valls (audite, audition de M. Manuel Valls, 2023-02-02)

_Reconnait explicitement que le plafond de capacite avait pour but de contraindre la fermeture de Fessenheim._

« Si le réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville avait été opérationnel, il aurait pu compenser la fermeture d’une centrale ou d’un réacteur. »

M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)

_Explique l'enchainement logique des fermetures : le retard de Flamanville a desequilibre toute la programmation._