Éric Bothorel
Role dans la commission : Depute membre — groupe EPR (Ensemble pour la République)
Biographie
Éric Bothorel, né le 20 octobre 1966 à Paimpol (Côtes-d'Armor), est un homme politique français, député de la 5e circonscription des Côtes-d'Armor depuis 2017. Issu d'une famille d'officiers de la marine marchande, il suit des études supérieures d'informatique et de commerce, complétées par un Master Qualité.
Avant la politique, il est cadre du secteur privé pendant plus de vingt ans, occupant des fonctions de directeur commercial et directeur qualité dans des sociétés de distribution informatique et numérique (Infopoint, General Electric). De 2011 à 2015, il est conseiller régional de Bretagne / départemental des Côtes-d'Armor, en charge du développement des usages numériques (projet d'ouverture de données ayant conduit au portail Datarmor).
Élu député en 2017 (XVe législature), il succède à Corinne Erhel. Il siège alors dans le groupe La République en marche (LaREM), à la commission des affaires économiques et à la commission des affaires européennes, et co-préside les groupes d'études sur la cybersécurité et l'économie numérique. Il est réélu en 2022 (XVIe législature) puis en 2024 (XVIIe législature, réélu avec 41,21 % des voix le 7 juillet 2024). Le parti Renaissance dont il est membre siège, sous la XVIIe législature, au sein du groupe parlementaire Ensemble pour la République (EPR).
Spécialiste reconnu des questions numériques à l'Assemblée, il a mené une mission flash sur la couverture numérique (2017), a été rapporteur d'une proposition de loi sur les réseaux radioélectriques mobiles (2019) et co-auteur, avec Marietta Karamanli, d'un rapport sur la fiscalité du numérique (novembre 2018). En 2020, le Premier ministre lui confie une mission parlementaire sur la politique publique de la donnée, débouchant sur le rapport « Pour une politique publique de la donnée » (décembre 2020), texte de référence sur l'open data et l'ouverture des données publiques. Il est co-rapporteur de la mission « New Deal mobile » (2024) et, à partir d'avril 2025, rapporteur général du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité. Sa ligne est constamment europhile et favorable à la souveraineté numérique par la régulation et l'ouverture (open data, open source).
Dans la commission
Éric Bothorel intervient ici en tant que député membre, non comme audité. Ses 12 interventions (auditions des associations sur le thème de la protection des données personnelle, Mme Meredith Whittaker, M. Nicolas Guillou, M. Thierry Breton, Mme Christel Heydemann) dessinent une ligne cohérente : une souveraineté numérique pensée à l'échelon européen, la régulation vue comme levier de puissance et non comme frein, et une approche pragmatique/solutionniste (alternatives open source et européennes, soutien aux champions industriels).
- Régulation ex ante de l'IA générative (des associations sur le thème de la protection des données personnelle) : il teste, face aux associations, une évolution doctrinale qu'il juge déjà nécessaire — passer de la modération a posteriori à un encadrement en amont : « s'il ne serait pas temps de faire évoluer la doctrine en encadrant les capacités de certains outils d'intelligence artificielle générative avant qu'ils ne produisent des millions de contenus illicites » (des associations sur le thème de la protection des données personnelle).
- Dépendance aux hyperscalers et fair share (Mme Meredith Whittaker) : à l'audition de Signal, il interroge la dépendance à AWS et les pistes d'hébergement souverain européen, puis relance sur la contribution des acteurs OTT au financement des réseaux : « vous êtes considérés comme des acteurs over-the-top […] vous vous appuyez sur des infrastructures déployées par des opérateurs qui investissent lourdement dans des technologies de câbles, de fibre ou de satellite » (Mme Meredith Whittaker).
- Extraterritorialité des sanctions américaines (M. Nicolas Guillou) : à propos du juge Nicolas Guillou, sanctionné par l'OFAC, il dénonce vivement la mécanique des sanctions et cherche des leviers juridiques (désassurance contestable, contournements techniques Linux/messageries européennes) : « ce n'est quand même pas normal qu'un juge soit traité comme un narcotrafiquant, un terro de Daech et cetera, vous n'avez pas commis ce genre de crimes ! » (M. Nicolas Guillou).
- Le national comme piège, l'Europe comme réponse (M. Thierry Breton, Mme Christel Heydemann) : face à Thierry Breton comme à la directrice générale d'Orange, il défend une souveraineté par la puissance et les champions industriels européens, en pointant que légiférer au seul niveau national fragmente l'Europe : « le fait d'agir en Français et non en Européens n'est-il pas le moyen le plus sûr de rester dépendants en matière numérique […] ? » (M. Thierry Breton). Il questionne aussi le réalisme du Chips Act face à TSMC (M. Thierry Breton), les câbles sous-marins et l'alignement des exigences (accès au capital, droit d'audit) sur les standards américains de fermeté (Mme Christel Heydemann), et la résilience physique des data centers face aux frappes militaires — sans que la redondance internationale ne recrée de dépendance extérieure (Mme Christel Heydemann).
Angle dominant : Bothorel aborde la dépendance moins sous l'angle capitalistique que sous celui de la responsabilité, de la régulation et de la puissance publique européenne ; ses questions, souvent « amies » et alignées avec les audités europhiles, servent à faire valider par eux sa propre grille (anti-fragmentation nationale, soutien aux champions, alternatives concrètes).
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%89ric_Bothorel
- https://ericbothorel.fr/biographie-eric-bothorel/
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA642695
- https://www.nosdeputes.fr/eric-bothorel
- https://cybercercle.com/bios/eric-bothorel/