La part du citoyen

Carte politique

Rassemblement National

Fiche établie à partir des seules questions du groupe versées au dossier : 4 interventions, 3 députés (Émeric Salmon, Stéphane Rambaud, Sophie-Laurence Roy). Corpus mince — les traits ci-dessous sont solides mais la couverture thématique reste partielle (rien, par exemple, sur Bleu/S3NS nommément, ni sur l'IA générative). À lire comme des tendances, pas comme une doctrine complète.

1. Ligne du groupe

Souveraineté par l'industrie ET par la commande publique, adossée à une préférence nationale explicite. C'est le fil le plus net. Sophie-Laurence Roy (Mme Anne Le Hénanff) approuve « sur le principe » l'idée que la commande publique remplisse les carnets de commandes, mais la juge insuffisante : elle réclame que l'on « choisi[sse] des entreprises de notre pays » et pas seulement qu'on « soutienne leur activité ». Elle va plus loin que le cadre européen habituel — elle veut du « franco-français », « exclusivement français », et pointe le « code de la commande publique » et « l'absence de préférence » comme l'obstacle à lever.

Défiance envers l'échelon « européen » jugé trompeur. Toujours Roy (Mme Anne Le Hénanff) : rappeler que « l'Irlande est un pays européen » mais « héberge beaucoup de filiales de sociétés de droit américain » revient à dénoncer le label européen comme un faux-nez de la souveraineté — une logique très proche du procès en « washing », mais transposée du cloud vers le drapeau : être européen ne protège pas des lois extraterritoriales. La conclusion est maximaliste : « la souveraineté et la sécurité françaises dépendent exclusivement de notre capacité à nous appuyer sur des entreprises françaises et des produits français. » On est loin du pragmatisme « choisir ses dépendances » : ici la seule dépendance acceptable est nulle.

Régulation des plateformes acceptée, surtout au nom de la protection des mineurs. Stéphane Rambaud (Mme Maya Noël) demande à France Digitale sa position sur « une régulation plus stricte des plateformes pour protéger les mineurs », des « limites d'âge » et des « garde-fous plus sévères », en liant dépendance numérique, « algorithmes addictifs », « captation d'attention » et « cohésion sociale ». Le RN n'est donc pas sur une ligne dérégulatrice de principe.

Nuance — la vie privée n'est pas un axe fort. Émeric Salmon (des associations sur le thème de la protection des données personnelle) relativise au contraire la critique du ciblage publicitaire : il compare la publicité ciblée par les données à celle que France Télévisions adapte déjà entre « Télématin » et Roland-Garros, et dit avoir « du mal à concevoir la distinction entre bon et mauvais ciblage ». C'est une posture plutôt défensive du modèle économique de la donnée — en tension avec la ligne régulatrice de Rambaud.

Qui est tenu pour responsable. Deux blocs. À l'extérieur : les États-Unis et la Chine (lois extraterritoriales, espionnage — Roy insistant que les lois chinoises sont « encore plus rigoureuses, plus anciennes et plus détaillées », les 40 % de caméras chinoises, la menace quantique sur le chiffrement, Mme Anne Le Hénanff ; « La Chine n'applique pas le droit français », Mme Anne Le Hénanff). À l'intérieur : le cadre normatif lui-même — le code de la commande publique et l'absence de préférence nationale.

2. Stratégie de questionnement

Trois postures distinctes, peu de véritable recherche d'information :

Pattern récurrent : préférence nationale posée en évidence, menace étrangère doublée (US + Chine, la Chine plus explicitement pointée qu'ailleurs), et question rhétorique servant l'affirmation.

3. Députés clés