La part du citoyen

Compétences, internalisation & ESN/conseil

Accompagnement du changement et acculturation

Sur ce sujet, le corpus (7 citations, 3 auditions) déplace la question de la souveraineté numérique du terrain technique vers celui de la culture, des compétences et de l'accompagnement humain. Un constat traverse les interventions : l'offre souveraine ou libre existe, et le principal obstacle est désormais d'ordre organisationnel et mental. Mais les intervenants divergent nettement sur la localisation de ce frein.

Une première ligne pointe la culture des acheteurs publics. Selon Antoine Duboscq (Wimi / collectif #Fab8, M. Antoine Duboscq), « le dernier obstacle à franchir pour la France est culturel : c'est la capacité des grands acteurs à travailler avec les petits ». Il vise nommément un propos entendu en commission : « lorsque l'on entend un haut fonctionnaire déclarer ne pas vouloir discuter avec des sociétés de moins de 2 000 personnes, on voit que ce frein est avant tout dans les esprits ». Alain Garnier (Jamespot / #Fab8, M. Antoine Duboscq) prolonge ce diagnostic en déplaçant la responsabilité vers l'acheteur plutôt que l'industrie : « le problème n'est pas celui de l'offre, qui existe [...], mais celui des achats de l'État, qui se montre particulièrement frileux ».

Une deuxième ligne, portée par le monde du logiciel libre, situe la résistance dans les services informatiques eux-mêmes. Selon Nicolas Vivant (France numérique libre / Échirolles, Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre), la migration vers le libre est possible et « de plus en plus facile » ; il renverse le présupposé dominant selon lequel les usagers freineraient : « la résistance [...] provient davantage du service informatique que des utilisateurs », les compétences internes étant à renouveler. Il cite des exemples concrets d'organisations ayant franchi le pas (gendarmerie, DGFIP, Échirolles) et affirme n'avoir « plus aucune dépendance envers les grands acteurs de la tech comme Microsoft, Google, Amazon ou Oracle ». Il réfute enfin l'argument de l'échelle : « la taille ne compte pas ».

Une troisième perspective introduit une nuance importante : le coût humain du changement. La table ronde de l'audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche souligne que, sur les applications vitales, les risques psychosociaux doivent être mesurés et que la réussite tient d'abord à l'accompagnement interne par des experts métier plutôt qu'à un cabinet extérieur. Damien Rousset (Inserm, des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) documente un cas concret : « nous avons constaté une augmentation des risques psychosociaux, qui a conduit à une alerte au niveau de notre formation spécialisée en santé et sécurité au travail. Nous avons dû mandater une expertise externe pour mesurer l'impact de ce déploiement ». Ce témoignage tempère l'optimisme sur la facilité de la migration : un passage à une solution souveraine mal calibré peut déclencher une alerte santé-sécurité au travail.

Le corpus ne tranche donc pas sur un frein unique : culture des acheteurs, compétences des DSI, ou coût humain pour les agents sont présentés comme trois obstacles distincts et complémentaires.

Qui en parle

Interventions regroupées (7 citations · 3 auditions)

Domaine : Compétences, internalisation & ESN/conseil · Sujet : accompagnement-changement

Couverture : 7 citations · 3 positions · 3 auditions

_Slugs bruts fusionnés : accompagnement-changement-rps, accompagnement-changement-dsi, hybridation-competences, pme-grands-comptes-culture_

Positions exprimées

  • MM. Antoine Duboscq (M. Antoine Duboscq) : Le dernier obstacle est culturel : l'incapacité des grands acteurs et de l'État à confier des marchés aux PME ; l'exigence de ne travailler qu'avec des sociétés de plus de 2 000 salariés est un frein « dans les esprits » qui exclut les acteurs nationaux. _(tranchant 4)_
  • (table ronde) (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) : Sur les applications vitales, le coût humain d'un changement d'outil (risques psychosociaux) doit être mesuré ; la réussite tient d'abord à l'accompagnement interne par des experts métier plutôt qu'à un cabinet extérieur. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre) : La migration vers le libre est possible et de plus en plus facile ; la résistance vient des services informatiques (compétences à renouveler), pas des usagers — ceux qui l'ont fait (gendarmerie, DGFIP, Échirolles) le prouvent. _(tranchant 3)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Nous avons constaté une augmentation des risques psychosociaux, qui a conduit à une alerte au niveau de notre formation spécialisée en santé et sécurité au travail. Nous avons dû mandater une expertise externe pour mesurer l’impact de ce déploiement »

Damien Rousset — Inserm (audite, audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, 2026-04-01)

_Révèle un coût humain rarement documenté de la souveraineté : le passage à une solution souveraine (SAP/ESR) mal calibrée a provoqué une alerte santé-sécurité au travail et une expertise externe._

« Le problème n'est pas celui de l'offre, qui existe, et nous en sommes la preuve, mais celui des achats de l'État, qui se montre particulièrement frileux. »

Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Thèse centrale du collectif : le blocage n'est pas industriel mais du côté de l'acheteur public._

« Le dernier obstacle à franchir pour la France est culturel : c'est la capacité des grands acteurs à travailler avec les petits. »

Antoine Duboscq — Wimi / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Diagnostic : l'obstacle n'est plus l'offre ni la prise de conscience mais la culture des acheteurs._

« Lorsque l'on entend un haut fonctionnaire déclarer ne pas vouloir discuter avec des sociétés de moins de 2 000 personnes, on voit que ce frein est avant tout dans les esprits. »

Antoine Duboscq — Wimi / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Vise nommément un propos tenu par un DSI de l'État devant la commission, érige le frein en obstacle mental._

« nous n'avons plus aucune dépendance envers les grands acteurs de la tech comme Microsoft, Google, Amazon ou Oracle »

Nicolas Vivant — France numérique libre / Échirolles (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Preuve empirique qu'une collectivité peut éliminer toute dépendance aux GAFAM sur la durée d'un mandat._

« La résistance, et je ne l'ai pas observée uniquement dans ma commune car nous échangeons beaucoup entre communes, provient davantage du service informatique que des utilisateurs. »

Nicolas Vivant — France numérique libre / Échirolles (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Renverse le présupposé, dominant dans les auditions, selon lequel les usagers seraient le principal frein au libre._

« Je voudrais faire une déclaration officielle : la taille ne compte pas. »

Nicolas Vivant — France numérique libre / Échirolles (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Réfute frontalement l'argument de l'échelle (trop petit ou trop gros pour le libre) opposé dans les auditions._