La part du citoyenNumérique / IA

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Priorité au libre, R&D et compétences par l'achat

Sur ce sujet, le corpus fait apparaître un constat partagé : la commande publique est un levier stratégique sous-exploité pour bâtir la souveraineté numérique. Un point notable, souligné par la Cour des comptes, désamorce d'emblée l'objection budgétaire : selon Emmanuel Marcovitch (M. Emmanuel Marcovitch), « aller plus loin ne nécessiterait probablement pas d'investissements lourds au regard des budgets numériques de l'État et de ce qui a été investi jusqu'ici dans les enjeux de souveraineté » — la progression relèverait donc surtout de la volonté et de la gouvernance. Marcovitch tempère toutefois : il n'y a « pas un modèle unique » entre faire soi-même, faire faire et acheter, et une internalisation complète des compétences n'est pas réaliste financièrement ; il plaide pour une doctrine générale de traitement de la souveraineté plutôt que pour une règle uniforme.

Un clivage structure les positions sur l'orientation à donner à cette commande.

D'un côté, un pôle « logiciel libre et communs ». Lors de la table ronde (Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre), April et Framasoft demandent d'inscrire dans la loi un principe normatif et contraignant de priorité au libre, faisant de la solution propriétaire l'exception à justifier. Étienne Gonnu (April, Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre) propose de « systématiser le recours au logiciel libre en faisant de l'utilisation des solutions propriétaires une exception », reprenant une formule du rapport 2021 du président Latombe. Pierre-Yves Gosset (Framasoft, Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre) résume la logique par deux slogans : « l'argent public doit produire du code public » et « l'argent public ne doit payer qu'une seule fois », argument de mutualisation contre le fait qu'un même logiciel soit payé par des milliers de communes.

Dans une veine proche, un pôle « communs et ouverture des données » porté par le CIS/CNRS. Mélanie Dulong de Rosnay (Mme Mélanie Dulong de Rosnay) veut faire de la commande publique un moteur d'émergence des communs et imposer des clauses d'ouverture des données collectées par des acteurs privés ; elle cite « LaSuite » et Open Food Maps de la Dinum comme preuves que l'État produit déjà du libre souverain. Ramya Chandrasekhar (CIS/CNRS, Mme Mélanie Dulong de Rosnay) juge que « la passation de marchés publics a un rôle crucial à jouer dans l'émergence d'une demande de biens communs et de logiciels libres » et donne l'exemple concret de Barcelone, dont le contrat wifi avec Vodafone impose que toutes les données générées soient reversées à la municipalité comme données publiques.

De l'autre côté, une logique industrielle et R&D. Arthur Mensch (Mistral AI, M. Arthur Mensch) déplace la priorité : la commande publique doit se concentrer sur « l'IA à forte valeur ajoutée » et être recyclée en R&D sur le territoire, à l'image des États-Unis depuis les années 1940. Sa recommandation-clé : « faire en sorte que la demande publique ruisselle sur toute la chaîne de valeur, en partant de l'endroit où nous sommes forts (…) c'est-à-dire l'intelligence artificielle » — soit financer le haut de chaîne à forte marge plutôt que les services situés en aval.

Qui en parle

générale de souveraineté ; la progression est une question de volonté, pas de budget.

priorité normative et contraignante au libre ; « l'argent public doit produire du code public ».

Mme Mélanie Dulong de Rosnay)** — commande publique motrice des communs et clauses d'ouverture des données (exemple de Barcelone ; LaSuite/Open Food Maps de la Dinum).

  • Arthur Mensch (Mistral AI, M. Arthur Mensch) — concentrer la commande publique sur l'IA à

forte valeur ajoutée, recyclée en R&D, modèle américain.

Interventions regroupées (8 citations · 4 auditions)

Domaine : Commande publique · Sujet : commande-publique-libre-rd

Couverture : 8 citations · 4 positions · 4 auditions

_Slugs bruts fusionnés : commande-publique-open-source, commande-publique-priorite-libre, commande-publique-rd, commande-publique-competences_

Positions exprimées

  • (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre) : Inscrire dans la loi un principe normatif et contraignant de priorité au logiciel libre (avec décret en Conseil d'État), faire de la solution propriétaire l'exception à justifier, et rendre les référentiels (interopérabilité, sécurité, accessibilité, sobriété) opposables — le droit le permet déjà, il manque la contrainte. _(tranchant 4)_
  • M. Arthur Mensch (M. Arthur Mensch) : La commande publique doit être concentrée sur l'IA à forte valeur ajoutée et recyclée en R&D sur le territoire, comme le font les États-Unis depuis les années 1940. _(tranchant 4)_
  • Mme Mélanie Dulong de Rosnay (Mme Mélanie Dulong de Rosnay) : La commande publique doit jouer un rôle moteur pour faire émerger une demande de communs et de logiciels libres et imposer des clauses d'ouverture des données collectées par des acteurs privés. _(tranchant 3)_
  • MM. Emmanuel Marcovitch (M. Emmanuel Marcovitch) : Il n'y a pas un modèle unique entre faire soi-même, faire faire et acheter ; l'État doit établir une doctrine générale de traitement de la souveraineté, sachant qu'une internalisation complète des compétences n'est pas réaliste financièrement. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Aller plus loin ne nécessiterait probablement pas d'investissements lourds au regard des budgets numériques de l'État et de ce qui a été investi jusqu'ici dans les enjeux de souveraineté. »

Emmanuel Marcovitch — Cour des comptes (audite, audition de M. Emmanuel Marcovitch, 2026-03-17)

_Désamorce l'argument budgétaire : selon la Cour, progresser sur la souveraineté relève surtout de la volonté et de la gouvernance, pas de moyens financiers massifs._

« La passation de marchés publics a un rôle crucial à jouer dans l’émergence d’une demande de biens communs et de logiciels libres. »

Mme Ramya Chandrasekhar — CIS / CNRS (audite, audition de Mme Mélanie Dulong de Rosnay, 2026-03-31)

_Désigne la commande publique comme levier stratégique pour structurer une offre souveraine de communs et de logiciels libres._

« La municipalité de Barcelone a passé un contrat avec Vodafone pour le wifi public comportant une clause relative à la souveraineté des données, en vertu de laquelle toutes les données générées par Vodafone doivent être communiquées à la municipalité en vue de leur publication en tant que données publiques. »

Mme Ramya Chandrasekhar — CIS / CNRS (audite, audition de Mme Mélanie Dulong de Rosnay, 2026-03-31)

_Exemple concret et transposable d'une clause de souveraineté des données dans un marché public local._

« La Dinum (direction interministérielle du numérique) a ainsi mis au point Open Food Maps et développé des logiciels libres regroupés sous l’intitulé « LaSuite ». »

Mme Mélanie Dulong de Rosnay — CIS / CNRS (audite, audition de Mme Mélanie Dulong de Rosnay, 2026-03-31)

_Illustre que l'État français produit déjà des logiciels libres souverains, base sur laquelle capitaliser._

« systématiser le recours au logiciel libre en faisant de l'utilisation des solutions propriétaires une exception »

Étienne Gonnu — April (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Reprend une formule du rapport 2021 du président Latombe pour ancrer la demande de priorité normative au libre dans un précédent parlementaire favorable._

« l'argent public doit produire du code public »

Pierre-Yves Gosset — Framasoft (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Principe fondateur et slogan mobilisateur pour orienter la dépense publique numérique vers les communs._

« l'argent public ne doit payer qu'une seule fois »

Pierre-Yves Gosset — Framasoft (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)

_Argument de mutualisation contre le gaspillage : un même logiciel payé des milliers de fois par des milliers de communes._

« Il faut donc faire en sorte que la demande publique ruisselle sur toute la chaîne de valeur, en partant de l’endroit où nous sommes forts, où nous avons de la valeur ajoutée, c’est-à-dire l’intelligence artificielle. »

M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)

_Formule la recommandation-clé de politique publique : concentrer la commande publique sur l'IA à forte marge, pas subventionner les services bas de chaîne._