La part du citoyen

Paiements & souveraineté monétaire

Euro numérique et crypto-actifs

Le corpus aborde ce sujet à travers deux auditions (M. Nicolas Guillou et Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement) et trois interventions, ce qui reste une couverture limitée. Les intervenants partagent un cadrage commun : la souveraineté monétaire européenne est un enjeu de puissance, et l'euro numérique, comme les crypto-actifs, doit s'y évaluer. Au-delà de ce socle, les positions divergent nettement sur le diagnostic à porter sur le projet d'euro numérique tel qu'il est aujourd'hui rédigé.

Une première ligne, offensive, est portée par M. Nicolas Guillou (M. Nicolas Guillou, Cour pénale internationale), qui plaide pour accélérer l'euro numérique, favoriser l'émergence de champions européens et lutter contre l'« overcompliance » — des combats qu'il rattache à ceux menés de longue date par Aurore Lalucq. Sa conclusion est programmatique : la reconquête de souveraineté passe par la technologie et l'économie, mais aussi et surtout par le droit. « Nous découvrons que nous avons perdu notre liberté dans de nombreux pans de la vie quotidienne. Il est indispensable de la retrouver. Nous y parviendrons grâce à la technologie, à notre puissance économique, mais aussi, dans une large mesure, grâce au droit » (M. Nicolas Guillou). C'est un appel direct au législateur.

Une seconde ligne, plus critique du texte en l'état, s'exprime lors de la table ronde de la Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement. Selon Maya Atig (Fédération bancaire française, Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement), le projet d'euro numérique, « présenté comme visant à renforcer la souveraineté et la place internationale de l'euro, contient toutes sortes de clauses qui risquent en réalité, si le Parlement ne les modifie pas, de faciliter l'entrée des grandes entreprises technologiques extra-européennes dans les paiements en Europe ». L'alerte est contre-intuitive : le projet-phare de souveraineté pourrait, mal calibré, servir de cheval de Troie aux Big Tech. La fiche note ici un clivage institutionnel — la FBF alerte quand la Commission « n'y voit pas de problème ».

Sur les crypto-actifs et la blockchain, la Banque de France adopte une position prudente. Selon Érick Lacourrège (Banque de France, Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement), « à ce stade, les technologies blockchain représentent davantage un risque, dans certains domaines, dont les paiements interbancaires, qu'une opportunité en matière de souveraineté ». Les motifs avancés sont la désintermédiation interbancaire et une offre largement adossée au dollar sur des infrastructures non européennes. La réponse esquissée n'est pas un rejet mais une reprise en main : un compartiment blockchain adossé au système Target et des stablecoins en euros maîtrisés par des acteurs souverains.

Au total, le corpus fait converger les intervenants sur la nécessité d'une réponse européenne, mais oppose une posture d'accélération (Guillou) à une posture de vigilance sur la rédaction du projet et sur les crypto-actifs (FBF, Banque de France). Aucune donnée chiffrée n'est fournie sur ce sujet dans la fiche.

Qui en parle

Interventions regroupées (3 citations · 2 auditions)

Domaine : Paiements & souveraineté monétaire · Sujet : euro-numerique

Couverture : 3 citations · 3 positions · 2 auditions

_Slugs bruts fusionnés : souverainete-monetaire-euro-numerique, euro-numerique, crypto-actifs-stablecoins_

Positions exprimées

  • (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement) : L'euro numérique, tel que rédigé, risque paradoxalement de faciliter l'entrée des Big Tech extra-européennes dans les paiements si le Parlement ne corrige pas ses clauses ; la FBF alerte alors que la Commission n'y voit pas de problème. _(tranchant 4)_
  • M. Nicolas Guillou (M. Nicolas Guillou) : Il faut accélérer l'euro numérique, l'émergence de champions européens et la lutte contre l'overcompliance, combats portés de longue date par Aurore Lalucq. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement) : Les crypto-actifs et la blockchain sont aujourd'hui davantage un risque (désintermédiation interbancaire, offre adossée au dollar sur infrastructures non européennes) qu'une opportunité de souveraineté ; la réponse est un compartiment blockchain à Target et des stablecoins en euros maîtrisés par des acteurs souverains. _(tranchant 3)_

Citations (verbatim, sourcées)

« nous découvrons que nous avons perdu notre liberté dans de nombreux pans de la vie quotidienne. Il est indispensable de la retrouver. Nous y parviendrons grâce à la technologie, à notre puissance économique, mais aussi, dans une large mesure, grâce au droit. »

M. Nicolas Guillou — Cour pénale internationale (audite, audition de M. Nicolas Guillou, 2026-04-08)

_Conclusion programmatique : la reconquête de souveraineté passe par la technologie, l'économie et surtout le droit, appel direct au législateur._

« Néanmoins, le projet de l’euro numérique, présenté comme visant à renforcer la souveraineté et la place internationale de l’euro, contient toutes sortes de clauses qui risquent en réalité, si le Parlement ne les modifie pas, de faciliter l’entrée des grandes entreprises technologiques extra-européennes dans les paiements en Europe. »

Maya Atig — Fédération bancaire française (FBF) (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)

_Alerte contre-intuitive : le projet-phare de souveraineté (euro numérique) pourrait, tel que rédigé, servir de cheval de Troie aux Big Tech._

« À ce stade, les technologies blockchain représentent davantage un risque, dans certains domaines, dont les paiements interbancaires, qu’une opportunité en matière de souveraineté. »

Érick Lacourrège — Banque de France (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)

_Position prudente de la Banque de France : la blockchain menace la souveraineté interbancaire (désintermédiation, adossement au dollar) plus qu'elle ne l'aide._