Interconnexions et réseau européen
Le corpus aborde les interconnexions électriques sous l'angle d'une tension fondatrice : la souveraineté énergétique française peut-elle se penser à l'échelle nationale, ou est-elle indissociable du réseau européen ? Trois auditions alimentent ce débat (six citations, deux positions explicites).
Un premier constat domine chez les intervenants techniques : le réseau français n'est pas isolé et le maillage continental est très dense. Selon M. François Brottes (M. François Brottes), « il n'existe pas de réseau français isolé » et la souveraineté électrique doit se penser à l'échelle européenne, où interconnexions et solidarité constituent la règle. Il pousse ce raisonnement jusqu'à contester le présupposé même de la commission, demandant d'emblée « de quelle souveraineté et de quelle indépendance il est question », et résume sa thèse par une formule marquante : « de Lisbonne à Kiev, si nous ne partageons pas la même monnaie, nous partageons la même fréquence. » Il défend par ailleurs la robustesse des modèles prévisionnels européens, dont le seul facteur imprévu aurait été « la corrosion sous contrainte ».
M. Dominique Ristori (M. Dominique Ristori) prolonge cette ligne en présentant les interconnexions comme un atout de sécurité. Pour lui, « le maillage est tellement profond que s'isoler de nos partenaires européens entraînerait des conséquences extrêmement négatives », et il souligne qu'« il n'y a jamais eu un incident capable d'aboutir à un black-out qui aurait découlé d'une interconnexion » — les interconnexions seraient donc un facteur de sécurité, non de fragilité. M. Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) partage ce constat : les interconnexions physiques sont selon lui « un atout majeur à préserver et renforcer », leurs avantages (sécurité mutuelle, gain économique) dépassant largement les inconvénients.
Le principal clivage oppose cette ligne pro-intégration à une contestation portée côté commission. La fiche indique que l'argument de Ristori sur le maillage profond est « frontalement contesté par le rapporteur comme une réponse de principe insuffisante ». M. Jean-Philippe Tanguy (RN, M. Dominique Ristori) conteste pour sa part la rationalité économique de la logique d'interconnexion en avançant un chiffre clé : « les importations de l'année 2022 ont coûté 7 milliards d'euros. Par conséquent, où est la rationalité économique ? » Son intervention vise à valoriser la construction de moyens de production nationaux plutôt que l'importation.
En synthèse, le corpus fait apparaître un accord des intervenants auditionnés (Brottes, Ristori, Maillard) sur la profondeur du maillage et les bénéfices des interconnexions, face à une mise en cause venue de la commission — sur le plan du principe (le rapporteur) comme sur le plan économique (Tanguy, qui chiffre les importations 2022 à 7 milliards d'euros).
Qui en parle
- M. François Brottes (M. François Brottes) : recadre la souveraineté à l'échelle européenne ; « pas de réseau français isolé », même fréquence « de Lisbonne à Kiev ».
- M. Dominique Ristori (M. Dominique Ristori) : interconnexions = facteur de sécurité ; jamais de black-out causé par une interconnexion ; s'isoler aurait des « conséquences extrêmement négatives ».
- M. Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) : interconnexions physiques, atout majeur à préserver et renforcer.
- M. Jean-Philippe Tanguy (RN, M. Dominique Ristori) : conteste la rationalité économique des importations (7 Md€ en 2022), plaide pour la production nationale.
- Le rapporteur (M. Dominique Ristori) : juge l'argument du maillage profond comme une réponse de principe insuffisante.