Renouvelables thermiques, chaleur et biomasse
Sur ce sujet, le corpus reste fragmentaire (deux citations verbatim, une position, trois auditions), mais il dessine deux lignes de fond : la place des renouvelables thermiques dans le chauffage face au tout-électrique, et la contestation de la neutralité environnementale de certaines filières biomasse.
Le chauffage et le coût de l'électricité. Mme Marjolaine Meynier-Millefert (députée RE, M. Xavier Piechaczyk) conteste le recours au tout-électrique pour le chauffage et affirme que « l'électricité est donc l'énergie la plus coûteuse pour assurer le chauffage des Français ». Elle plaide pour les renouvelables thermiques et pour la sobriété du bâtiment, posant ainsi le chauffage comme un poste où d'autres vecteurs que l'électricité mériteraient d'être privilégiés.
La géothermie comme levier sous-exploité. Lors d'une table ronde (M. Pierre-Franck Chevet e.a.), un intervenant présente la géothermie — en particulier la géothermie de proche surface, jugée « déployable sur 90 % du territoire » — comme un levier sous-exploité pour décarboner rapidement le chauffage et réduire la dépendance au gaz. Cette position est toutefois conditionnée : elle suppose de faire émerger une filière de foreurs, identifiée comme un verrou pour passer à l'échelle. C'est le point le plus opérationnel et le plus chiffré du sujet dans le corpus (90 % du territoire).
Le clivage sur le biogaz et la biomasse. Le principal désaccord porte sur la biomasse agricole. Le président Raphaël Schellenberger (M. Yves Marignac) conteste la neutralité agronomique du biogaz tel que défendu dans le scénario négaWatt. Mobilisant Lavoisier (« rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »), il soutient qu'« à surface agricole constante, utiliser le biogaz revient à appauvrir les co-produits agricoles avant qu'ils retournent au sol » et qualifie cette logique d'« intensification » : « on sort davantage du même mètre carré de terres arables. » L'argument vise donc une externalité — l'appauvrissement des sols — que la promotion du biogaz tendrait, selon lui, à occulter.
Lecture d'ensemble. Le corpus ne fait pas apparaître de constat pleinement partagé, mais deux voix (Meynier-Millefert, table ronde M. Pierre-Franck Chevet e.a.) convergent pour valoriser des vecteurs thermiques renouvelables (chaleur, géothermie) en alternative ou en complément à l'électricité pour le chauffage et la réduction de la dépendance au gaz. À l'inverse, l'intervention du président Schellenberger introduit une réserve critique sur une filière biomasse précise (le biogaz), au nom de ses effets agronomiques. Les autres briques annoncées par le périmètre du sujet (filière bois-forêt, chaleur fatale et réseaux, chaleur renouvelable du bâtiment) ne sont pas documentées par des verbatims dans la fiche.
Qui en parle
- Mme Marjolaine Meynier-Millefert (députée RE, M. Xavier Piechaczyk) — critique du tout-électrique pour le chauffage ; plaide pour les renouvelables thermiques et la sobriété du bâtiment.
- Table ronde (M. Pierre-Franck Chevet e.a.) — promeut la géothermie de proche surface (90 % du territoire) comme levier sous-exploité, sous condition de structurer une filière de foreurs.
- M. Raphaël Schellenberger (président de la commission, M. Yves Marignac) — conteste la neutralité agronomique du biogaz négaWatt et y voit une intensification appauvrissant les sols.