Thierry Perez
Role dans la commission : Depute membre — groupe RN
Biographie
Thierry Perez est né le 19 novembre 1966 à Paris. Il est député de la 10e circonscription de l'Isère (Nord-Isère, secteur de La Tour-du-Pin) depuis le 8 juillet 2024, et siège au groupe Rassemblement national. Sa profession déclarée auprès de l'Assemblée nationale est cadre de la fonction publique.
Selon le portrait que lui a consacré France 3 Auvergne-Rhône-Alpes au moment de son élection, il a travaillé en agence de publicité jusqu'en 2010, a été conseiller municipal de Versailles, a adhéré au Front national en 2011 avant de s'y engager comme militant à partir de 2012, et occupait, avant son élection, les fonctions de délégué départemental du RN en Isère et de secrétaire général du groupe RN au conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. Il s'était présenté aux élections législatives de 2022 dans la 2e circonscription de la Haute-Loire, où il avait recueilli 5 618 voix et terminé troisième, sans accéder au second tour.
Aux élections législatives anticipées de 2024, il est élu au second tour, le 7 juillet, avec 55,40 % des suffrages (33 413 voix) face à Joëlle Richol (Nouveau Front populaire), succédant à la députée sortante Marjolaine Meynier-Millefert. Il s'agit de son premier mandat parlementaire.
À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation. Il est également membre du groupe de travail chargé du suivi de la préparation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver 2030, co-président du groupe d'études Tourisme et patrimoine, et membre des groupes d'études Réseaux sociaux et Condition et bien-être des animaux, ainsi que des groupes d'amitié France-Caraïbes, France-Chine et France-Espagne. Il a été membre de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs (présidée par Arthur Delaporte, rapporteure Laure Miller).
Dans la commission
Thierry Perez est intervenu 17 fois au cours de 11 auditions (M. Yannick Carriou, cr04a, cr04b, cr04c, cr07a, cr08b, cr09a, Mme Alixe Rivière e.a., cr12a, cr14a, cr18a). Il n'a pas été auditionné : toutes ses prises de parole sont des questions posées aux personnes entendues.
Un fil directeur : l'interdiction plutôt que la régulation. Ses questions reviennent avec constance à une même hypothèse, qu'il soumet aux auditionnés pour la faire valider ou objecter. Devant Rayna Stamboliyska, il pose d'emblée son cadre — « Selon moi, TikTok est une catastrophe sociétale et psychologique » — avant de demander : « Une solution technique, s'appuyant peut-être sur l'intelligence artificielle (IA), pourrait-elle au moins protéger les enfants de moins de 13 ans et les empêcher d'accéder à cette plateforme ? » (cr04a). Devant Bruno Patino, il élargit à l'objet lui-même : « Ne faudrait-il pas tout simplement interdire les smartphones aux moins de 15 ans ? » (cr04c). Devant Jean-Marie Cavada, il pose la question sous sa forme la plus large : « Ne serait-il pas temps d'envisager une interdiction pure et simple des réseaux sociaux pour les mineurs ? », mesure qui « s'appliquerait non seulement à TikTok, mais également à Snapchat et à l'ensemble des plateformes similaires » (cr07a).
Le recours systématique à l'analogie avec les interdits protecteurs existants. Pour rendre l'interdiction évidente, il mobilise des comparaisons : l'enfant de 10 ans « assis à la terrasse d'un café en train de fumer une cigarette et de boire une vodka » (cr04c), l'enfant de huit ans au volant d'une voiture, sur le modèle de la sécurité routière (cr07a), l'alcool fort et la pornographie (Mme Alixe Rivière e.a.). Devant la table ronde de la réunion 10, il déplace l'argument du terrain de l'applicabilité vers celui de la norme sociale, pour répondre à l'objection du contournement : « L'interdiction ne pourrait-elle pas aboutir à une réprobation sociale similaire concernant l'utilisation de plateformes comme TikTok par les jeunes enfants ? » (Mme Alixe Rivière e.a.). Devant Marie-Christine Cazaux, il demande, cette fois sur le plan opérationnel : « Dans l'hypothèse d'une interdiction, quelles mesures concrètes envisagez-vous pour assurer son efficacité ? », après avoir posé que l'interdiction « semble dès lors représenter la solution la plus efficace » (cr09a).
Un scepticisme affiché sur le levier algorithmique et sur la modération. Il estime que « Notre marge de manœuvre pour influencer de manière significative les algorithmes de ces plateformes, à commencer par TikTok, me paraît particulièrement restreinte » (cr07a) et, à propos de contenus dangereux mais non illégaux, que « nous ne pourrons jamais exercer un contrôle réellement efficace sur ces contenus, si ce n'est en interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux mineurs » (cr07a). Devant la table ronde de la réunion 12, il interroge frontalement l'utilité de l'action publique : « ne courons-nous pas le risque de nous engager dans une démarche dont l'efficacité resterait dérisoire ? N'existe-t-il pas un risque que tout ce que nous parvenons à supprimer soit immédiatement remplacé, en raison de la nature même de ces plateformes et du besoin viscéral d'audience de certains utilisateurs ? » (cr12a) — tout en qualifiant les témoignages entendus de « véritablement glaçants ».
Une insistance sur l'exposition très précoce et ses effets à long terme. Il met régulièrement en avant les utilisateurs les plus jeunes : « des enfants de 8, 9 ou 10 ans en sont déjà des utilisateurs très actifs » (cr04a) ; « Des millions de jeunes de 9, 10 ou 12 ans ont une addiction à TikTok », dont il demande à Océane Herrero les conséquences « sur le développement de leur cerveau et leurs comportements quand ils seront devenus adultes », précisant que sa « propre vision est assez noire » (cr04b) — l'auditionnée décline en indiquant ne pas être psychologue. Devant Arthur Melon, il demande si « la santé mentale des plus jeunes tend à se dégrader au fil des années en raison de cette dépendance aux réseaux sociaux » (cr14a).
Une demande récurrente d'objectivation chiffrée. Lors de la toute première audition retenue dans le corpus, celle de Yannick Carriou (Médiamétrie), il demande les écarts-types des jeux de données et si « certains jeunes sont susceptibles d'y passer six à huit heures par jour » ; il relève que « La loi interdit désormais les téléphones dans les écoles. Au vu de la courbe de consommation au cours de la journée que vous avez présentée, il semblerait qu'elle ne soit pas respectée » ; enfin il demande s'il serait possible « de mettre en parallèle les courbes de l'évolution de la santé mentale des jeunes et celles de la consommation des réseaux sociaux » (M. Yannick Carriou) — le président Delaporte écartant ce rôle pour Médiamétrie et le renvoyant aux chercheurs.
Des questions dont les prémisses sont parfois recadrées par les auditionnés. Devant Élie Andraos, il avance que « l'on assiste à une hausse considérable du narcissisme chez les adolescents » et interroge un possible appauvrissement de la langue lié au visionnage passif de vidéos (cr08b) ; les intervenants répondent qu'aucune étude n'établit un surcroît de narcissisme et reformulent le phénomène en termes de validation sociale par les pairs. Devant Jean-Marie Cavada, il demande encore si l'auditionné a « eu l'occasion de rencontrer des personnes défendant l'idée que ces plateformes pouvaient exercer une influence positive sur les mineurs » (cr07a).
Deux angles plus spécifiques. Il interroge Marie-Christine Cazaux sur le rôle et la typologie des comportements parentaux — parents « fiers » ou « désemparés » (cr09a) — puis conclut à l'insuffisance du contrôle parental à l'appui de sa préférence pour l'interdiction ; il l'interroge également sur des mineurs qui « développent des sentiments amoureux ou tombent sous l'emprise totale de personnages entièrement fictifs créés par l'intelligence artificielle » (cr09a). Enfin, devant Bérangère Couillard (Haut Conseil à l'égalité), il exprime sa « gêne » à l'égard d'un cadrage centré sur les contenus sexistes masculinistes : « vous passez sous silence ces nombreuses femmes influenceuses françaises ou étrangères qui ont défrayé la chronique ces dernières années, qui font valoir avant tout l'esthétique, prônent la chirurgie esthétique auprès des plus jeunes et des plus jeunes filles », ajoutant qu'elles lui semblent « tout aussi potentiellement dangereuses » (cr18a).
Sources
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA841199
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA841199/fonctions
- https://www.wikidata.org/wiki/Q127274305
- https://datan.fr/deputes/isere-38/depute_thierry-perez
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/legislatives-2024-ex-publicitaire-patron-du-rn-38-qui-est-thierry-perez-symbole-de-la-montee-de-l-extreme-droite-dans-le-nord-isere-3000971.html