La part du citoyenAudiovisuel public
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Tiphaine de Raguenel

Role dans la commission : Personne auditionnee

Biographie

Tiphaine de Raguenel est une dirigeante de l'audiovisuel public francais, diplomee de l'Institut d'etudes politiques de Paris (Sciences Po). Elle debute sa carriere chez Carat (groupe Aegis Media) comme consultante, ou elle devient directrice adjointe conseillant producteurs audiovisuels et diffuseurs.

En 2006, elle rejoint Lagardere Active comme directrice des etudes du pole jeunesse (chaines TiJi, Canal J, Filles TV, Gulli). En 2008, elle prend la direction des etudes de l'ensemble du pole television, puis la direction du marketing et des nouveaux usages.

Elle entre a France Televisions en aout 2012 comme directrice des activites jeunesse. En octobre 2013, elle devient directrice de la chaine et des programmes de France 4, dont elle prend la direction executive en aout 2015. En janvier 2019, elle est nommee directrice des jeunes publics et de l'animation a la direction des programmes.

Le 1er octobre 2020, sur proposition de Stephane Sitbon-Gomez (directeur des antennes et des programmes) et avec l'aval de la presidente Delphine Ernotte, elle est promue directrice de la strategie editoriale du groupe France Televisions, avec pour mission de placer les publics au coeur de la strategie du groupe. Son intitule evolue ensuite en directrice des publics et de la strategie editoriale, fonction qu'elle occupe lors de son audition (2026). A ce titre, elle a la tutelle de l'offre Slash, la plateforme numerique de France Televisions destinee aux 18-30 ans, qui a ete au centre de son audition.

Dans la commission

Auditionnee a trois reprises (M. Manuel Alduy e.a., Mme Tiphaine de Raguenel, M. Alexandre Dureux), Tiphaine de Raguenel intervient au nom de France Televisions, principalement pour defendre l'offre numerique Slash et la logique du service public face aux critiques sur la neutralite et la deontologie.

Une boussole differente du prive. Elle affirme que la mission premiere du service public est de « rassembler les Francais » et recuse l'audience-rentabilite comme indicateur cardinal : « le ratio cout-audience n'est pas pour nous l'indicateur principal, contrairement a ce qui se passe dans le secteur prive [...] si la rentabilite etait notre seule boussole, nous n'organiserions pas le Telethon » (M. Manuel Alduy e.a.).

Le virage numerique comme enjeu existentiel. Elle justifie Slash par la desertion des jeunes : « chez les 18-30 ans, [la television lineaire] ne represente plus que 18 % de leur consommation video, contre 65 % pour l'ensemble de la population » (Mme Tiphaine de Raguenel). Slash, dit-elle, « n'est pas une declinaison numerique de nos antennes lineaires [mais] un media social a part entiere » (Mme Tiphaine de Raguenel).

Defense deontologique et ligne sur la neutralite. Face aux polemiques (video sur une creatrice OnlyFans, propos d'une prestataire), elle tient une ligne de fermete : Slash « est soumis exactement aux memes regles que l'ensemble des antennes », avec « une obligation d'impartialite et de pluralisme » (Mme Tiphaine de Raguenel). Elle distingue nettement responsabilite editoriale et propos prives — « Vous confondez "donner la parole a quelqu'un" et "employer quelqu'un" » (Mme Tiphaine de Raguenel) — et souligne la reactivite : la video contestee « est restee exactement 42 minutes en ligne » (Mme Tiphaine de Raguenel). Elle s'abrite systematiquement derriere le regulateur : « nous n'avons fait l'objet d'aucune sanction ni d'aucune mise en garde de l'Arcom, ce qui indique que nous n'avons pas outrepasse notre cahier des charges » (Mme Tiphaine de Raguenel).

Sur le pluralisme (M. Alexandre Dureux). Elle refuse de laisser juger France Televisions sur la seule offre Slash : « le pluralisme de France Televisions [...] doit se lire a l'aune de l'ensemble des contenus » (M. Alexandre Dureux). Elle apporte des precisions concretes sur le budget (Slash = 13 millions d'euros, dont ~8 % pour les contenus natifs) et sur la charte ethique, absente du contrat de la prestataire mise en cause.

Sources