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Surgénérateurs, RNR et recherche nucléaire

Ce domaine rassemble les auditions consacrées à la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR), à la quatrième génération nucléaire et à la recherche associée : du surgénérateur Superphénix au démonstrateur abandonné Astrid, jusqu'à la fusion (ITER) et aux réacteurs de recherche. Une ligne de force traverse l'ensemble : la conviction, largement partagée parmi les ingénieurs et anciens dirigeants de la filière, que la France disposait d'une avance scientifique et industrielle sur les RNR et qu'elle l'a laissée se déliter par une série de décisions (arrêt de Superphénix en 1997, abandon d'Astrid en 2018-2019) lues comme un « dépeçage ». Cette avance perdue est rapportée à un enjeu de souveraineté de long terme — fermer le cycle du combustible, valoriser l'uranium appauvri et le plutonium pour gagner « des siècles d'indépendance » (Bréchet, jusqu'à 5 000 à 8 000 ans selon Verwaerde) — et à un décrochage face à la Chine et à la Russie. Face à cette lecture du déclin, une minorité défend la rationalité technico-économique et budgétaire des arrêts. Le clivage récurrent oppose ainsi ceux qui qualifient ces décisions de fautes politiques ou idéologiques à ceux qui les présentent comme des choix industriels ou financiers assumés.

Les cinq sujets se répartissent ainsi :

Les clivages majeurs du domaine se recoupent. Le premier, technique contre politique, structure les sujets Superphénix et Astrid : un camp (Bréchet, Colombani, Verwaerde, Maillard, d'Escatha, et au RN Falcon et Tanguy) lit les arrêts comme des décisions politiques ou idéologiques ayant fragilisé la filière ; l'autre (Jospin, Voynet, Jacq, Borne, de Rugy, Hulot, Pellion) les justifie par la sûreté, les coûts ou la rationalité industrielle. Le deuxième clivage, sur l'horizon temporel, oppose ceux qui raisonnent « à plus d'un siècle » (Cesarsky, Jancovici) et jugent urgent de préserver l'option RNR à ceux qui estiment, comme Jacq, qu'il n'y a aucune urgence tant qu'on dispose de matière nucléaire. Le troisième, transversal et plus net sur ITER, oppose la souveraineté technologique de long terme à la maîtrise budgétaire, Voynet incarnant la critique la plus tranchée de l'escalade des coûts du nucléaire de recherche. Enfin, un clivage de gouvernance affleure (Cesarsky, Schellenberger) sur la concentration des moyens du CEA et la chaîne de responsabilité réelle des décisions.

Sujets couverts

Sujets de ce domaine

Projet Astrid et son abandon

40 citations · 18 auditions

Superphénix et Phénix

23 citations · 7 auditions

Réacteurs à neutrons rapides et 4e génération

16 citations · 7 auditions

Fusion nucléaire et ITER

4 citations · 3 auditions

Réacteurs de recherche et isotopes médicaux

3 citations · 4 auditions