Réacteurs de recherche et isotopes médicaux
Le corpus aborde ce sujet à travers quatre auditions, autour de deux objets principaux : le réacteur de recherche Jules-Horowitz (RJH) et la fermeture du réacteur Osiris, d'une part, et les réacteurs à haute température (à modérateur graphite), d'autre part. Les interventions, peu nombreuses mais convergentes sur le diagnostic, pointent surtout des difficultés de pilotage et des réserves techniques.
Un constat partagé sur les déboires du Jules-Horowitz. Selon M. Yannick d'Escatha (M. Yannick d’Escatha), le réacteur de recherche s'inscrit dans les mêmes difficultés que les autres grands chantiers de la filière : « Ce nouveau réacteur a pâti des mêmes problèmes que ceux de l'EPR de Flamanville : ces difficultés ont donc touché l'ensemble de la filière nucléaire française. » Il généralise ainsi le diagnostic d'une perte de maîtrise des grands chantiers, qui ne serait pas propre à l'EPR. M. Yves Bréchet (M. Yves Bréchet) illustre concrètement les conséquences d'une transition mal pilotée entre l'ancien et le nouvel outil de recherche : « On a donc fermé Osiris, mais on n'a toujours pas Jules Horowitz… Quant au laboratoire chaud qui se trouve sur le plateau de Saclay et qui allait avec le réacteur Osiris, il n'y a plus que du froid dedans. » Il décrit donc une fermeture engagée sans solution de remplacement opérationnelle.
Une réserve technique sur les réacteurs à haute température. M. Patrick Landais (M. Patrick Landais) exprime une alerte d'expert sur la relance des réacteurs à haute température, en l'absence de solution pour les déchets de graphite. Il souligne que « il s'agit de la seule masse de déchet pour laquelle nous ne trouvons pas de solution adaptée et proportionnée à sa dangerosité » et juge que « la relance de ce type de projet sans s'être soucié en amont de la gestion du graphite au démantèlement me gêne ». Sa position (tranchant 3) est que relancer ces réacteurs sans avoir résolu en amont la gestion des déchets de graphite est gênant.
Un clivage sur les priorités de la recherche. Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) ne s'oppose pas, selon le corpus, à la recherche fondamentale ou expérimentale sur le nucléaire, mais estime que l'effort de recherche doit se réorienter en priorité vers le stockage de l'énergie (position tranchant 1). Cette orientation diffère de la perspective des intervenants centrés sur les outils nucléaires (d'Escatha, Bréchet, Landais), qui se concentrent sur les difficultés propres aux réacteurs de recherche eux-mêmes plutôt que sur une réallocation des moyens.
Points saillants. Le corpus ne fournit pas de chiffres clés sur ce sujet. Les éléments les plus marquants sont qualitatifs : le parallèle explicite entre les retards du Jules-Horowitz et ceux de Flamanville, la fermeture d'Osiris sans remplacement effectif (avec le laboratoire chaud de Saclay devenu inactif), et l'absence de solution pour les déchets de graphite des réacteurs à haute température.
Qui en parle
- M. Yannick d'Escatha (M. Yannick d’Escatha) : le Jules-Horowitz illustre une perte de maîtrise touchant toute la filière, comme l'EPR de Flamanville.
- M. Yves Bréchet (M. Yves Bréchet) : fermeture d'Osiris mal pilotée, sans relais opérationnel (Jules-Horowitz absent, laboratoire chaud de Saclay inactif).
- M. Patrick Landais (M. Patrick Landais) : réserve technique majeure contre la relance des réacteurs à haute température faute de solution pour les déchets de graphite.
- Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) : favorable à la recherche, mais l'effort doit se réorienter en priorité vers le stockage de l'énergie.