La part du citoyen

Surgénérateurs, RNR et recherche nucléaire

Projet Astrid et son abandon

Le corpus traite de l'abandon, décidé en 2018-2019, du démonstrateur Astrid, prototype français de réacteur à neutrons rapides (RNR) de quatrième génération destiné à fermer le cycle du combustible. Le sujet est l'un des plus clivants des auditions : 18 intervenants s'expriment, avec des lectures opposées sur la nature de la décision (technique ou politique), sa justification et ses conséquences.

Constats partagés. La plupart des intervenants reconnaissent que le coût et la contrainte budgétaire ont pesé lourd. M. Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) rappelle que « le budget ne prévoyait pas 10 milliards pour construire le réacteur » et évoque le risque de « se payer un EPR de quatrième génération ». M. Knoche (M. Philippe Knoche) relie l'incapacité de financement à l'ARENH bridant EDF, et M. Ribadeau-Dumas (M. Benoît Ribadeau-Dumas) parle d'une « impasse budgétaire » au CEA. Plusieurs reconnaissent aussi l'enjeu de souveraineté lié à l'uranium appauvri : Verwaerde chiffre l'autonomie possible à « plus de 5 000 ans – les calculs disent 8 000 ans », Bréchet (M. Yves Bréchet) évoque « des siècles d'indépendance » en brûlant « nos 300 000 tonnes d'uranium enrichi ».

Clivages. Un premier axe oppose ceux qui jugent l'abandon justifié et ceux qui le jugent fautif. Côté justification : M. Jacq (M. François Jacq) défend « une position technique, raisonnée » et non « l'intériorisation d'une contrainte » ; M. Michel (M. Laurent Michel), M. Pellion (M. Antoine Pellion) (« Astrid seul ne sert à rien »), M. Hulot (M. Nicolas Hulot), Mme Borne (Mme Élisabeth Borne) (face au « dérapage » des coûts, « notre responsabilité [...] n'est pas d'accélérer ») et M. de Rugy (M. François de Rugy) (décision « interministérielle consensuelle ») vont dans le même sens. Côté faute : M. Bréchet (M. Yves Bréchet) parle d'« un modèle de stupidité ou de cynisme » et de « faute historique grave » ; MM. Colombani (M. Pascal Colombani), Verwaerde (M. Daniel Verwaerde), Besson (M. Eric Besson) et Montebourg (M. Arnaud Montebourg) y voient une erreur ou un regret, et M. Landais (M. Patrick Landais), expert atomique de l'État, juge le report « peu justifié d'un point de vue scientifique et technique ».

Un deuxième clivage porte sur qui a décidé. Bréchet attribue l'arrêt « au plus haut niveau de l'exécutif ». Verwaerde assume une initiative personnelle (« Personne ne m'a écrit "on ne vous construira pas le réacteur" »), confronté par le rapporteur Armand à un document signé. Le président Schellenberger (M. Bernard Fontana) relève une contradiction entre le CEA, qui décrit une décision « collégiale » avec EDF, Orano et Framatome, et M. Fontana, qui dit l'avoir « vécu comme une information dont j'ai pris acte ». Ribadeau-Dumas réfute frontalement la thèse d'un « intérêt caché [...] de fragiliser la filière », jugée « factuellement et totalement faux[se] ».

Enfin, Mme Cesarsky (Mme Catherine Cesarsky) ouvre un débat de gouvernance : la concentration de toute la DEN sur Astrid sous Bernard Bigot « fut une erreur », tout en regrettant que la France ait « bradé son avance sur les RNR ».

Qui en parle

Interventions regroupées (40 citations · 18 auditions)

Domaine : Surgénérateurs, RNR et recherche nucléaire · Sujet : projet-astrid

Couverture : 40 citations · 18 positions · 18 auditions

_Slugs bruts fusionnés : abandon-astrid, abandon-astrid-rnr, abandon-astrid-surgenerateurs, arret-projet-astrid, projet-astrid, projet-astrid-abandon, projet-astrid-rnr, astrid-quatrieme-generation, concentration-astrid-den, cycle-ferme-rnr-astrid, programme-astrid-quatrieme-generation, quatrieme-generation-astrid, superphenix-astrid-quatrieme-generation, reduction-astrid-simulation, uranium-enrichi-astrid_

Positions exprimées

  • M. François Jacq (M. François Jacq) : La décision de ne pas construire le démonstrateur Astrid est une position technique raisonnée, consensuelle avec les industriels et pleinement assumée, non l'intériorisation d'une contrainte politique. _(tranchant 4)_
  • M. Laurent Michel (M. Laurent Michel) : L'arret du demonstrateur Astrid etait indispensable pour concentrer la filiere sur le grand carenage, le nouveau nucleaire et les SMR sans dispersion, la generation IV n'etant pas le choix industriel retenu. _(tranchant 4)_
  • M. Patrick Landais (M. Patrick Landais) : Le report d'Astrid a été brutal, peu justifié scientifiquement et mal expliqué politiquement, mais la maîtrise complète du cycle n'était pas résolue ; un retour industriel des RNR doit intervenir sans trop attendre. _(tranchant 4)_
  • M. Yves Bréchet (M. Yves Bréchet) : L'arrêt d'Astrid en 2018 est une faute historique grave, décidée en connaissance de cause au plus haut niveau de l'exécutif, qui détruit la souveraineté énergétique en sacrifiant la clé de voûte de la stratégie nucléaire française. _(tranchant 3)_
  • M. Antoine Pellion (M. Antoine Pellion) : L'abandon du démonstrateur Astrid était justifié : Astrid seul est inutile, les RNR sont extrêmement chers et leur moment viendra après la génération EPR ; la recherche sur le cycle continue. _(tranchant 3)_
  • M. Benoît Ribadeau-Dumas (M. Benoît Ribadeau-Dumas) : L'abandon d'ASTRID résulte d'une impasse budgétaire au CEA et d'un déplacement de la pertinence industrielle vers la fin du siècle ; l'accusation d'une volonté cachée de fragiliser le cycle fermé est factuellement et totalement fausse, et il ne regrette pas d'avoir conseillé cette décision. _(tranchant 3)_
  • M. Nicolas Hulot (M. Nicolas Hulot) : Astrid n'etait pas prioritaire (aucune application industrielle avant 2050) ; la reorientation du budget CEA vers le reacteur Jules Horowitz, plus utile face au vieillissement et a la corrosion, etait le bon choix. _(tranchant 3)_
  • M. Arnaud Montebourg (M. Arnaud Montebourg) : L'abandon d'Astrid est un regret : c'etait la solution aux dechets et au bouclage du systeme energetique ; un conservatisme l'a emporte. _(tranchant 3)_
  • M. Thomas Courbe (M. Thomas Courbe) : Refus assumé de se prononcer sur l'uranium enrichi, l'uranium appauvri et le projet Astrid, ces sujets relevant du ministère de la Transition énergétique et non de sa direction. _(tranchant 2)_
  • M. Pascal Colombani (M. Pascal Colombani) : L'arrêt d'Astrid en 2018-2019 est une erreur, notamment pour le maintien des compétences sur les réacteurs à neutrons rapides. _(tranchant 2)_
  • M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) : L'arret d'Astrid est plus que regrettable au sens de la souverainete ; il a ferme une option strategique pour les futurs presidents et contrevient a la loi de 2006. _(tranchant 2)_
  • M. Eric Besson (M. Eric Besson) : Les reacteurs de 4e generation sont le chainon manquant ; il faut relancer Astrid pour fermer le cycle, eliminer les dechets et atteindre une independance totale via le plutonium et l'uranium appauvri. _(tranchant 2)_
  • M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) : Il assume pleinement avoir propose de reduire Astrid a la simulation, par initiative et contrainte budgetaire, pour preserver l'acquis en attendant une decision future de construction. _(tranchant 1)_
  • M. Philippe Knoche (M. Philippe Knoche) : L'abandon d'Astrid resulte d'une contrainte budgetaire subie (reduction CEA, ARENH bridant EDF), pas d'un desinteret pour les RNR qui conservent un avantage strategique. _(tranchant 1)_
  • Mme Catherine Cesarsky (Mme Catherine Cesarsky) : La voie du cycle ferme et du passage aux RNR, suivie jusqu'en 2018, etait la bonne pour assurer durablement a la France une electricite decarbonee avec le moins de dependance possible ; finaliser les etudes Astrid est un acquis a preserver. _(tranchant 1)_
  • Mme Catherine Cesarsky (Mme Catherine Cesarsky) : Concentrer toute la DEN sur Astrid au detriment d'autres etudes fut une erreur, pas etrangere aux decisions actuelles sur le nucleaire. _(tranchant 1)_
  • Mme Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) : L'abandon d'Astrid était justifié par le dérapage de ses coûts et le choix de l'EPR comme base du nouveau nucléaire ; il faut poursuivre la recherche sur les neutrons rapides plutôt que d'accélérer un prototype. _(tranchant 1)_
  • M. François de Rugy (M. François de Rugy) : L'arrêt d'Astrid était une décision interministérielle consensuelle justifiée par l'immaturité technologique, le coût pour l'État et le retrait des partenaires internationaux, pas un choix idéologique. _(tranchant 1)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Une partie importante de cette question échappe à mon champ de compétence et entre dans celui du ministère de la Transition énergétique. »

M. Thomas Courbe (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2022-11-24)

_Illustration du refus récurrent de Courbe de s'engager sur le nucléaire et l'uranium, point de friction de l'audition._

« Nous sortons de mon champ de compétence, et je préfère ne pas trop m’engager sur ce sujet. »

M. Thomas Courbe (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2022-11-24)

_Refus explicite de se prononcer sur l'uranium appauvri / projet Astrid, malgré l'insistance du président._

« Ce pari ne risque-t-il pas de créer une nouvelle vulnérabilité, au-delà des enjeux de matière et d’approvisionnement ? »

M. le président Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Thomas Courbe, 2022-11-24)

_Le président généralise sa thèse anti-monotechnologie au véhicule électrique, parallèle avec l'uranium enrichi._

« La filière à neutrons rapides, dans laquelle la France était pionnière, a été abandonnée en 2018, par une décision à courte vue qui restera dans l’histoire comme un modèle de stupidité ou de cynisme. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Jugement le plus tranchant de l'audition sur l'arrêt de la filière RNR : il pose le cadre accusatoire du témoignage._

« Cette décision, prise après plusieurs renoncements s’agissant du parc électronucléaire, est emblématique, en matière énergétique, du remplacement d’un État stratège par un État bavard. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Formule synthétique du diagnostic central : déclin de la capacité stratégique de l'État._

« L’arrêt du programme Astrid a été pris au plus haut niveau de l’exécutif, par le Président de la République et le Premier ministre. Toutes les informations étaient disponibles et ont été sciemment ignorées. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Établit la responsabilité au sommet de l'exécutif et le caractère délibéré de l'ignorance des données techniques._

« Dans le second cas, il s’agit d’inconscience, puisque cela revient à sauter d’un avion en pariant qu’on aura tricoté, en cours de chute, le parachute qui évitera de s’écraser au sol. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Image marquante sur le pari de sortie du nucléaire sans alternative décarbonée mature disponible._

« elle constitue pour moi une faute historique grave contre les intérêts de notre pays et une destruction de souveraineté énergétique patente, dès lors que les RNR nous auraient assurés, en brûlant nos 300 000 tonnes d’uranium enrichi, des siècles d’indépendance énergétique. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Quantifie l'enjeu de souveraineté perdu avec l'abandon des RNR : des siècles d'indépendance._

« Ce qui différencie un homme politique d’un homme d’État, c’est que ce dernier est capable de voir ce dont on aura besoin dans trente ans. »

M. Yves Bréchet (audite, audition de M. Yves Bréchet, 2022-11-29)

_Critère de jugement des décideurs : la capacité de vision longue, incommensurable avec les échéances électorales._

« Cette décision, prise en 2018 ou 2019, est une erreur, ne serait-ce que pour le maintien des compétences. »

M. Pascal Colombani (audite, audition de M. Pascal Colombani, 2022-11-30)

_Jugement sans appel sur l'arrêt d'Astrid, décision récente attribuée aux gouvernements successifs._

« il faudrait vingt réacteurs Astrid en 2040 ; je lui ai répondu que je ne le ferais jamais car il faudrait déjà se réjouir d’en obtenir un seul ! »

M. Pascal Colombani (audite, audition de M. Pascal Colombani, 2022-11-30)

_Illustre par l'anecdote l'ampleur du recul des compétences sur les réacteurs rapides._

« L’utilisation des 300 000 tonnes d’uranium appauvri présentes sur son territoire et dont la France est propriétaire permettrait de fournir au pays de l’électricité pour plus de 5 000 ans – les calculs disent 8 000 ans –, en totale autonomie. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Argument central et chiffre choc en faveur de la quatrieme generation et de l'autonomie energetique._

« Les opposants au nucléaire ont compris que s’ils veulent nous faire sortir du nucléaire, c’est cela qu’ils doivent arrêter. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Lecture politique de l'arret d'Astrid comme cible strategique des anti-nucleaires._

« C’est l’une des raisons, au-delà de tout ce qu’on a dit, de l’arrêt d’Astrid, avant même que sa conception soit finalisée. Souhaitait-on se payer un EPR de quatrième génération ? »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Met en avant le cout (de l'ordre d'un EPR) comme cause materielle de l'arret d'Astrid._

« Personne ne m’a écrit « on ne vous construira pas le réacteur » : j’en suis arrivé à cette conclusion sur la base d’échanges oraux. J’ai donc pris sur moi de faire cette proposition et je l’assume complètement. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Point crucial : aucune instruction ecrite, la decontraction d'Astrid procede d'une initiative assumee deduite de signaux oraux._

« Clairement, le budget ne prévoyait pas 10 milliards pour construire le réacteur. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Quantifie l'obstacle budgetaire au coeur de sa defense (budget vs hostilite)._

« En mettant un terme à Astrid, on a empêché le futur Président de la République, qui sera peut-être complètement coincé dans quinze ou vingt ans, d’opter pour cette énergie. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Conclusion sur le cout strategique de long terme de l'arret d'Astrid : une option fermee pour l'avenir._

« En abandonnant le programme Astrid, peut-on dire que, d’une certaine manière, on a cessé de respecter la loi de 2006 ? »

M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Le president cherche a etablir que l'arret d'Astrid contrevient a une obligation legislative._

« J’ai sous les yeux un document, signé de votre main, proposant l’adaptation nécessaire du programme Astrid, avant que vous ne suggériez sa réduction à un programme de simulation. »

M. Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Le rapporteur confronte Verwaerde a une piece ecrite pour questionner sa responsabilite personnelle dans la reduction d'Astrid._

« Je veux prendre ma pleine et entière responsabilité en la matière : après analyse du dossier, c'est la conviction que je me suis faite et c'est ce que j'ai proposé. Je l'assume totalement. C'est une position technique, raisonnée, qui est peut-être erronée et qu’on peut contester, mais il ne s’agit pas de l'intériorisation d'une contrainte. »

M. François Jacq (audite, audition de M. François Jacq, 2022-12-07)

_Cœur de la défense du principal face à l'accusation d'avoir intériorisé une contrainte politique._

« Je ne sais pas sonder les reins et les cœurs, monsieur le rapporteur ; je me contente de lire une phrase extraite d’un document et de constater une similitude avec ce que j’ai dit. »

M. François Jacq (audite, audition de M. François Jacq, 2022-12-07)

_Réplique au rapporteur sur la divergence avec son prédécesseur Verwaerde quant à l'intériorisation de la contrainte._

« est-il rationnel de construire dès maintenant le prototype d’une génération de réacteurs qui ne sera déployée que dans soixante-dix ans ? Il ne s’agit pas uniquement de coût : c’est une question de rationalité technique. »

M. François Jacq (audite, audition de M. François Jacq, 2022-12-07)

_Recadrage de l'argument coût en argument de rationalité technique, face à la relance du rapporteur sur l'intériorisation de la contrainte._

« Je l’ai plutôt vécu comme une information dont j’ai pris acte. »

M. Bernard Fontana (audite, audition de M. Bernard Fontana, 2022-12-08)

_Sur Astrid, Fontana contredit la version d'une décision collégiale rapportée par le CEA : il se décrit comme simplement informé._

« Cela entre un peu en contradiction avec ce qui nous a été dit hier. Sous réserve de vérifications, il me semble que l’administrateur général du CEA nous a expliqué que la décision d’arrêter Astrid avait été prise collégialement, avec EDF, Orano et Framatome »

M. Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Bernard Fontana, 2022-12-08)

_Le président pointe explicitement la divergence de témoignages entre le CEA et Framatome sur la collégialité de l'abandon d'Astrid._

« force est de constater que le report du projet Astrid était peu justifié d’un point de vue scientifique et technique, insuffisamment expliqué sur le plan politique et économique, et peut-être décidé trop brutalement dans une période charnière pour les choix énergétiques français »

M. Patrick Landais (audite, audition de M. Patrick Landais, 2022-12-15)

_Critique frontale, par l'expert atomique de l'État, de l'arrêt d'Astrid : pièce à charge sur les choix de R&D nucléaire._

« En l’absence de carburant, il convient d’abandonner certains véhicules en se concentrant sur les autres : c’est le choix qui a été opéré. »

M. Philippe Knoche (audite, audition de M. Philippe Knoche, 2023-01-12)

_Metaphore qui impute l'abandon d'Astrid a la contrainte budgetaire plutot qu'a un choix strategique assume._

« dès lors qu’EDF a annoncé ne pas pouvoir financer au niveau souhaitable en raison de contraintes financières découlant du mécanisme d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), il était impossible pour Areva – puis Framatome et Orano – de financer ces recherches et développements »

M. Philippe Knoche (audite, audition de M. Philippe Knoche, 2023-01-12)

_Etablit un lien direct entre l'ARENH et l'incapacite a financer la R&D nucleaire, theme central de la commission._

« il est classique de vouloir la mort du nucléaire en décrétant l’absence de solutions. »

M. Philippe Knoche (audite, audition de M. Philippe Knoche, 2023-01-12)

_Riposte politique a la deputee Ecolo-NUPES, requalifiant son questionnement en hostilite au nucleaire._

« Au-delà de nos désaccords, je me souviens que Bernard Bigot avait concentré toute l’énergie de la direction de l’énergie nucléaire (DEN) sur Astrid, au point de pratiquement lui interdire de travailler sur d’autres sujets. »

Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)

_Met en cause une concentration excessive des moyens du CEA sur un seul projet, qu'elle relie aux difficultes actuelles._

« Je pense que ce fut une erreur, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans les décisions actuelles entourant la question du nucléaire. »

Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)

_Etablit un lien de responsabilite entre les choix de gouvernance du CEA et l'affaiblissement ulterieur du nucleaire._

« Les décisions liées à l’énergie nucléaire en France devraient être prises sur le long terme, non pas à horizon de vingt ou trente ans, mais à horizon de plus d’un siècle, sachant qu’un siècle est nécessaire pour réunir le plutonium et mettre en marche des RNR en quantité. »

Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)

_Plaidoyer pour une planification energetique a tres long terme, en rupture avec les cycles politiques courts._

« Je ne peux m’empêcher de remarquer que la France a bradé son avance sur les RNR, et j’espère qu’elle fera tout pour se rattraper. »

Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)

_Jugement tranchant sur l'abandon d'Astrid et de la trajectoire RNR._

« Astrid seul ne sert à rien : il faut une génération entière de réacteurs à neutrons rapides, permettant de traiter suffisamment de flux. »

Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)

_Justification technique de l'abandon d'Astrid, point sensible des débats sur la souveraineté nucléaire et la fermeture du cycle._

« D’autres personnes auditionnées vous ont dit qu’en prenant cette décision, nous portions l’intérêt caché de couper le cycle fermé du nucléaire et de fragiliser la filière, mais ce postulat est factuellement et totalement faux. »

M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)

_Réfute frontalement l'accusation d'autres auditionnés selon laquelle l'abandon d'ASTRID visait à fragiliser la filière._

« Cette décision provient d’une impasse budgétaire. »

M. Benoît Ribadeau-Dumas (audite, audition de M. Benoît Ribadeau-Dumas, 2023-01-19)

_Justification centrale de l'abandon d'ASTRID, point le plus contesté par les députés._

« Il me semble que votre groupe fait preuve d’inconséquence à s’être tant battu contre la quatrième génération tout en pointant désormais du doigt le problème des déchets. »

Nathalie Kosciusko-Morizet (audite, audition de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, 2023-02-02)

_Riposte politique directe a LFI, reliant l'opposition a la 4e generation a l'aggravation du probleme des dechets._

« Selon moi, nous pouvons atteindre une indépendance totale en matière d’électricité nucléaire grâce à l’uranium appauvri, dans un horizon de vingt à trente ans. »

M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)

_Reponse a l'argument de la dependance a l'uranium : la 4e generation rendrait la France totalement independante._

« Tous ces industriels que je connais et que j’estime considèrent que l’EPR est un monstre de ferraille et de béton, trop gros par rapport à ce qu'il produit et que l’on aurait dû revenir à un réacteur de plus petite taille. »

M. Arnaud Montebourg (audite, audition de M. Arnaud Montebourg, 2023-03-01)

_Critique du surdimensionnement de l'EPR, relayant le diagnostic des industriels de la filiere._

« quand les coûts du prototype sont en train de déraper, notre responsabilité, comme responsables des finances publiques de notre pays, n’est pas d’accélérer. »

Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)

_Justification budgétaire de l'abandon d'Astrid, contre la pression RN à généraliser le prototype._

« Ce ne sont pas des décisions qui se prennent à la légère, mais après des années et des années de tentatives diverses et variées qui n’ont pas marché et qui ont coûté de l’argent. »

M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)

_Justifie l'abandon d'Astrid par l'échec accumulé et le coût, contre la thèse d'un choix idéologique._