Efficacité énergétique et rénovation du bâtiment
Sur ce sujet, le corpus fait apparaître un consensus apparent sur la valeur de l'efficacité énergétique, mais un clivage net sur la notion de sobriété, sur son rythme et sur les leviers à mobiliser.
Un point de convergence ressort des auditions : réduire la consommation est une priorité, voire « la meilleure réponse ». Selon M. Patrick Pouyanné (M. Patrick Pouyanné), « la sobriété est la meilleure réponse à la problématique générale » — affirmation d'autant plus notable qu'elle émane d'un PDG pétrolier. Mme Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) prolonge cette idée en posant que l'énergie non consommée est la priorité absolue. M. Yves Marignac (M. Yves Marignac) inscrit la même logique dans une trajectoire d'ensemble, défendant le scénario négaWatt qui consiste « à réduire nos besoins globaux en énergie (grâce à davantage de sobriété et d'efficacité énergétiques) » et à s'appuyer à terme sur « 100 % d'énergie renouvelable locale », qu'il juge « porteuse de beaucoup moins de risques et de beaucoup plus de souveraineté ».
Les désaccords portent d'abord sur la sobriété elle-même. La table ronde (M. Jacky Chorin e.a.) distingue l'efficacité énergétique, soutenue, de la sobriété, perçue « comme du renoncement ou de la décroissance » et rejetée si elle est imposée ; on lui préfère les termes de « performance » ou de « sobriété bas carbone ». Jacky Chorin (M. Jacky Chorin e.a.) résume cette méfiance syndicale : « si elle est imposée, elle sera rejetée ».
Deuxième clivage : le rythme. M. Pouyanné (M. Patrick Pouyanné) juge le rythme de 3 %/an avancé par l'AIE « irréaliste » et estime que 1 à 2 % est plus crédible.
Troisième clivage : les leviers. M. Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) considère que la vraie révolution de la sobriété passe par l'intelligence artificielle et la digitalisation du réseau, « pas par de simples gestes comme baisser le chauffage de deux degrés ». Mme Royal (Mme Ségolène Royal) met l'accent sur les outils publics, citant le crédit d'impôt et les territoires à énergie positive comme « efficaces », et impute à leur suppression après 2017 du retard et des licenciements.
S'ajoute une lecture sur les causes structurelles : Mme Julie Laernoes (Écolo-NUPES, M. Jean-Louis Borloo) avance que « du fait de la force de ses installations nucléaires, la France a longtemps connu une surcapacité de production », situation qui « incitait à la consommation électrique » et aurait freiné la sobriété et les renouvelables.
Enfin, la fiche conserve un échange portant sur la transparence financière : M. le président Raphaël Schellenberger (M. Yves Marignac) relève que le compte de résultat 2021 du témoin « fait état de 20 % de financement issu du mécénat et de partenariat d'entreprises », mettant en doute la transparence revendiquée et demandant des « chiffres absolus » et non seulement des pourcentages.
Qui en parle
- M. Patrick Pouyanné (M. Patrick Pouyanné) : sobriété et efficacité comme meilleure réponse, mais rythme réaliste de 1-2 %/an plutôt que 3 %.
- M. Yves Marignac (M. Yves Marignac) : trajectoire négaWatt (sobriété, efficacité, 100 % renouvelable), plus souveraine et moins risquée.
- Mme Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) : l'énergie non consommée comme priorité ; défense du crédit d'impôt et des territoires à énergie positive.
- M. Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) : sobriété portée par l'IA et la digitalisation du réseau, au-delà des gestes individuels.
- Table ronde / Jacky Chorin (M. Jacky Chorin e.a.) : soutien à l'efficacité, rejet de la sobriété imposée vécue comme renoncement.
- Mme Julie Laernoes — Écolo-NUPES (M. Jean-Louis Borloo) : surcapacité nucléaire ayant incité à la consommation et freiné la sobriété.
- M. le président Raphaël Schellenberger (M. Yves Marignac) : mise en doute de la transparence financière du témoin.