Mix électrique 2050 et arbitrages
Sur la composition du mix électrique français à l'horizon 2050, le corpus fait apparaître un constat largement partagé et un clivage net sur le dosage entre moyens pilotables et énergies renouvelables non pilotables.
Constats partagés. Plusieurs intervenants convergent sur l'idée que le système ne peut reposer sur une source unique et qu'un mix décarboné est nécessaire. Selon Mme Catherine MacGregor (Mme Catherine MacGregor), « le bon sens veut clairement qu'on ne mette pas tous ses œufs dans le même panier » : la souveraineté passe par la diversification, conçue non comme une autarcie mais comme « le développement de la capacité à produire de l'énergie localement, par des moyens de production locaux ». M. Xavier Piechaczyk (M. Xavier Piechaczyk) inscrit lui aussi la diversification dans une logique de résilience, y compris au sein du nucléaire, pour se prémunir contre les défauts génériques d'un parc de deuxième génération trop dominant, « ce que la corrosion sous contrainte a confirmé ». La place du nucléaire et de l'hydroélectricité dans un mix bas carbone fait, sur le principe, l'objet d'un accord.
Désaccords et clivages. Le débat porte sur le poids respectif des composantes. Mme MacGregor (Mme Catherine MacGregor) estime que « le nucléaire et l'hydroélectricité font partie de ce mix énergétique mais n'y suffiront pas » et plaide pour un investissement massif dans les ENR électriques et gazières. À l'inverse, M. André Merlin (M. André Merlin) défend un mix cible « composé de 75 % d'électricité pilotable – nucléaire, hydraulique, biomasse – et de 25 % d'énergies non pilotables », soit un doublement de la puissance pilotable par rapport à aujourd'hui. Il juge qu'« il est irréaliste d'envisager un mix électrique entièrement renouvelable sans stockage » et que, au-delà de 50 % de non pilotable, le système devient risqué. Fait notable, ce président d'honneur de RTE critique frontalement les scénarios de l'institution : « Certains scénarios sur le mix énergétique à horizon 2050 dessinés par RTE me semblent aller beaucoup trop loin. » La ligne pro-nucléaire est relayée par M. Francis Dubois (LR, M. Xavier Piechaczyk), qui doute d'un mix 100 % renouvelable décarboné : « Les études scientifiques prouvent bien que l'électricité bas carbone est issue de l'hydroélectricité et du nucléaire. »
Compétence et chiffres clés. Sur la gouvernance, M. Dominique Ristori (M. Dominique Ristori) rappelle que « le mix énergétique relève de la compétence nationale » et que l'UE ne peut imposer le nucléaire ni à la France ni à la Pologne. Les repères chiffrés saillants sont le seuil de 50 % de non pilotable au-delà duquel le risque système est invoqué (Merlin) et la cible 75 % / 25 % pilotable / non pilotable défendue par le même intervenant, à rebours des scénarios les plus renouvelables de RTE.
Qui en parle
- Mme Catherine MacGregor (Mme Catherine MacGregor) : mix diversifié et décarboné ; nucléaire et hydraulique nécessaires mais insuffisants, d'où un investissement massif dans les ENR.
- M. André Merlin (M. André Merlin) : cible 75 % pilotable / 25 % non pilotable ; tout-renouvelable « irréaliste » sans stockage ; critique des scénarios RTE.
- M. Francis Dubois (LR, M. Xavier Piechaczyk) : ligne pro-nucléaire ; doute d'un mix 100 % renouvelable décarboné.
- M. Xavier Piechaczyk (M. Xavier Piechaczyk) : diversification au service de la résilience, y compris au sein du nucléaire.
- M. Dominique Ristori (M. Dominique Ristori) : le mix relève de la compétence nationale, non imposable par l'UE.