La part du citoyen

Carte politique

Démocrate (MoDem)

Fiche établie à partir des 7 questions du groupe Démocrate analysées dans le dossier (commission d'enquête sur la souveraineté énergétique, AN 2022-2023). Trois députés interviennent : Bruno Millienne (4 questions), Philippe Bolo (2), Anne-Laure Babault (1). Échantillon resserré mais cohérent, qui dessine une ligne nette.

1. Ligne du groupe

Nucléaire. Le MoDem est pro-nucléaire pragmatique. Millienne pousse le débat au-delà du parc actuel : il interroge l'ADEME sur le thorium et les autres combustibles (M. David Marchal), en s'appuyant sur Jancovici pour ouvrir la porte à un nucléaire d'avenir et souligner en creux que les scénarios de l'agence n'explorent pas ces filières. Sur M. Nicolas Sarkozy, il défend explicitement le « continuum nucléaire » entre présidents et regrette implicitement sa rupture sous Hollande. La sensibilité est donc favorable au maintien et à l'innovation de la filière (4e génération, nouvelles filières), sans dogmatisme affiché.

Renouvelables / mix. Le groupe ne se positionne pas frontalement sur le clivage nucléaire/renouvelables. Sa préférence est procédurale : décider sur données objectives. Babault réclame un « bilan carbone clair et factuel sur l'ensemble des solutions énergétiques » pour éclairer les décisions (M. Jean-Marc Jancovici) ; Bolo cherche les déterminants économiques historiques des arbitrages entre énergies (M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar, nucléaire vs charbon dans les années 1950-60). Le mix idéal n'est jamais nommé : c'est la méthode (expertise, économie, bilan carbone) qui prime sur le contenu.

Marché européen & ARENH. Position de défense nuancée du dispositif. Millienne (M. Nicolas Sarkozy) : « l'Arenh, critiqué aujourd'hui, satisfaisait tout le monde tant qu'il rapportait ; il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. » Le groupe relativise les critiques en rappelant le bénéfice consommateur passé.

Souveraineté / Europe. Ligne franchement europhile : la souveraineté est pensée à l'échelle européenne, pas contre l'Europe. Millienne (Mme Élisabeth Borne) veut une définition européenne commune de l'hydrogène bas carbone valorisant l'hydrogène nucléaire et évitant de nouvelles dépendances (Qatar, Maroc). Bolo (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) va plus loin et théorise la position : citant les articles 122 et 194 du TFUE, il établit que l'Union ne peut contraindre un État sur son mix ni l'empêcher d'agir en cas de crise.

Responsable de la perte de souveraineté. Le MoDem refuse de désigner l'UE comme bouc émissaire — c'est même la cible explicite de Bolo (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel), contre-argument adressé aux députés RN, LFI et Écolo qui imputent la perte de souveraineté à Bruxelles. La responsabilité pointée est interne : la politisation des choix énergétiques (Millienne, M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar : diesel, tout électrique) et la rupture de continuité politique sur le nucléaire (M. Nicolas Sarkozy). La dépendance allemande aux importations est critiquée, mais de façon implicite et non frontale (Mme Élisabeth Borne).

2. Stratégie de questionnement

Le groupe n'instruit pas à charge et ne tend pas de pièges. Deux registres coexistent.

Patterns de sous-texte : (a) dépolitisation / primat de l'expertise (M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar) ; (b) défense de dispositifs et choix de la majorité — ARENH (M. Nicolas Sarkozy), hydrogène nucléaire (Mme Élisabeth Borne) ; (c) réhabilitation du nucléaire d'avenir par citation d'autorité (M. David Marchal) ; (d) désamorçage de l'anti-européanisme (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel). Le groupe cherche surtout à faire valider sa propre thèse et à offrir des tribunes aux soutiens de sa ligne.

3. Députés clés