La part du citoyen

Carte politique

ECOS

Groupe Écologiste et Social — 14 questions, un seul intervenant : Nicolas Bonnet. Le groupe ne s'exprime, dans ce corpus, que par une seule voix. La fiche est donc, de fait, le portrait d'un député ; l'homogénéité de la ligne en est renforcée, mais rien ne permet de savoir si elle serait partagée par d'autres élus du groupe.

1. Ligne du groupe

Souveraineté par le LIBRE, pas par la loi ni par un champion industriel cloné. L'axe structurant de Bonnet n'est ni la régulation ni la commande publique classique, mais le logiciel libre et ouvert comme voie de souveraineté (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, M. Bernard Benhamou, M. Michel Paulin). Il en fait un argument politique — « avec l'open source on peut en faire ce que l'on veut, contrairement à une solution américaine où l'on ne peut que faire confiance » (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) — et va jusqu'à faire du prosélytisme auprès des audités (migration Linux, des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche). Il défend explicitement l'action publique du libre (la suite bureautique de la Dinum, M. Michel Paulin).

Rupture avec les hyperscalers, mais refus du clone européen. Il rappelle que « 72 % du marché des hyperscalers est détenu par Microsoft, Google et Amazon » (M. Bernard Benhamou) et juge que la multiplication des data centers n'améliore en rien la souveraineté (Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, M. Bernard Benhamou). Position distinctive : cloner les GAFAM sous droit européen « ne résout pas tout » ; il plaide pour « d'autres modèles, notamment basés sur les logiciels ouverts », au-delà des blocs américain, européen et chinois (M. Bernard Benhamou). Cela l'amène à une lecture tertiaire/logicielle de la souveraineté, contre la seule « politique industrielle » du matériel (M. Bernard Benhamou).

Cloud souverain / Bleu / S3NS : non nommés. Mais sa méfiance envers les « géants identiques régis par le droit européen » (M. Bernard Benhamou) laisse deviner un scepticisme envers la logique de champion national adossé aux briques américaines.

IA et data centers : sobriété d'abord, IA générative en accusé. C'est le seul groupe à placer l'environnement au centre : 4,4 % de l'empreinte carbone, triplement annoncé d'ici 2030 (des représentants en France des Gafam), « décroissance numérique » assumée comme mot d'ordre (Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques). Il oppose systématiquement l'IA utile et peu consommatrice (santé, modèles dédiés) à l'IA générative « capable de produire tout et surtout n'importe quoi » — « chatons volants », questions « sur le sens de la vie » (M. Charles-Antoine Beyney, des représentants en France des Gafam). Sur les données personnelles, il défend la rémunération des producteurs, un répertoire des noms de domaine d'entraînement et la traçabilité pour juger de la confiance à accorder à une IA (Mme Mélanie Dulong de Rosnay).

Responsables de la dépendance : « la politique actuelle » qui laisse « fleurir les data centers » (M. Bernard Benhamou), la culture technophile — « ivresse technologique » (M. Charles-Antoine Beyney), « se jeter sur le dernier iPhone » (Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques) — et le choix de la performance au détriment de la résilience (Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques). Les GAFAM sont visés, mais la cible première est un modèle de développement plus qu'un acteur.

2. Stratégie de questionnement

Deux registres nets selon l'audité. Avec les acteurs alignés (Dulong de Rosnay, la Dinum via Paulin), Bonnet explore et co-construit — reformulations prudentes (« je vais essayer de reformuler ce que je pense avoir compris », Mme Mélanie Dulong de Rosnay). Avec les acteurs de l'IA et des data centers, il instruit à charge et tend des pièges polis. Pattern récurrent : opposer usage utile/peu consommateur vs usage futile/très consommateur pour disqualifier l'argument adverse. Cas d'école (M. Charles-Antoine Beyney) : il démonte l'argument « les data centers vont soigner le cancer » comme washing — « ce ne sont pas eux qui nécessitent des data centers gigantesques » — puis pose la question-piège des proportions : « quelle part de vos capacités va à la recherche médicale, et laquelle à l'IA générative ? » (M. Charles-Antoine Beyney, des représentants en France des Gafam). Il fait aussi valoir sa propre thèse plus qu'il n'interroge (« C'est le "pourquoi" qui m'intéresse », des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche). Sous-texte constant : le numérique et l'IA générative sont présumés en excès jusqu'à preuve du contraire.

3. Députés clés

Nicolas Bonnet (ECOS) — unique intervenant du groupe dans ce corpus. Angle : souveraineté par le libre + sobriété/décroissance numérique + hostilité argumentée à l'IA générative de masse. Combinaison singulière dans la commission : il est le seul à faire de l'empreinte environnementale un axe de souveraineté à part entière.

Source : /Users/jeremy/Documents/GitHub/Citoyen/numerique_IA/transcript/2-synthese/carte-politique/_dossiers/ecos.json