La part du citoyen

Cloud & hyperscalers

La bataille du cloud est-elle perdue ?

Le corpus organise le débat autour d'une thèse défaitiste et de ses contradicteurs. La thèse est posée d'emblée par le président de la commission : selon M. Philippe Latombe (M. Arnaud Caudoux), le directeur général de BPIFrance « a expliqué aux sénateurs que la bataille du cloud était perdue, qu'il ne servait à rien de s'en occuper et qu'il fallait passer à autre chose ». Latombe (des fournisseurs de cloud .) l'attribue aussi à d'autres voix, dont Cédric O, qui aurait dit « que le combat du cloud était perdu et qu'il fallait passer à autre chose, comme le quantique et l'IA ».

Le camp de la non-gagnabilité. M. Arnaud Caudoux (BPIFrance, M. Arnaud Caudoux) assume cette position au nom de toute la banque : « il n'est pas possible de se battre à armes égales avec les grands hyperscalers américains ». Il l'appuie sur une asymétrie capitalistique chiffrée — des montants d'investissement « de 10 à 100 fois supérieurs à ce que peuvent faire les acteurs européens » — et précise que « la bataille frontale [...] ne nous paraît pas gagnable aujourd'hui. Nous ne connaissons d'ailleurs personne qui la mène ». Il ne conclut pas à l'abandon mais à un redéploiement vers les batailles « encore livrables » (logiciel remis en jeu par l'IA, cybersécurité, IA, deep tech). M. Cédric O (M. Cédric O) partage le constat de fond : « Le retard pris dans le cloud est probablement l'un des plus gros problèmes – technologique, économique et de souveraineté – de l'Europe », tout en tempérant : « Vous ne rattrapez pas quarante ans de retard technologique en cinq ans, ni même en dix. »

Le camp des contradicteurs. À la table ronde des acteurs français du cloud (des fournisseurs de cloud .), la réponse est frontale. Damien Lucas (Scaleway) : « Non, le combat du cloud n'est pas perdu. C'est le lobbying des Américains qui le prétend. » Éric Haddad (NumSpot) déplace la ligne de front vers le cloud de la donnée et de l'IA : « l'ancien cloud est peut-être fini, mais le nouveau est fantastique et formidable. Il faut capter cette valeur très rapidement. » Philippe Miltin (Outscale, Dassault Systèmes) distingue le vrai du faux dans le discours américain : il est exact qu'« on ne peut pas [les] remplacer » du jour au lendemain, faux que le cloud serait fini.

L'angle concurrentiel. M. Umberto Berkani (Autorité de la concurrence, M. Umberto Berkani) éclaire la faille structurelle : « Dès lors que trois acteurs se partagent 80 % d'un marché, établir la dominance de l'un d'entre eux devient complexe, ce qui interroge l'applicabilité même du droit commun » — d'où le recours au DMA. Il indique que l'Autorité a instruit des avis « pour le cloud et pour l'IA générative » et travaille sur les agents conversationnels.

Le clivage porte donc moins sur le retard (partagé) que sur son caractère rattrapable et sur la définition même de la « bataille » : frontale sur le cloud classique (jugée perdue par BPIFrance et Cédric O) ou reportée sur la donnée et l'IA (jugée ouverte par les acteurs français).

Qui en parle

Interventions regroupées (12 citations · 4 auditions)

Domaine : Cloud & hyperscalers · Sujet : bataille-du-cloud

Couverture : 12 citations · 3 positions · 4 auditions

_Slugs bruts fusionnés : bataille-du-cloud, bataille-cloud-perdue, cloud-oligopole, retard-cloud-europeen_

Positions exprimées

  • (table ronde) (des fournisseurs de cloud .) : Le combat du cloud n'est pas perdu : c'est un récit de lobbying américain qui exploite la peur des investissements. Le cloud se transforme (fin du move to cloud, essor donnée/IA) mais reste le socle de toute l'économie numérique. _(tranchant 5)_
  • M. Arnaud Caudoux (M. Arnaud Caudoux) : La bataille frontale sur le cloud classique face aux hyperscalers américains n'est pas gagnable ; il faut cesser de s'y épuiser et se concentrer sur les batailles encore livrables (logiciel remis en jeu par l'IA, cybersécurité, IA, deep tech). _(tranchant 4)_
  • M. Cédric O (M. Cédric O) : Le retard cloud est le plus gros problème de souveraineté de l'Europe ; le fossé s'est réduit mais la qualité des clouders américains reste supérieure, et on ne rattrape pas quarante ans de retard en cinq ou dix ans. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Il a expliqué aux sénateurs que la bataille du cloud était perdue, qu'il ne servait à rien de s'en occuper et qu'il fallait passer à autre chose. »

M. Philippe Latombe (president, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)

_Le président résume la position tranchée du président de BPIFrance et la met en tension avec les autres auditions de la commission._

« Le propos de notre directeur général, et la vision que l'ensemble de la banque partage, est qu'aujourd'hui, il n'est pas possible de se battre à armes égales avec les grands hyperscalers américains. »

M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)

_Affirme au nom de toute la banque publique l'impossibilité d'une concurrence frontale sur le cloud, thèse structurante de l'audition._

« la bataille face à ces géants, dont les montants d'investissement en capitaux sont de 10 à 100 fois supérieurs à ce que peuvent faire les acteurs européens, n'est pas gagnable. »

M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)

_Chiffre l'asymétrie capitalistique (10 à 100x) qui justifie la thèse de non-gagnabilité._

« Ce que nous disons, c'est que la bataille frontale, toutes choses égales par ailleurs, entre les acteurs américains et les acteurs français, ne nous paraît pas gagnable aujourd'hui. Nous ne connaissons d'ailleurs personne qui la mène à proprement parler. »

M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)

_Formulation la plus nette de la doctrine BPIFrance sur le cloud, avec l'argument qu'aucun acteur ne mène réellement cette bataille frontale._

« Non, le combat du cloud n'est pas perdu. C'est le lobbying des Américains qui le prétend. »

Damien Lucas — Scaleway (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Réponse frontale à la thèse défaitiste, attribuée au lobbying américain._

« Oui, l'ancien cloud est peut-être fini, mais le nouveau est fantastique et formidable. Il faut capter cette valeur très rapidement. »

Éric Haddad — NumSpot (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Nuance le débat : le cloud du « move to cloud » décline, celui de la donnée et de l'IA est une opportunité européenne._

« le secrétaire d'État au numérique, Cédric O, nous disait que le combat du cloud était perdu et qu'il fallait passer à autre chose, comme le quantique et l'IA. »

Philippe Latombe (president, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Le président pose le cadre du débat en citant la thèse défaitiste (Cédric O, BPIFrance, France Digitale)._

« elles ont été influencées par des acteurs américains qui affirment une chose vraie : « On ne peut pas nous remplacer ». »

Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Distingue le vrai (on ne remplace pas les hyperscalers du jour au lendemain) du faux (le cloud serait fini)._

« Dès lors que trois acteurs se partagent 80 % d’un marché, établir la dominance de l’un d’entre eux devient complexe, ce qui interroge l’applicabilité même du droit commun. »

Umberto Berkani — Autorité de la concurrence (audite, audition de M. Umberto Berkani, 2026-05-05)

_Explique la faille structurelle du droit commun de la concurrence face à un oligopole du cloud : sans dominance individuelle établie, l'abus de position dominante ne s'applique pas, d'où le recours au DMA._

« Nous l’avons fait récemment pour le cloud et pour l’IA générative, et nous instruisons actuellement un avis sur les agents conversationnels. »

Umberto Berkani — Autorité de la concurrence (audite, audition de M. Umberto Berkani, 2026-05-05)

_Montre la démarche de préemption de l'Autorité : anticiper les risques concurrentiels des marchés émergents (cloud, IA générative, agents conversationnels) par des avis en amont._

« Le retard pris dans le cloud est probablement l’un des plus gros problèmes – technologique, économique et de souveraineté – de l’Europe. »

M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)

_Pose le cloud comme le problème central de souveraineté européenne, avant même l'IA._

« Vous ne rattrapez pas quarante ans de retard technologique en cinq ans, ni même en dix. »

M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)

_Tempère les attentes : le rattrapage est un chantier de temps long._