La part du citoyen

Cycle du combustible et uranium

Cycle du combustible nucléaire

Le corpus aborde le cycle du combustible nucléaire à la fois comme un enjeu industriel souvent négligé dans le débat public, comme une clé de l'autonomie énergétique de long terme et comme un point de dépendances extérieures à surveiller.

Un angle mort du débat. Plusieurs intervenants convergent sur le fait que le débat nucléaire se concentre sur les réacteurs au détriment du cycle. Selon M. François Jacq (M. François Jacq), le cycle du combustible est « le point faible du programme nucléaire, systématiquement occulté au profit du débat sur les réacteurs alors que c'est l'enjeu déterminant ». Il insiste : « si l'on parle beaucoup des réacteurs, on ne parle jamais du cycle, ce qui n'est guère cohérent puisque si l'on veut fabriquer de tels réacteurs, c'est pour fermer le cycle. »

La fermeture du cycle et la quatrième génération. M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) défend la quatrième génération comme « la clé de voûte de l'industrie nucléaire ». Il avance le chiffre central du sujet : l'utilisation des « 300 000 tonnes d'uranium appauvri présentes sur son territoire et dont la France est propriétaire permettrait de fournir au pays de l'électricité pour plus de 5 000 ans – les calculs disent 8 000 ans –, en totale autonomie. » Il en tire une lecture politique de l'arrêt du projet Astrid, qu'il présente comme la cible stratégique des opposants au nucléaire : « Les opposants au nucléaire ont compris que s'ils veulent nous faire sortir du nucléaire, c'est cela qu'ils doivent arrêter. » Pour lui, en mettant un terme à Astrid, « on a empêché le futur Président de la République [...] d'opter pour cette énergie » dans quinze ou vingt ans.

Souveraineté et dépendances. Luc Rémont (M. Luc Rémont) cadre le nucléaire français comme un « pari stratégique il y a cinquante ans » ayant donné « une production électrique autonome, décarbonée et compétitive », la France étant « le seul pays de l'Union » dans ce cas. Il nuance toutefois la question de la dépendance sur l'uranium de retraitement : un « accord relativement ancien avec TENEX, une filiale de Rosatom », rappelant que « cette filiale de Rosatom est la seule au monde à disposer d'une technologie de retraitement » — confirmant un lien stratégique avec un acteur en situation de monopole technologique.

Origines et effets cachés. Pierre Gadonneix (M. Pierre Gadonneix) souligne que, malgré la francisation de la licence Westinghouse, le parc reste identique aux centrales américaines : « Il n'y a pas un boulon qui est différent ! » Enfin, le président Raphaël Schellenberger (M. Philippe Knoche) relève l'effet caché de la fermeture d'Eurodif : « récupérer du jour au lendemain trois tranches nucléaires non prévues – sans le dire à personne – est de nature à bouleverser notre lecture de l'évolution du besoin d'électricité à l'échelle nationale. »

Qui en parle

Interventions regroupées (8 citations · 5 auditions)

Domaine : Cycle du combustible et uranium · Sujet : cycle-combustible

Couverture : 8 citations · 2 positions · 5 auditions

_Slugs bruts fusionnés : cycle-combustible, cycle-combustible-souverainete, cycle-combustible-uranium238, conversion-enrichissement, francisation-licence-westinghouse, perimetre-orano-cycle_

Positions exprimées

  • M. François Jacq (M. François Jacq) : Le cycle du combustible est le point faible du programme nucléaire, systématiquement occulté au profit du débat sur les réacteurs alors que c'est l'enjeu déterminant. _(tranchant 4)_
  • M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) : La quatrieme generation est la cle de voute de l'industrie nucleaire : grace aux 300 000 tonnes d'uranium 238 appauvri, la France disposerait de plus de 5 000 a 8 000 ans d'autonomie electrique. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« L’utilisation des 300 000 tonnes d’uranium appauvri présentes sur son territoire et dont la France est propriétaire permettrait de fournir au pays de l’électricité pour plus de 5 000 ans – les calculs disent 8 000 ans –, en totale autonomie. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Argument central et chiffre choc en faveur de la quatrieme generation et de l'autonomie energetique._

« Les opposants au nucléaire ont compris que s’ils veulent nous faire sortir du nucléaire, c’est cela qu’ils doivent arrêter. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Lecture politique de l'arret d'Astrid comme cible strategique des anti-nucleaires._

« En mettant un terme à Astrid, on a empêché le futur Président de la République, qui sera peut-être complètement coincé dans quinze ou vingt ans, d’opter pour cette énergie. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Conclusion sur le cout strategique de long terme de l'arret d'Astrid : une option fermee pour l'avenir._

« J'y insiste parce que si l’on parle beaucoup des réacteurs, on ne parle jamais du cycle, ce qui n’est guère cohérent puisque si l’on veut fabriquer de tels réacteurs, c’est pour fermer le cycle. »

M. François Jacq (audite, audition de M. François Jacq, 2022-12-07)

_Thèse centrale de l'audition : le cycle est le point faible occulté du débat nucléaire._

« Il n’y a pas un boulon qui est différent ! »

Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)

_Souligne que le parc francais, malgre la francisation, reste rigoureusement identique aux centrales Westinghouse americaines._

« récupérer du jour au lendemain trois tranches nucléaires non prévues – sans le dire à personne – est de nature à bouleverser notre lecture de l’évolution du besoin d’électricité à l’échelle nationale »

M. le président Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Philippe Knoche, 2023-01-12)

_Le president souligne l'effet cache de la fermeture d'Eurodif (gain de 3 tranches) sur les scenarios de consommation._

« Nous avons un accord relativement ancien avec TENEX, une filiale de Rosatom, pour l’uranium de retraitement. Il se trouve que cette filiale de Rosatom est la seule au monde à disposer d’une technologie de retraitement. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Nuance importante : nie la dependance tout en confirmant un lien strategique avec une filiale de Rosatom sur une technologie monopolistique._

« la France est le seul pays de l’Union à avoir fait un pari stratégique il y a cinquante ans : pour réduire sa dépendance aux imports d’origine carbonée, elle a développé une filière industrielle nucléaire qui permet une production électrique autonome, décarbonée et compétitive. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Cadre la singularite francaise du nucleaire comme pari souverain de long terme._