Cycle du combustible et uranium
Le domaine couvre l'ensemble de l'amont et de l'aval du combustible nucléaire : la matière première (uranium importé), l'enrichissement, l'usage en réacteur, puis le retraitement, le recyclage en MOX et la perspective d'un cycle fermé reposant sur les réacteurs à neutrons rapides. À travers les cinq sujets, une ligne de force domine : le cycle est présenté comme l'angle mort du débat nucléaire français, souvent occulté au profit des seuls réacteurs, alors qu'il conditionne à la fois l'autonomie de long terme et les dépendances extérieures. Selon M. François Jacq (M. François Jacq), le cycle est « le point faible du programme nucléaire, systématiquement occulté au profit du débat sur les réacteurs alors que c'est l'enjeu déterminant ». Une seconde ligne de force est la promesse d'autonomie : valoriser le stock de 300 000 tonnes d'uranium appauvri détenu par la France procurerait, selon M. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde), « de l'électricité pour plus de 5 000 ans ». Une troisième tension récurrente est la dépendance amont : la totalité de l'uranium naturel est importée et concentrée dans quelques pays, avec un lien spécifique et contesté à la Russie pour le retraitement.
Cycle du combustible nucléaire. Ce sujet pose le cadre général : le cycle est un enjeu industriel négligé, mais déterminant pour la souveraineté. Il introduit le chiffre central de l'autonomie multimillénaire via l'uranium appauvri (Verwaerde, M. Daniel Verwaerde), la lecture politique de l'arrêt d'Astrid comme verrouillage de l'option de quatrième génération, ainsi que des effets cachés peu débattus comme la fermeture d'Eurodif (Schellenberger, M. Philippe Knoche) et la persistance d'un parc identique aux centrales Westinghouse (Gadonneix, M. Pierre Gadonneix).
Cycle fermé, retraitement et MOX. Ce sujet détaille la fermeture du cycle et ses controverses techniques. Il met en avant l'avance industrielle française revendiquée (« 96 % du combustible usé » revalorisable selon M. Patrick Landais, M. Patrick Landais ; maîtrise industrielle exclusive selon M. Philippe Knoche, M. Philippe Knoche), tout en rappelant que ni le retraitement ni la transmutation ne suppriment les déchets (Jacq M. François Jacq, Abadie M. Pierre-Marie Abadie). Il expose les divergences sur le rythme (RNR sodium mature pour Bréchet M. Yves Bréchet, progression « pas à pas » pour Jacq) et l'appel de Knoche à une décision politique de filière entre 2023 et 2025 contre le « stop & go ».
La Hague, entreposage et saturation des piscines. Ce sujet apporte la dimension opérationnelle et calendaire : un risque de saturation des piscines avant la mise en service de la piscine centralisée prévue en 2034 (Niel M. Jean-Christophe Niel, Doroszczuk M. Bernard Doroszczuk), des parades jugées « temporaires », un clivage sur la responsabilité (Mme Anne Lauvergeon, Mme Anne Lauvergeon, se déclarant non responsable après son mandat) et la contestation écologiste du taux de 96 % réduit à un « monocyclage » (Mme Julie Laernoes, Mme Anne Lauvergeon).
Approvisionnement et ressources en uranium. Ce sujet traite de la mesure de la dépendance et de la criticité de l'approvisionnement. Il oppose ceux qui pointent la fragilité de l'indicateur d'indépendance (54 % qui tomberait à 12 % en intégrant l'uranium, Colombani M. Pascal Colombani ; 80 % de combustibles importés, Marchal M. David Marchal) à ceux qui relativisent (uranium abondant, 5 % du coût du kWh, Lauvergeon Mme Anne Lauvergeon), avec l'horizon de souveraineté de long terme porté par les RNR (Bréchet M. Yves Bréchet).
Dépendance russe sur l'uranium et le combustible. Ce sujet isole le risque géopolitique : dépendance amont totale et concentrée (Mesqui Mme Ketty Attal-Toubert e.a. ; flux chiffrés par Landais M. Patrick Landais), et surtout le clivage sur la Russie, dépendance jugée « potentielle » et cantonnée au retraitement via Tenex/Rosatom par la filière (Jacq, Knoche, Lewandowski, Rémont), mais réelle pour Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) et assumée comme durable par Henri Proglio (M. Henri Proglio).
Clivages majeurs. Le premier oppose la filière et l'État (Jacq, Knoche, Landais, Verwaerde, Rémont, Lewandowski), qui valorise l'avance industrielle française, minimise la dépendance russe et défend la fermeture du cycle, aux voix écologistes et critiques (Laernoes, Voynet, Lepage), qui contestent le taux réel de recyclage, l'horizon temporel inhumain des déchets MOX et l'idée même d'indépendance nucléaire. Un second clivage, interne à la filière, porte sur le rythme et la justification de la fermeture du cycle : RNR mature et indispensable (Bréchet) contre progression prudente (Jacq), avec la lucidité partagée que le cycle fermé n'élimine pas les déchets (Abadie). Un troisième clivage concerne la criticité de l'uranium : minimisée (Lauvergeon, Cesarsky) ou jugée préoccupante (Colombani, Lepage). Enfin, la responsabilité de l'approvisionnement et de la saturation est renvoyée d'un acteur à l'autre — Framatome « agnostique » reportant sur les électriciens (Fontana, M. Bernard Fontana), Lauvergeon renvoyant aux gestionnaires actuels de La Hague.
Sujets couverts
- Cycle du combustible nucléaire — cadre général : un enjeu déterminant mais occulté, et l'autonomie de long terme via l'uranium appauvri.
- Cycle fermé, retraitement et MOX — avance industrielle revendiquée, controverses sur les déchets et sur le rythme de la fermeture du cycle.
- La Hague, entreposage et saturation des piscines — risque de saturation avant la piscine centralisée de 2034 et controverse sur le taux de recyclage.
- Approvisionnement et ressources en uranium — mesure contestée de la dépendance et débat sur la criticité de l'uranium.
- Dépendance russe sur l'uranium et le combustible — dépendance amont totale et clivage sur le rôle de la Russie (retraitement via Tenex/Rosatom).