Éolien en mer (offshore)
L'éolien en mer apparaît dans le corpus comme une filière à fort potentiel pour la France, mais marquée par un retard largement reconnu. Plusieurs intervenants partagent le même constat de départ : la ressource française est considérable et sous-exploitée. Mme Catherine MacGregor (Mme Catherine MacGregor) résume ce paradoxe : « Nos ressources en matière d'éolien en mer sont les deuxièmes d'Europe, et nous ne produisons quasiment rien. Cela n'est pas normal. » Ce retard constitue, dit-elle, son « principal regret ». M. Marc-Antoine Eyl-Mazzega (M. Marc-Antoine Eyl-Mazzega) plaide dans le même sens pour un renforcement « considérable » de l'éolien en mer, fixe et flottant, dans la PPE, estimant que la France peut acquérir un leadership industriel sur le flottant. Il situe l'enjeu dans un contexte européen d'accélération, rappelant que « le rythme annuel de déploiement des énergies renouvelables en Europe doit être multiplié par quatre » pour réduire la dépendance au gaz russe et accompagner l'électrification des usages.
Au-delà du constat partagé sur le potentiel, le corpus fait apparaître des lectures divergentes des causes du retard et du bilan de la filière. Mme Nathalie Kosciusko-Morizet (Mme Nathalie Kosciusko-Morizet) présente l'éolien en mer comme « une réussite » dont elle est fière, parce que les appels d'offres ont intégré des critères de production locale développant une vraie industrie. Elle l'oppose explicitement à l'échec de l'éolien terrestre : « Les Danois et les Allemands ont été les réels bénéficiaires industriels de la montée en puissance de l'éolien européen. » L'offshore est ainsi présenté comme le contre-modèle industriel de l'éolien terrestre.
Sur les causes du retard, le clivage le plus net oppose une lecture organisationnelle. Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) lie directement le retard à l'ouverture à la concurrence et à la dispersion qui en découle : « Pour moi, l'éolien offshore démontre l'absurdité du principe d'ouverture à la concurrence. La dispersion explique en grande partie le retard de la France dans ce domaine. »
Enfin, le corpus documente la question de l'acceptabilité et de la nuisance visuelle. M. Nicolas Sarkozy (M. Nicolas Sarkozy) juge l'éolien offshore « plus prometteur que le photovoltaïque pour la France maritime », tout en reconnaissant, fait rare, une responsabilité personnelle : « j'assume ma part de responsabilité dans la dénaturation du paysage par les éoliennes au large de Saint-Nazaire. J'ai l'honnêteté de le reconnaître. » Il admet avoir sous-estimé cette nuisance visuelle.
Au total, le corpus converge sur l'idée d'un potentiel majeur et d'un retard français à corriger, mais diverge sur l'interprétation du bilan (réussite industrielle vs filière entravée) et sur les causes (ouverture à la concurrence, dispersion, acceptabilité paysagère).
Qui en parle
- M. Marc-Antoine Eyl-Mazzega (M. Marc-Antoine Eyl-Mazzega) : renforcer fortement l'éolien en mer fixe et flottant ; viser un leadership industriel sur le flottant.
- Mme Catherine MacGregor (Mme Catherine MacGregor) : ressource au 2e rang européen mais quasi inexploitée ; retard « pas normal », principal regret.
- Mme Nathalie Kosciusko-Morizet (Mme Nathalie Kosciusko-Morizet) : réussite industrielle grâce aux critères de production locale ; contre-modèle de l'éolien terrestre.
- M. Nicolas Sarkozy (M. Nicolas Sarkozy) : offshore plus prometteur que le photovoltaïque ; reconnaît avoir sous-estimé la nuisance visuelle.
- Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) : impute le retard à l'ouverture à la concurrence et à la dispersion.