Projet Hercule et intégrité du groupe EDF
Le corpus aborde le projet Hercule — montage de réorganisation d'EDF débattu avant la commission — principalement sous l'angle de l'intégrité du groupe et du rôle de l'État actionnaire. Un constat domine et fait largement consensus à l'issue de la période examinée : l'objectif affiché est désormais de préserver un EDF intégré et d'écarter tout démantèlement. La Première ministre Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) l'affirme sans ambiguïté en réponse au RN : « nous voulons impérativement conserver l'intégrité du groupe EDF. Tel est le projet de mon gouvernement. » Cette ligne rejoint, sur la finalité, la revendication des organisations syndicales entendues en table ronde (M. Jacky Chorin e.a.), pour qui EDF doit rester intègre.
Le principal clivage porte non sur l'intégrité elle-même mais sur la méthode de contrôle public et sur la lecture du projet Hercule. Les représentants syndicaux dénoncent en des termes très critiques le montage et son processus. Philippe Page Le Mérour (M. Philippe Page Le Mérour e.a.) oppose la « loi de nationalisation de 1946 édictée par Marcel Paul » à ce qu'il qualifie d'« étatisation par offre publique d'achat (OPA) édictée par des banques d'affaires », et fustige un « montage de désintégration de l'entreprise et de bradage au privé des parties les plus rentables à court terme », élaboré selon lui « en coulisses » entre le Président de la République, le PDG sortant et l'autorité de concurrence à Bruxelles. Pour Force Ouvrière, Jacky Chorin (M. Jacky Chorin e.a.) refuse l'OPA et réclame la voie législative : « Nous sommes en désaccord avec l'OPA lancée sur EDF : nous voulons une loi de nationalisation », en soutien à la proposition de loi du député Brun « garantissant le caractère intégré d'EDF, premier pas vers le retour à l'EPIC ». La position de table ronde (M. Jacky Chorin e.a.) synthétise cette ligne FO/CGT : rejet d'Hercule et retour à un statut d'EPIC par une nationalisation choisie par le Parlement plutôt que par une OPA.
Du côté des dirigeants et des décideurs, le ton est plus mesuré. Bruno Bensasson (M. Bruno Bensasson), répondant aux craintes de cession post-Hercule, défend le modèle de partenariat d'EDF Renouvelables — « je préfère grandir en partenariat que rétrécir seul » — tout en se disant respectueux de la décision de l'État propriétaire et en jugeant prématuré de dire comment l'avenir du groupe sera dessiné. À rebours, une option historiquement inverse est rappelée par Nicolas Sarkozy (M. Nicolas Sarkozy), qui confie avoir « pensé à ouvrir davantage le capital d'EDF », estimant que « l'État n'est pas un bon actionnaire, car il n'a jamais les disponibilités pour aider à investir ».
Point saillant transversal : Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) déplace le diagnostic des difficultés d'EDF, en jugeant que « le premier enjeu est de production » plutôt que de tarif.
Qui en parle
- Élisabeth Borne (Mme Élisabeth Borne) : ligne gouvernementale, intégrité impérative du groupe et rejet du démantèlement ; diagnostic centré sur la production.
- Philippe Page Le Mérour (M. Philippe Page Le Mérour e.a.) : critique syndicale, dénonce une « étatisation par OPA » et un montage de désintégration opaque.
- Jacky Chorin (FO, M. Jacky Chorin e.a.) : refus de l'OPA, loi de nationalisation et retour à l'EPIC.
- Bruno Bensasson (M. Bruno Bensasson) : direction d'EDF Renouvelables, modèle de partenariat, respect de la décision de l'État, réserve sur l'avenir.
- Nicolas Sarkozy (M. Nicolas Sarkozy) : option non réalisée d'ouverture du capital, État jugé mauvais actionnaire.