Nadège Abomangoli
Role dans la commission : Depute membre — groupe LFI-NFP
Biographie
Nadège Abomangoli est née le 15 septembre 1975 à Brazzaville (Congo). Franco-congolaise, elle grandit en Seine-Saint-Denis (Épinay-sur-Seine). Elle est titulaire d'un master d'histoire de l'université Paris-Sorbonne (Paris IV), d'un master de communication médias et publique de Sciences Po Paris et a étudié la communication au CELSA (Sorbonne Université).
Cadre de la fonction publique territoriale, elle a exercé comme contrôleuse interne et gestionnaire des risques. Elle a notamment géré des budgets délégués à la direction du Patrimoine et de l'Architecture de la Ville de Paris (2006-2012), été assistante parlementaire au Sénat (2013-2015), puis chargée de communication interne et de gestion des risques à la Ville de Paris (2016-2022).
Son parcours politique commence au Parti socialiste, qu'elle rejoint en 2006 après un passage par SOS Racisme. Elle en devient porte-parole en 2014 sous Jean-Christophe Cambadélis. En 2019, après treize ans d'engagement au PS, elle rejoint La France insoumise. Ses mandats : conseillère régionale d'Île-de-France (2010-2015), conseillère départementale de Seine-Saint-Denis, canton d'Épinay-sur-Seine (2015-2021), conseillère municipale de Pantin (2020-2026).
Élue députée de la 10e circonscription de Seine-Saint-Denis en 2022 sous la bannière NUPES, elle est réélue dès le premier tour en 2024 sous celle du Nouveau Front populaire. À l'Assemblée nationale, elle siège à la commission des Affaires étrangères. Élue vice-présidente de l'Assemblée nationale le 19 juillet 2024 (troisième vice-présidence, puis première vice-présidente depuis le 1er octobre 2025), elle devient le 21 octobre 2024 la première femme noire à présider une séance de l'Assemblée nationale.
Dans la commission
Députée membre (LFI-NFP), Nadège Abomangoli intervient à six auditions (13 interventions). Sa ligne défend un audiovisuel public fort face à ce qu'elle décrit comme une menace de « droitisation », tout en portant une critique de gauche : elle conteste que le service public soit réellement pluraliste et dénonce des biais au détriment de sa famille politique.
- Pluralisme et déformation des propos (M. Patrick Cohen). Elle attaque la prétention du service public au « pluralisme le plus absolu » et interroge le cumul des fonctions éditorialiste / directrice de l'information (cas Saint-Cricq), rappelant que « la qualité du service public repose sur l'expression du pluralisme et la non-déformation des propos d'autrui ».
- Déontologie et conflits d'intérêts (M. Thomas Legrand, M. Alexandre Kara). Elle soutient les journalistes du service public contre l'extrême droite tout en posant des exigences déontologiques : elle demande s'il est « normal que Léa Salamé, dont le compagnon est candidat à l'élection présidentielle, occupe un tel espace sur le service public » (M. Thomas Legrand). En M. Alexandre Kara, invoquant le précédent Pulvar, elle presse sur le calendrier : « Quels signaux attendriez-vous pour appliquer ces règles déontologiques que vous évoquez ? » — convergence tactique inhabituelle avec le rapporteur sur le fond déontologique, quand la figure visée est proche du PS.
- Concentration et ingérence de l'actionnaire (M. Vincent Bolloré). Face à Vincent Bolloré, elle décrit les chaînes du groupe comme un contre-modèle « monolithique » et confronte l'audité à ses propos sous serment : « Aussi la question de votre sincérité se pose-t-elle. M. de Villiers et M. Onfray ont-ils menti ? »
- Divertissement et diversité (M. Jacques Cardoze). Elle déplace la question de la représentativité vers la diversité culturelle et générationnelle réellement à l'écran : « je constate plutôt que la France telle qu'elle est, dans sa diversité, n'est pas vraiment présentée dans le divertissement » (exemple des musiques les plus écoutées, absentes de la télévision).
- Menace de « CNewsisation » (Mme Delphine Ernotte Cunci). Elle conteste que le service public soit trop coûteux ou « woke », s'inquiète du transfert du plateau de France 3 Paris Île-de-France vers France Info et du recrutement de journalistes venus de CNews, et lance : « Ou vous dirigez-vous vers une sorte de "CNewsisation" ou de "BFMisation" de l'information sur le service public de l'audiovisuel ? » Elle glisse également un « Fake news ! » lors d'un échange sur la dotation publique.
Fil rouge : pour Abomangoli, le danger pour le service public n'est pas un excès de progressisme mais un alignement sur les codes des chaînes d'opinion privées (galaxie Bolloré), au détriment du pluralisme réel et de l'information de proximité.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Nadège_Abomangoli
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA795228
- https://nadegeabomangoli.fr/biographie/
- https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20251001-nadège-abomangoli-une-vice-présidente-de-l-assemblée-incarnation-des-fractures-à-gauche
- https://www.lagazettefrance.fr/article/nadege-abomangoli-une-vice-presidente-de-l-assemblee-incarnation-des-fractures-a-gauche