Domaine : Logiciel libre & communs numériques · Sujet : logiciel-libre
Couverture : 23 citations · 7 positions · 9 auditions
_Slugs bruts fusionnés : logiciel-libre, logiciel-libre-open-source, logiciel-libre-definition, open-source, logiciel-libre-anssi_
Positions exprimées
- (table ronde) (des fournisseurs de cloud .) : L'open source, sans licence tierce (VMWare/Broadcom/IBM/Red Hat/Microsoft/Google), est la garantie d'indépendance technologique et de protection contre le kill switch logiciel et le pricing power. _(tranchant 4)_
- M. Tomasz Blanc (M. Tomasz Blanc) : Le logiciel libre est le pilier de la souveraineté : priorité systématique depuis 2010 (DGFIP), virage Linux dès les années 2000 (gendarmerie), avec support par des entreprises françaises et contribution aux communautés open source ; il faut néanmoins une discipline interne et un effort de pédagogie constant. _(tranchant 4)_
- M. Luca Belli (M. Luca Belli) : Adopter le logiciel libre sans le produire mène à une impasse : c'est l'erreur du Brésil (2003-2017), qui a rendu son administration totalement dépendante des GAFAM ; la souveraineté exige de produire la technologie, pas seulement de la consommer. _(tranchant 4)_
- M. Henri Verdier (M. Henri Verdier) : Les logiciels libres et communs numériques sont un levier de souveraineté à part entière, massivement sous-financé par la puissance publique et à soutenir bien davantage. _(tranchant 3)_
- M. Bernard Benhamou (M. Bernard Benhamou) : L'open source est une industrie à part entière et non un hobby ; il ne faut pas dissocier le logiciel des infrastructures matérielles, car tout est lié (IA, robotique, data centers, réseaux). _(tranchant 3)_
- (table ronde) (des acheteurs publics) : Les centrales investissent leurs fonds propres pour construire des alternatives souveraines packagees (CAIH « Alternative », ECS de la Canut) car l'open source brut n'est pas deployable en l'etat dans les grands systemes d'information. _(tranchant 3)_
- (table ronde) (des directeurs de systèmes d’information de ministères) : Le libre est privilégié depuis longtemps (continuité, réversibilité) mais n'est pas une doctrine absolue : il doit subir la même analyse de dépendance que le privé, et l'État doit désormais contribuer activement, y compris financièrement, aux communautés. _(tranchant 3)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Ce service, réservé aux fonctionnaires, coûte aujourd'hui 11 centimes par an et par agent public. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Preuve chiffrée qu'une alternative publique en logiciel libre (Tchap) peut coûter un ordre de grandeur de moins qu'une offre de marché (20 €/agent)._
« Bien qu'il ne soit pas actuellement prévu de s'en passer complètement, d'autres systèmes existent et certaines administrations, comme la gendarmerie nationale, ont fait le choix de déployer un système d'exploitation libre. »
— Emmanuel Marcovitch — Cour des comptes (audite, audition de M. Emmanuel Marcovitch, 2026-03-17)
_Montre qu'une alternative libre à un standard dominant (Windows) est déployable à grande échelle, contre l'idée d'une fatalité de la dépendance._
« Même nos équipes, IT (technologies de l’information) et métiers, sont au bord du burn-out numérique si on les prive de la suite bureautique à laquelle elles ont été biberonnées depuis des années. »
— Lionel Schweitzer — Canut (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Metaphore forte du verrouillage par l'usage : la dependance a Microsoft est aussi humaine et culturelle, d'ou l'enjeu de former les generations futures a d'autres outils._
« Au début, le modèle économique de la société éditrice repose sur un logiciel libre avant qu'un nouvel investisseur n'arrive, et que la stratégie ne change : la version libre est alors réduite à peau de chagrin, les maintiens en conditions opérationnelles et de sécurité ou les fonctionnalités de grande valeur que l'on utilisait deviennent payantes. »
— Mathieu Weill — Ministère de l'intérieur (DTNUM) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Décrit le mécanisme du basculement du libre vers le payant après entrée d'un fonds : le libre n'immunise pas contre la dépendance._
« Cela concerne plusieurs sociétés, mais l'une, en particulier, dont le logo représente un chapeau rouge, nous pose des difficultés dans le domaine des systèmes d'exploitation des serveurs. »
— Yves Billon — Ministères économiques et financiers (Bercy) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Désigne Red Hat sans le nommer comme cas de « faux libre » problématique, y compris sur des briches réputées ouvertes._
« Il y a quelques années, l'État pouvait être perçu comme un grand promoteur du logiciel libre, mais peut-être surtout en tant que passager clandestin. »
— Yves Billon — Ministères économiques et financiers (Bercy) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Autocritique rare : l'État a bénéficié du libre sans y contribuer, ce qui pose la question de sa contribution financière aux communautés._
« On peut faire de la bureautique avec LibreOffice, mais on ne bénéficie pas de l'expérience utilisateur d'Office 365, de l'expérience cloud – il a fallu reconstruire beaucoup de choses derrière. »
— Yves Billon — Ministères économiques et financiers (Bercy) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Reconnaît honnêtement le retard fonctionnel de l'alternative libre face à la rupture cloud d'Office 365._
« c'est donc le plus grand Nextcloud de France, si ce n'est d'Europe. »
— Audran Le Baron — Ministère de l'éducation nationale (DNE) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Preuve qu'un logiciel libre souverain peut passer à très grande échelle dans l'État (300 000 utilisateurs, 1 200 To)._
« Je retiens de vos propos que nous devons faire passer l'INSP (Institut national du service public) directement à LibreOffice ! »
— Philippe Latombe (president, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)
_Boutade du président qui synthétise la portée politique du débat : la transition doit venir du sommet de l'État._
« Le fait de repeindre en bleu, blanc, rouge ou aux couleurs de l'Europe des technologies américaines ne confère aucune indépendance technologique. »
— Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Attaque frontale contre les offres « souveraines » adossées à des technologies US ; plaide pour un critère d'indépendance technologique dans les référentiels._
« Tout ce que nous produisons est en open source ; nous n'utilisons aucune licence dans le développement et la construction de nos logiciels. »
— Éric Haddad — NumSpot (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Revendique le tout-open source comme garantie de réversibilité et d'indépendance._
« Le SOC que nous avons est celui de La Poste. »
— Éric Haddad — NumSpot (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Précision en réponse au président : le SOC utilisé est celui de La Poste, le reste étant open source._
« Au sein de l’État, certaines administrations veillent à la sécurité des Airbus et des Boeing, tandis que d’autres soutiennent Airbus, et cette séparation répond à une logique fondée. »
— M. Vincent Strubel — Anssi (audite, audition de M. Vincent Strubel, 2026-04-30)
_Analogie aéronautique justifiant la neutralité de l'Anssi entre régulateur de sécurité et soutien industriel._
« l’Anssi figure ainsi parmi les principales administrations productrices de logiciels libres. »
— M. Vincent Strubel — Anssi (audite, audition de M. Vincent Strubel, 2026-04-30)
_Montre l'engagement de l'Anssi dans l'open source comme réponse à l'absence d'alternatives d'outils._
« Historiquement dominé par des acteurs américains, ce domaine a longtemps imposé un arbitrage entre performance et souveraineté, ce dernier critère s’étant largement imposé ces dernières années. »
— M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Pose le cadre historique : la souveraineté a pris le pas sur la seule performance dans les arbitrages numériques de l'État._
« Pour ce dernier outil, un investissement de 1,5 million d’euros dans l’amélioration du code source nous a évité des millions d’euros de redevances annuelles. »
— M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Chiffre concret du retour sur investissement de la contribution au libre (Samba) plutôt que le paiement de licences._
« L’incident CrowdStrike de 2024, où une mise à jour défectueuse a paralysé 8,5 millions d’ordinateurs, démontre qu’un tel accident constituerait, pour la police et la gendarmerie, une rupture grave de la protection des populations. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Exemple concret de fragilité de la chaîne d'approvisionnement logiciel justifiant la maîtrise interne du code._
« Aujourd’hui, nous ne possédons plus aucun serveur Windows et seuls 1 054 postes sur 80 000 conservent ce système pour des besoins de niche très spécifiques. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Preuve chiffrée d'un désengagement quasi total de Windows, stade avancé de la transition vers le libre._
« Depuis 2004, ces dépenses évitées s’élèvent précisément à 534 millions d’euros. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Chiffrage massif des économies budgétaires du choix du libre sur vingt ans, argument de poids en budget contraint._
« Un acteur comme Microsoft déploie une stratégie de lobbying extrêmement efficace dès le milieu scolaire, et cette approche n’a rien d’anodin puisqu’une personne formée exclusivement sur ces outils dès son plus jeune âge cherchera naturellement à les retrouver dans sa vie professionnelle. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Désigne le lobbying scolaire de Microsoft comme cause structurelle du verrouillage des administrations._
« L’erreur a été de concevoir l’open source uniquement comme une solution à adopter, et non comme une technologie à produire. »
— M. Luca Belli — Fondation Getulio Vargas (FGV), Rio de Janeiro (audite, audition de M. Luca Belli, 2026-05-07)
_Leçon transposable à la France : l'adoption de logiciel libre ne fonde pas la souveraineté ; il faut produire la technologie, pas seulement la consommer._
« Cet engagement s’appuie sur l’atout juridique unique que constitue l’article 219 de la Constitution fédérale, qui érige l’autonomie technologique en objectif constitutionnel. À ma connaissance, aucun autre pays au monde n’inscrit une telle nécessité dans sa loi fondamentale. »
— M. Luca Belli — Fondation Getulio Vargas (FGV), Rio de Janeiro (audite, audition de M. Luca Belli, 2026-05-07)
_Rareté juridique frappante : le Brésil constitutionnalise l'autonomie technologique, ce qui ouvre une réflexion sur l'ancrage juridique de la souveraineté en France/UE._
« rendant aujourd’hui l’administration publique totalement dépendante des grands fournisseurs comme Google, Microsoft ou AWS. »
— M. Luca Belli — Fondation Getulio Vargas (FGV), Rio de Janeiro (audite, audition de M. Luca Belli, 2026-05-07)
_Diagnostic sans détour de l'échec : l'abandon de la stratégie open source a conduit à une dépendance totale de l'État aux hyperscalers américains._