La part du citoyen

Marché de l'électricité, ARENH et prix

Prix de l'ARENH (42 euros) et révision bloquée

Le dossier du prix de l'ARENH revient de façon récurrente dans les auditions, traité à la fois comme un mécanisme de marché et comme une décision administrative contestée. Le président de la commission pose lui-même le cadre du débat en interrogeant : « Pourquoi le prix de l'Arenh n'a-t-il pas été revalorisé comme le prévoyait la loi Nome ? » (M. Raphaël Schellenberger, M. Jean-Bernard Lévy). La question de la révision gelée du tarif de 42 euros constitue ainsi le coeur du dossier décisionnel examiné.

Un premier constat est partagé sur le rôle structurant de l'ARENH dans la formation des prix. Selon M. Jean-Luc Tavernier (M. Jean-Luc Tavernier), la flambée des prix de production est liée au dispositif et au mécanisme de prix marginal européen : « Tout cela est lié au dispositif d'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (Arenh) », et « la centrale marginale appelée, la centrale à gaz, fait monter le prix de l'électricité sur le marché ».

Le clivage principal porte sur le niveau et la nature du prix de 42 euros. Pour M. Pierre-Marie Abadie (M. Pierre-Marie Abadie), le problème vient du gel du tarif et du blocage du décret : « L'incapacité à sortir du décret a été réellement pénalisante, car nous n'avons pas pu nous ajuster au coût réel du grand carénage. » Le rapporteur Antoine Armand (M. Pierre-Marie Abadie) formule une hypothèse plus accusatoire, le mécanisme ayant « sabordé la capacité d'investir d'EDF ». M. Philippe de Ladoucette (M. Philippe de Ladoucette) conteste pour sa part le chiffre lui-même : « le prix ne s'élevait pas à 42 euros, car il évoluait plutôt entre 36 euros et 39 euros », et révèle que la CRE était « profondément convaincu[e] que le tarif de 42 euros ne se justifiait pas », mais a tu son désaccord pour ne pas « être accusé[e] de favoriser une situation de risque au niveau du nucléaire ». Il souligne cependant que le grand carénage aurait pu être couvert si « le prix de l'ARENH avait évolué annuellement ».

M. Luc Rémont (M. Luc Rémont) prolonge cette contestation de la légitimité économique du prix : « Ces 42 euros ne sont pas un coût de production, mais une décision administrative. » Il apporte un chiffre clé en distinguant le tarif affiché du prix réel : « la part énergie du tarif régulé de vente s'établit à 135 euros. » Il appelle à un changement de paradigme, EDF devant facturer « au-dessus de 42 euros du mégawattheure » et reflétant « les coûts économiques de long terme », le nucléaire ne devant « plus payer pour l'ensemble de la collectivité ».

Enfin, M. Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) déplace le débat vers le marché européen : la France « aurait pu et dû suspendre provisoirement la fixation du prix de l'électricité sur le marché européen dès mars 2022, comme l'ont fait l'Espagne et le Portugal ».

Qui en parle

Interventions regroupées (12 citations · 6 auditions)

Domaine : Marché de l'électricité, ARENH et prix · Sujet : arenh-prix-niveau

Couverture : 12 citations · 5 positions · 6 auditions

_Slugs bruts fusionnés : prix-arenh, prix-arenh-42-euros, cout-arenh-prix-electricite, cout-production-42-euros, revalorisation-arenh-avortee, revalorisation-arenh-bloquee, suspension-prix-2022_

Positions exprimées

  • M. Pierre-Marie Abadie (M. Pierre-Marie Abadie) : L'absence d'indexation et de révision du prix à 42 euros fut une erreur rétrospective ; le blocage du décret a empêché l'ajustement au coût réel du grand carénage. _(tranchant 4)_
  • M. Jean-Luc Tavernier (M. Jean-Luc Tavernier) : La flambée des prix de production d'électricité est liée à l'Arenh et au mécanisme de prix marginal européen, la centrale à gaz fixant le prix. _(tranchant 2)_
  • M. Philippe de Ladoucette (M. Philippe de Ladoucette) : Le prix justifié de l'ARENH se situait entre 36 et 39 euros, pas 42 euros ; le 42 euros ne se justifiait pas mais la CRE n'a pas voulu être accusée de fragiliser le nucléaire. _(tranchant 2)_
  • M. Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) : La France aurait pu et du suspendre provisoirement la fixation du prix de l'electricite sur le marche europeen des mars 2022, comme l'ont fait l'Espagne et le Portugal. _(tranchant 2)_
  • M. Luc Rémont (M. Luc Rémont) : Les 42 euros sont une decision administrative et non un cout de production ; EDF doit pouvoir facturer au-dessus de 42 euros et former librement ses prix a partir de ses couts economiques de long terme. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Tout cela est lié au dispositif d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh). »

M. Jean-Luc Tavernier (audite, audition de M. Jean-Luc Tavernier, 2022-11-09)

_Relie explicitement la flambée des prix de production d'électricité au mécanisme Arenh, sujet politiquement sensible de la commission._

« la centrale marginale appelée, la centrale à gaz, fait monter le prix de l’électricité sur le marché. »

M. Jean-Luc Tavernier (audite, audition de M. Jean-Luc Tavernier, 2022-11-09)

_Explique le mécanisme du prix marginal européen qui couple prix du gaz et prix de l'électricité, au coeur du débat sur le marché de l'électricité._

« Pourquoi le prix de l’Arenh n’a-t-il pas été revalorisé comme le prévoyait la loi Nome ? »

M. le président Raphaël Schellenberger (president, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)

_Question d'ouverture du président ciblant le coeur du dossier décisionnel de la commission._

« L’incapacité à sortir du décret a été réellement pénalisante, car nous n’avons pas pu nous ajuster au coût réel du grand carénage. »

Pierre-Marie Abadie (audite, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)

_Identifie le blocage politico-administratif autour du prix comme cause majeure du dysfonctionnement._

« soit le mécanisme de l’ARENH, au-delà du calcul en lui-même, a sabordé la capacité d’investir d’EDF. »

Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Pierre-Marie Abadie, 2023-01-10)

_Hypothèse accusatoire du rapporteur reliant directement l'ARENH à l'affaiblissement de l'investissement d'EDF._

« Certes, mais le prix ne s’élevait pas à 42 euros, car il évoluait plutôt entre 36 euros et 39 euros. »

M. Philippe de Ladoucette (audite, audition de M. Philippe de Ladoucette, 2023-01-19)

_Affirme techniquement que le prix justifié de l'ARENH était inférieur à 42 euros, point central du débat sur la spoliation d'EDF._

« Nous étions profondément convaincus que le tarif de 42 euros ne se justifiait pas, mais nous ne voulions pas être accusés de favoriser une situation de risque au niveau du nucléaire. »

M. Philippe de Ladoucette (audite, audition de M. Philippe de Ladoucette, 2023-01-19)

_Révèle que la CRE a tu son désaccord sur le 42 euros par crainte d'être accusée de fragiliser le nucléaire._

« Si le prix de l’ARENH avait évolué annuellement, les investissements consentis dans ce domaine, qui ont ensuite pris le nom de grand carénage, auraient parfaitement pu entrer dans ce tarif. »

M. Philippe de Ladoucette (audite, audition de M. Philippe de Ladoucette, 2023-01-19)

_Démontre que le problème vient du gel du prix, pas du dispositif lui-même : le grand carénage aurait pu être couvert._

« Cependant, le nucléaire ne doit plus payer pour l’ensemble de la collectivité, car il doit maintenant être en mesure d’investir pour son propre avenir. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Renversement doctrinal : le nucleaire passe d'instrument de subvention collective a entreprise devant financer son renouvellement._

« Ces 42 euros ne sont pas un coût de production, mais une décision administrative. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Conteste la legitimite economique du prix ARENH, cle de sa demarche de reformation libre des prix._

« le prix actuel ne s’élève pas à 42 euros ; il combine 42 euros et un mix de marché. La part énergie du tarif régulé de vente s’établit à 135 euros. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Donne un chiffre concret (135 euros) qui demystifie le mythe du tarif a 42 euros._

« nous devons accepter qu’EDF facture son électricité au-dessus de 42 euros du mégawattheure pour une partie significative de ses activités et qu’elle contractualise à long terme avec ses clients dans des conditions qui reflètent les coûts économiques de long terme. »

Luc Rémont (audite, audition de M. Luc Rémont, 2023-02-28)

_Demande explicite d'un changement de paradigme tarifaire adressee aux pouvoirs publics et aux citoyens._