La part du citoyen

Gouvernance, rôle de l'État et stratégie énergétique

Lois de transition énergétique et Grenelle

Le corpus traite deux grands moments législatifs : le Grenelle de l'environnement et la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015. Les intervenants convergent sur un constat central : la question du nucléaire a été tenue à l'écart du débat public structurant, et le suivi des politiques votées n'a pas été assuré.

Sur le Grenelle, Nathalie Kosciusko-Morizet (Mme Nathalie Kosciusko-Morizet) rappelle que « le nucléaire – au même titre que la chasse – avait été exclu du champ du Grenelle », alors qu'il représente 80 % de l'électricité. Elle concède un effet démocratique négatif : « en procédant ainsi, nous avons laissé se propager le sentiment que le nucléaire se développe dans l'ombre du débat public ». Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) défend pour sa part le Grenelle comme « un véritable processus démocratique de consensus, pas un marchandage », pour qui le nucléaire « n'a jamais constitué un casus belli avec les ONG ». Il dénonce toutefois l'abandon du suivi : « Le Grenelle a établi 256 mesures. Nous les avons fait voter. Un comité de suivi a travaillé durant un an. Il est inscrit dans la loi ; or, où est-il ? »

La loi de 2015 fait l'objet d'un jugement frontal de Dominique Maillard (M. Dominique Maillard), qui la qualifie de « mauvaise loi car elle consiste en une accumulation d'objectifs » dont « la cohérence n'a jamais été vérifiée », et qui fixe une part de nucléaire sans considération des prix. Pour lui, « la somme de ces objectifs sombre quelque peu dans l'incantation ».

Le clivage le plus net oppose les acteurs sur le traitement politique du nucléaire et sur la responsabilité du « détricotage » de la loi de 2015. Daniel Verwaerde (M. Daniel Verwaerde) relie l'attitude des gouvernants à l'effondrement du système : « Un gouvernement qui a le "nucléaire honteux" conduit de facto à la déconfiture du système de production d'énergie national », illustrant le tabou par une anecdote sur Nicolas Hulot l'ayant invité à parler « de tout ce que faisait le CEA, mais pas du nucléaire ». À l'inverse, Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) défend une doctrine d'équilibre refusant l'opposition idéologique : « on ne peut pas être pour ou contre le nucléaire, mais uniquement pour un modèle énergétique équilibré, nous fournissant une énergie la moins chère possible ». Michèle Pappalardo (M. Nicolas Hulot) répond avec ironie à une accusation nominative de Royal sur le détricotage de la loi : « Heureusement, les directrices de cabinet n'ont pas le pouvoir de détricoter les lois ! »

Côté présidence, Raphaël Schellenberger (Mme Corinne Lepage) cadre l'audition de l'ancienne ministre sur le rôle institutionnel passé : « Mes questions s'adresseront davantage à l'ancienne ministre et à la juriste qu'à la citoyenne ».

Points saillants : 256 mesures pour le Grenelle, un comité de suivi inscrit dans la loi mais disparu ; nucléaire (80 % de l'électricité) exclu du Grenelle ; loi de 2015 jugée incantatoire et fixant une part de nucléaire sans logique de prix.

Qui en parle

Interventions regroupées (10 citations · 7 auditions)

Domaine : Gouvernance, rôle de l'État et stratégie énergétique · Sujet : lois-transition-energetique

Couverture : 10 citations · 2 positions · 7 auditions

_Slugs bruts fusionnés : loi-2015-mauvaise-loi, loi-ltecv-2015, tepcv-loi-royal, grenelle-environnement, loi-laure-air-non-appliquee, transition-energetique-priorite_

Positions exprimées

  • M. Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) : La loi de transition energetique de 2015 est une mauvaise loi car elle accumule des objectifs incantatoires dont la coherence n'a jamais ete verifiee, et fixe une part de nucleaire sans consideration des prix. _(tranchant 2)_
  • M. Jean-Louis Borloo (M. Jean-Louis Borloo) : Le Grenelle fut un veritable processus democratique de consensus, pas un marchandage ; le nucleaire n'a jamais constitue un casus belli avec les ONG, contrairement au projet Montagne d'or. _(tranchant 1)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Un gouvernement qui a le « nucléaire honteux » conduit de facto à la déconfiture du système de production d’énergie national. »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Formule cinglante reliant l'attitude politique envers le nucleaire a l'effondrement du systeme energetique._

« Lors de notre première rencontre, il m’a invité à parler « de tout ce que faisait le CEA, mais pas du nucléaire ». »

M. Daniel Verwaerde (audite, audition de M. Daniel Verwaerde, 2022-12-06)

_Anecdote sur Nicolas Hulot illustrant le tabou politique du nucleaire au sommet de la tutelle._

« Mes questions s'adresseront davantage à l'ancienne ministre et à la juriste qu'à la citoyenne »

Raphaël Schellenberger (president, audition de Mme Corinne Lepage, 2023-01-10)

_Le president cadre l'audition sur le role institutionnel passe plutot que sur les opinions militantes._

« je pense principalement à la loi relative à la transition énergétique de 2015, qui, selon moi, est une mauvaise loi car elle consiste en une accumulation d’objectifs. »

Dominique Maillard (audite, audition de M. Dominique Maillard, 2023-01-26)

_Jugement frontal sur la loi de 2015 en reponse directe a la question du rapporteur sur les mauvaises decisions._

« La somme de ces objectifs sombre quelque peu dans l’incantation. »

Dominique Maillard (audite, audition de M. Dominique Maillard, 2023-01-26)

_Condamnation stylistiquement forte de l'empilement d'objectifs de la loi de 2015._

« Le Grenelle a établi 256 mesures. Nous les avons fait voter. Un comité de suivi a travaillé durant un an. Il est inscrit dans la loi ; or, où est-il ? »

M. Jean-Louis Borloo (audite, audition de M. Jean-Louis Borloo, 2023-01-26)

_Illustration concrete de l'abandon du suivi des politiques publiques pourtant inscrit dans la loi._

« le nucléaire – au même titre que la chasse – avait été exclu du champ du Grenelle. »

Nathalie Kosciusko-Morizet (audite, audition de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, 2023-02-02)

_Fait structurant : le nucleaire, 80 % de l'electricite, a ete sorti du grand debat environnemental._

« en procédant ainsi, nous avons laissé se propager le sentiment que le nucléaire se développe dans l’ombre du débat public. »

Nathalie Kosciusko-Morizet (audite, audition de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, 2023-02-02)

_Concession importante au rapporteur sur le deficit democratique cree par l'exclusion du nucleaire._

« Quand un travail est engagé de manière consensuelle, dans l’intérêt énergétique de la France, l’idéologie pro- ou antinucléaire, n’a aucun sens. De mon point de vue, on ne peut pas être pour ou contre le nucléaire, mais uniquement pour un modèle énergétique équilibré, nous fournissant une énergie la moins chère possible, nous garantissant une indépendance et une stabilité des règles. »

Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)

_Pose la doctrine de fond défendue par Royal tout au long de l'audition : refus de l'opposition idéologique entre nucléaire et renouvelables._

« Heureusement, les directrices de cabinet n’ont pas le pouvoir de détricoter les lois ! »

Mme Michèle Pappalardo (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)

_Reponse ironique de Pappalardo a l'accusation nominative de Segolene Royal sur le detricotage de la loi de transition energetique._