Domaine : Économie d'EDF, statut et État actionnaire · Sujet : relations-etat-edf
Couverture : 20 citations · 5 positions · 6 auditions
_Slugs bruts fusionnés : relations-etat-edf, etat-vs-edf-centre-decision, subordination-politique-edf, edf-tout-va-bien, loyaute-edf-gouvernement, edf-areva-gouvernance_
Positions exprimées
- M. Pierre Gadonneix (M. Pierre Gadonneix) : Un ancien president d'EDF, comme l'entreprise elle-meme, doit s'abstenir de tout propos polemique et de tout desaccord public avec le gouvernement ou l'ASN ; la confiance totale est la condition du modele. _(tranchant 3)_
- M. Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) : La subordination d'EDF aux décisions politiques élues est souhaitable malgré ses coûts ; le PDG applique la loi et n'a pas à avoir d'opinion personnelle sur le mix. _(tranchant 3)_
- Mme Barbara Pompili (Mme Barbara Pompili) : EDF a systematiquement minimise les problemes (maintenance, soudures, hiver) avec un Tout va tres bien, madame la marquise, et porte une part de responsabilite qu'elle assume sous serment. _(tranchant 3)_
- Mme Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) : Le veritable centre de decision du nucleaire civil etait EDF et non l'Etat, ce dernier ne disposant meme pas des elements financiers necessaires. _(tranchant 2)_
- M. François de Rugy (M. François de Rugy) : EDF est une entreprise opaque, en difficulté de longue date, habituée à l'absence de débat politique ; la primauté de la décision appartient au pouvoir politique, pas à sa direction ni à ses syndicats. _(tranchant 2)_
Citations (verbatim, sourcées)
« C’est donc avec beaucoup de tristesse que je constate la dégradation depuis dix ans du modèle français que j’ai connu. »
— Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)
_Pose d'emblee le diagnostic de declin du modele EDF sur la derniere decennie._
« Le rôle d’un ancien président d’EDF est de ne surtout pas gêner les dirigeants en place. »
— Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)
_Explique la prudence systematique de ses reponses et sa retenue sur les responsabilites politiques._
« Pour que le modèle dans lequel a évolué EDF fonctionne, il faut une confiance totale entre l’entreprise et le gouvernement. Il ne peut pas y avoir de différence. »
— Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)
_Theorise la loyaute absolue entre EDF et l'Etat comme condition de fonctionnement du modele._
« Aujourd’hui comme à l’époque, ma préoccupation principale est de ne rien dire qui puisse gêner l’entreprise. »
— Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)
_Justifie son refus de propos polemique face aux questions sur les responsabilites passees._
« Il ne peut pas y en avoir non plus entre EDF et l’ASN. Si on n’est pas d’accord, on discute pour trouver une solution, mais on n’en parle surtout pas publiquement. »
— Pierre Gadonneix (audite, audition de M. Pierre Gadonneix, 2022-12-08)
_Revele une conception du dialogue EDF-ASN tenu hors de la place publique._
« EDF a appliqué la loi. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Réponse lapidaire qui constitue la ligne de défense sur Fessenheim : EDF n'a fait qu'exécuter la décision politique._
« Il va de soi que le PDG d’EDF en tant que mandataire social de l’entreprise aurait commis une faute de gestion si EDF avait poursuivi les travaux pour prolonger la durée de vie des réacteurs de Fessenheim en ignorant tant la loi de 2015 que le décret de 2012. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Justifie juridiquement l'arrêt de Fessenheim en le présentant comme une obligation et non un choix._
« Donc, vous n’étiez pas en contradiction suffisamment importante avec ces objectifs pour refuser le poste et les responsabilités qu’il impliquait ? »
— M. Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Le rapporteur fait reconnaître à Lévy son adhésion implicite à l'objectif de réduction du nucléaire à 50 %._
« Quant au nucléaire civil, j'ai eu le sentiment tout au long de l'exercice de mes fonctions que le centre de décision n'était pas l'État, mais EDF. »
— Corinne Lepage (audite, audition de Mme Corinne Lepage, 2023-01-10)
_Affirmation forte sur la gouvernance du nucleaire, directement liee a la question de la perte de souverainete de l'Etat._
« Comment l'État peut-il décider en toute connaissance de cause, quand il ne possède même pas les éléments financiers qui lui sont propres ? »
— Corinne Lepage (audite, audition de Mme Corinne Lepage, 2023-01-10)
_Illustre concretement l'asymetrie d'information entre l'Etat et EDF (cas Castaing / Bercy)._
« Lors du passage d'une fonction privée à une fonction publique, il me paraît très problématique de ne pas être capable d'abandonner cette première fonction »
— Corinne Lepage (audite, audition de Mme Corinne Lepage, 2023-01-10)
_Renvoie au rapporteur (ancien serviteur de l'Etat) la question du changement de posture, defendant son sens de l'Etat._
« Le véritable sujet d’EDF, c’était Areva : EDF estimait être, et je peux le comprendre, chef de file du nucléaire en France, tandis qu’Areva ne jouait qu’un rôle de fournisseur. »
— M. Jean-Louis Borloo (audite, audition de M. Jean-Louis Borloo, 2023-01-26)
_Recentre le diagnostic des difficultes d'EDF sur la rivalite avec Areva plutot que sur les prix._
« La réponse, dont je ne pense pas qu’elle était liée à ma personnalité, était toujours : « Tout va très bien, madame la marquise. » »
— Mme Barbara Pompili (audite, audition de Mme Barbara Pompili, 2023-02-15)
_Formule marquante resumant son rapport critique a EDF et au deni des problemes._
« L’autre phénomène est la chute jamais vue des disponibilités du parc nucléaire français, c’est-à-dire la capacité des centrales nucléaires à produire de l’électricité, à l’inverse de tout ce que nous avaient indiqué les responsables d’EDF, en tout cas pendant toute la période où j’étais ministre, c’est incontestable. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Cœur de la défense de De Rugy : la dégradation actuelle vient d'EDF qui assurait le contraire, pas des choix politiques._
« Il est sûr que l’on ne peut pas faire un scénario qui inclut une telle chute de la production alors que l’opérateur – il n’y en a qu’un, EDF – indique, chaque fois qu’on le consulte « nous assurerons le même taux de disponibilité », malgré l’âge avancé des réacteurs, qui était connu. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Reporte la responsabilité de l'imprévision sur les assurances d'EDF, dédouane RTE et le politique._
« il y avait une forme d’État dans l’État, où les ministres n’étaient pas forcément informés de façon fiable, honnête, de bonne foi par un certain nombre d’acteurs qui se considéraient comme pouvant agir en propre sans avoir de compte à rendre aux décideurs politiques. Une partie des problèmes actuels vient de là »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Accusation grave : une partie des problèmes actuels vient d'un défaut de contrôle politique sur la filière._
« Ce n’est pas l’Arenh qui est responsable des coûts de production d’EDF. Il faut que chacun prenne ses responsabilités. Il faut que l’on arrête de raconter n’importe quoi. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Réfutation tranchée de la thèse syndicale et EDF faisant de l'Arenh la cause des difficultés._
« Mais comme à l’époque, EDF déclarait que ses coûts de production étaient très bas, elle s’est retrouvée prise à son propre piège, avec un prix à 42 euros qui, objectivement, n’était pas suffisant dans le temps. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Retourne la responsabilité du prix bas de l'Arenh sur EDF elle-même._
« Vous êtes parlementaires, une fois que vous avez débattu et que vous procédez à des votes, vous êtes détenteurs de la définition de l’intérêt général. Ce n’est le cas, ni de la direction, ni des syndicats d’EDF. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Affirmation de la primauté démocratique du Parlement sur les acteurs sectoriels et syndicaux._
« Le pouvoir politique agit, comme dans d’autres secteurs, mais particulièrement dans celui-là, sous la menace de conflits sociaux durs, avec la menace de coupures d’électricité, de grèves qui porteraient atteinte à l’alimentation en électricité de la France. »
— M. François de Rugy (audite, audition de M. François de Rugy, 2023-03-08)
_Décrit le rapport de force inhabituel entre l'État et EDF, sous menace de conflictualité énergétique._