Risque de black-out et pics de consommation
Le corpus aborde le risque de black-out à travers deux dimensions complémentaires : la réalité d'une défaillance possible du système électrique, et la spécificité française des pics de consommation liés au chauffage électrique.
Un risque réel, non démenti. Plusieurs intervenants refusent le discours rassuriste. Selon M. André Merlin (M. André Merlin), « il est assez imprudent d'affirmer que la France ne connaîtra jamais de black-out » : le risque demeure réel malgré les progrès technologiques. Cet avertissement est implicitement renforcé par la pique du président Raphaël Schellenberger (M. Nicolas de Maistre), qui rappelle que des événements jugés exceptionnels se sont « bel et bien produits », « un peu comme l'épidémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine ». Du côté syndical, Philippe Page Le Mérour (M. Philippe Page Le Mérour e.a.) revendique une antériorité d'alerte : « En janvier 2017, nous avons tiré la première sonnette d'alarme sur la situation du réseau. RTE, comme les autres, nous ont ri au nez. »
Un angle mort de préparation. M. Nicolas de Maistre (M. Nicolas de Maistre) reconnaît un manque : « Nous n'avons pas de plan spécifique sur ce cas de figure. Nous disposons d'un plan de continuité électrique, datant de 2009, mais il n'est pas spécifique sur le nucléaire civil. » Il caractérise toutefois un black-out comme une « mécanique apocalyptique » tout en assurant que « les points d'importance vitale fonctionneront ».
Pics de consommation : un débat sur la cause et la gravité. Plusieurs constats convergent sur la sensibilité thermique du système français. Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) la chiffre : « Un degré de moins en période hivernale correspond à une demande de 2 400 mégawatts supplémentaires. » Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) en fait une thèse critique reliant surcapacité, prix bas et chauffage : selon elle, « avec l'accord de l'État, EDF a mis en place une politique de prix très bas », ce qui a fait augmenter le chauffage électrique, et « 50 % de la pointe européenne est française ».
Clivages. Sur l'interprétation de cette spécificité, les positions divergent. Là où Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) voit dans la surcapacité et le chauffage électrique un facteur de fragilité, Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) relativise en rappelant que « la France a été pendant 40 ans exportatrice d'électricité, ce qui aurait été impossible en l'absence de capacités excédentaires ». Un second clivage porte sur la réponse aux pointes : M. Philippe Sauquet (M. Philippe Sauquet) s'oppose au surdimensionnement du nucléaire pour des épisodes brefs — cette électricité « ne servira que durant les épisodes hivernaux les plus rigoureux, soit deux ou trois jours par an. Ce n'est pas raisonnable » — et plaide pour des « dispositifs flexibles » d'origine gazière.
Qui en parle
- M. André Merlin (M. André Merlin) : alerte contre le discours rassuriste ; le black-out reste possible.
- M. Nicolas de Maistre (M. Nicolas de Maistre) : reconnaît l'absence de plan spécifique tout en affirmant la résilience des points vitaux.
- Raphaël Schellenberger (président, M. Nicolas de Maistre) : rappelle que l'improbable s'est déjà produit.
- Philippe Page Le Mérour (M. Philippe Page Le Mérour e.a.) : revendique une alerte syndicale dès 2017, ignorée par les institutions.
- Dominique Maillard (M. Dominique Maillard) : chiffre la sensibilité thermique (2 400 MW/°C) et relativise le rôle de la surcapacité.
- Corinne Lepage (Mme Corinne Lepage) : relie prix bas, chauffage électrique et pic de consommation français.
- M. Philippe Sauquet (M. Philippe Sauquet) : conteste le surdimensionnement nucléaire pour les pointes, défend la flexibilité gazière.