La part du citoyenTikTok et les mineurs

Explorer · Influenceurs, créateurs & encadrement du métier

Écosystème des créateurs et profils

La commission cherche à établir que le créateur de contenu est responsable de son audience mineure ; les créateurs entendus répondent presque tous en renvoyant la responsabilité ailleurs — à la plateforme, aux parents, à la viralité — et ce désaccord se joue moins sur les faits que sur la définition même du métier.

Le point de départ est un constat de profil. Selon Donatien Le Vaillant (Miviludes, cr08a), on voit apparaître « de nouveaux métiers exercés par des personnes dépourvues de tout diplôme reconnu par l’État ou de compétences vérifiables dans leur domaine d’activité, mais qui exercent néanmoins une influence considérable sur la vie de ces mineurs ». Mathieu Barrère (France Télévisions, cr21c) décrit un profil dominant de « jeunes femmes, âgées de dix-huit à vingt-sept ans environ » ; Marie-Christine Cazaux (Collectif Meer, cr09a) observe « de nombreux comptes tenus par des mineurs de moins de quinze ans, majoritairement des jeunes filles, suivis par des milliers d’adultes » — observation qualitative, sans quantification. Océane Herrero (cr04b) ajoute que l’algorithme, pour un créateur professionnel, « revient à jouer à la roulette ».

La tension s’exprime frontalement en cr24c. Adrien Laurent construit sa défense sur une analogie : « Les épiceries vendent de l’alcool à deux mètres des bonbons. […] Je suis un simple usager de la plateforme, qui respecte les règles » — et renvoie la responsabilité de l’accès des enfants ailleurs : « c’est un problème de contrôle parental et de responsabilité de TikTok, pas la mienne ». Laure Miller lui oppose l’usage réel : « À 11 ans, un jeune sur deux est sur TikTok » (chiffre qu’elle avance). Christelle D’Intorni (UDR) le pousse à une projection personnelle, Claire Marais-Beuil (RN) lui demande s’il a changé sa façon de monter ses vidéos. Mais la charge n’est pas unanime côté commission : Stéphane Vojetta (EPR, cr24c) situe la défaillance ailleurs — « Les plateformes doivent vérifier l’âge de leurs utilisateurs, mais elles le font très mal. »

Le même désaccord de lecture porte sur les chiffres. Miloude Baraka (Live'up Agency, cr21a) déclare supprimer « entre 20 et 100 créateurs de contenu » par mois ; Arthur Delaporte y voit la preuve que « ce chiffre révèle l'existence de dérives significatives parmi les créateurs », lecture que l’agence conteste. Baraka borne sa responsabilité par l’échelle : « Il est humainement impossible de garantir le respect absolu de la charte », « nous ne disposons ni des ressources humaines ni des infrastructures nécessaires ». L’argument reconnaît les limites de sa propre autorégulation.

L’audition de Nasser Sari (cr24e) concentre le conflit. Laure Miller lui impute une responsabilité indirecte — « vous rajoutez de la misère à la misère » ; il réfute frontalement et renverse la charge : « Sortez-moi une seule vidéo où je demandais à ces jeunes de venir. » Il martèle une posture d’extériorité — « je ne suis pas tiktokeur », « Même moi, je suis victime du succès de TikTok ! » — et avance des éléments à décharge non vérifiés par la commission (prévention « Ne venez pas », lives Twitch après minuit). Léa Balage El Mariky (EcoS) qualifie de son côté certains contenus d’« actes pénalement répréhensibles », accusations non établies ; Sari répond que « il y a des choses mises en scène, oui, d’autres sont réelles ».

Le sens latent est là : le mot « responsabilité » présuppose un métier constitué, que personne ne parvient à nommer. Adrien Laurent refuse « influenceur », terme qui « nie ma liberté de création artistique » ; Julien Tanti (cr24d) désamorce — « TikTok pour moi, c’est donc avant tout un kif » ; Hugo Travers (cr21b) rejette la labellisation, « particulièrement complexe et délicate ». Seul Sari en réclame une : « je défends aussi ce métier et je dis qu’il faudrait plus d’encadrement – pas sévère, pas des punitions. »

Qui en parle

  • Donatien Le Vaillant — Miviludes (cr08a) : des métiers sans diplôme ni compétence vérifiable exerçant une influence forte sur les mineurs.
  • Marie-Christine Cazaux — Collectif Meer (cr09a) : comptes de mineures de moins de quinze ans suivis par une audience adulte.
  • Mathieu Barrère — Envoyé spécial (cr21c) : profil dominant des créatrices, jeunes femmes de 18 à 27 ans.
  • Océane Herrero (cr04b) : opacité algorithmique subie par les créateurs.
  • Cyril di Palma — Génération numérique (cr14b) : responsabilité collective des producteurs de contenus envers le public mineur.
  • Miloude Baraka — Live'up Agency (cr21a) : borne la responsabilité de l’agence par l’échelle et l’impossibilité matérielle du contrôle.
  • Arthur Delaporte — SOC, président (cr21a, cr21b, cr24b) : lit le taux d’exclusion comme des dérives, teste la labellisation, impute la responsabilité contractuelle.
  • Hugo Travers — HugoDécrypte (cr21b) : opposé à la labellisation des créateurs.
  • Adrien Laurent (cr24c) : déresponsabilisation par le respect des règles, revendication d’un statut d’auteur.
  • Laure Miller, rapporteure (cr24c, cr24e) : oppose l’usage réel des mineurs et établit une responsabilité indirecte.
  • Stéphane Vojetta — EPR (cr24c) : déplace la défaillance vers la vérification d’âge par les plateformes.
  • Christelle D’Intorni — UDR (cr24c) et Claire Marais-Beuil — RN (cr24c) : attendent du créateur une adaptation de ses contenus.
  • Julien Tanti (cr24d) : minimise la dimension professionnelle et économique de son activité.
  • Isac Mayembo (cr24b) : une cinquantaine de comptes à son nom, sept gérés ; contrôle limité sur les rediffusions.
  • Nasser Sari (cr24e) : réfute l’imputation, se pose en victime de la viralité, porte la santé mentale des créateurs et réclame un encadrement non répressif.
  • Léa Balage El Mariky — EcoS (cr24e) : qualifie certains contenus d’actes pénalement répréhensibles (accusations non établies).
Interventions regroupées (40 citations · 11 auditions)

Domaine : Influenceurs, créateurs & encadrement du métier · Sujet : ecosysteme-createurs

Couverture : 40 citations · 5 positions · 11 auditions

_Slugs bruts fusionnés : influenceurs-ecosysteme, profil-createurs-jeunes, influenceurs-non-diplomes, telerealite-notoriete, copycat-mineurs-createurs, comptes-multiples-image, comptes-rediff-viralite, mise-en-scene-realite, sante-mentale-createurs, responsabilite-createur-contenu, responsabilite-createurs-contenus, responsabilite-createur-prevention, labellisation-createurs, encadrement-exclusion-createurs_

Positions exprimées

  • M. Hugo Travers (cr21b) : Opposé à la labellisation des créateurs de contenu, jugée trop complexe et arbitraire à définir. _(tranchant 4)_
  • M. Nasser Sari (cr24e) : La santé mentale des créateurs de contenu est fortement impactée par la course aux vues et au buzz ; le métier devrait être davantage encadré, mais sans logique de punition. _(tranchant 4)_
  • M. Adrien Laurent (cr24c) : Il n'est qu'« un simple usager de la plateforme, qui respecte les règles » ; la responsabilité de l'accès des mineurs incombe à TikTok et au contrôle parental, non aux créateurs qui « ne sont ni éducateurs ni parents ». Il refuse d'être « surresponsabilisé ». _(tranchant 3)_
  • M. Nasser Sari (cr24e) : Il assume une part de responsabilité en tant que créateur qui filme, mais fait de la prévention (« Ne venez pas »), a ralenti de 80-90 %, aide la police, et refuse qu'on lui dise d'arrêter d'exercer son métier ou d'aider les jeunes de son quartier. _(tranchant 3)_
  • M. Nasser Sari (cr24e) : Ses contenus mêlent réel et mise en scène ; certaines scènes de violence sont « surjouées » (Djibril/Inès), et l'aide aux jeunes de son quartier est, elle, sincère. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Pour un créateur de contenus qui s’inscrit dans une démarche professionnelle ou qui recherche activement une audience, un tel fonctionnement revient à jouer à la roulette. »

Océane Herrero (audite, audition cr04b, 2025-04-23)

_Image de l’opacité et de l’imprévisibilité de l’algorithme pour les créateurs, qui les pousse à des stratégies de contournement et à la surpublication._

« Nous assistons à l’apparition de nouveaux métiers exercés par des personnes dépourvues de tout diplôme reconnu par l’État ou de compétences vérifiables dans leur domaine d’activité, mais qui exercent néanmoins une influence considérable sur la vie de ces mineurs. »

Donatien Le Vaillant — Miviludes (audite, audition cr08a, 2025-05-06)

_Établit la thèse centrale de l'audition : des acteurs sans qualification reconnue exercent une influence forte sur les mineurs — constat de la Miviludes, pas jugement pénal._

« nous nous retrouvons aujourd’hui avec de nombreux comptes tenus par des mineurs de moins de quinze ans, majoritairement des jeunes filles, suivis par des milliers d’adultes. »

Marie-Christine Cazaux — Collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer) (audite, audition cr09a, 2025-05-13)

_Décrit le phénomène copycat et le risque : des comptes de très jeunes filles suivis par une audience adulte. Observation qualitative du collectif, sans quantification._

« Il ne faut pas oublier que les contenus présents sur internet sont majoritairement produits par des humains. En tant que créateurs de contenus, nous avons tous une responsabilité quant à ce que nous publions ou relayons par rapport au public mineur. »

Cyril di Palma — Génération numérique (audite, audition cr14b, 2025-05-22)

_Déplacement partiel de la responsabilité de l'algorithme vers les producteurs de contenus ; nuance le récit centré sur la plateforme._

« nous ne pouvons pas être tenus responsables des propos tenus par un créateur, notamment s'il diffuse du contenu inapproprié en dehors des heures de travail habituelles. »

Miloude Baraka — Live'up Agency (audite, audition cr21a, 2025-06-03)

_Position de l'auditionné sur les limites de sa responsabilité d'agence : il décline la responsabilité des contenus produits hors cadre. Argument qui sous-tend son projet de salarier les créateurs sur des horaires de bureau._

« Il faut comprendre que nous gérons plus de 2 800 influenceurs, dont environ 1 200 actifs. Il est humainement impossible de garantir le respect absolu de la charte par chacun d'entre eux. »

Miloude Baraka — Live'up Agency (audite, audition cr21a, 2025-06-03)

_L'auditionné reconnaît lui-même les limites de son autorégulation : la charte déontologique ne peut être garantie à l'échelle de son portefeuille. Relativise la portée du dispositif qu'il présentait comme un atout._

« Nous procédons à un nettoyage mensuel, en supprimant entre 20 et 100 créateurs de contenu qui ne répondent pas à nos critères. »

Miloude Baraka — Live'up Agency (audite, audition cr21a, 2025-06-03)

_Volume d'exclusions mensuelles. Le président en déduit ~10 % de l'effectif écarté chaque mois et y voit « des dérives significatives » ; Baraka conteste cette lecture (adéquation, pas forcément comportement problématique)._

« Ce chiffre révèle l'existence de dérives significatives parmi les créateurs. »

Arthur Delaporte — SOC (president, audition cr21a, 2025-06-03)

_Interprétation du président du taux d'exclusion de 10 % mensuel comme le signe de dérives répandues. Baraka la conteste immédiatement. Illustre le désaccord de lecture sur ce chiffre._

« Il nous est matériellement impossible de surveiller en permanence tous les lives de l'ensemble de nos influenceurs. Avec 800 influenceurs actifs simultanément, nous ne disposons ni des ressources humaines ni des infrastructures nécessaires pour un tel contrôle. »

Miloude Baraka — Live'up Agency (audite, audition cr21a, 2025-06-03)

_Aveu de l'impossibilité d'un contrôle humain en temps réel des lives, l'agence n'employant que des prestataires à temps partiel. Souligne la dépendance à la modération automatique et à l'auto-signalement entre créateurs._

« Je ne suis pas favorable à la labellisation des créateurs de contenu, cette démarche étant particulièrement complexe et délicate. »

Hugo Travers — HugoDécrypte (audite, audition cr21b, 2025-06-03)

_Position nette de l'auditionné contre une piste de régulation évoquée par le président (labelliser les créateurs de qualité)._

« seriez-vous favorable à la mise en place d’un système de labellisation pour les créateurs de contenus de qualité ? »

Arthur Delaporte (president, audition cr21b, 2025-06-03)

_Le président teste une piste de régulation (labelliser l'information de qualité), que l'auditionné écartera ensuite._

« Le premier élément frappant concerne le profil des créateurs de contenus sur ces plateformes, qui sont majoritairement des jeunes femmes, âgées de dix-huit à vingt-sept ans environ. »

M. Mathieu Barrère — Envoyé spécial (France télévisions) (audite, audition cr21c, 2025-06-03)

_Établit le profil dominant (jeunes femmes ordinaires) selon l'observation du journaliste._

« Il existe une cinquantaine de comptes de moi. Nous en gérons sept directement. »

M. Isac Mayembo (audite, audition cr24b, 2025-06-10)

_Chiffre l'ampleur de la démultiplication de son image (une cinquantaine de comptes, sept gérés en propre) — enjeu de responsabilité et de propriété intellectuelle._

« Est-ce que je le tolère ? Pour être honnête avec vous, je dirais non. Mais est-ce que je peux le stopper ? J’ai déjà essayé et ce n’est pas si évident. »

M. Isac Mayembo (audite, audition cr24b, 2025-06-10)

_Reconnaît ne pas maîtriser la diffusion de son contenu par des tiers non affiliés, malgré des tentatives — illustre les limites du contrôle sur les comptes dupliqués._

« Vous avez donc une responsabilité vis-à-vis des contenus qui sont diffusés, surtout si vous contractualisez avec ces personnes. »

M. Arthur Delaporte — SOC (president, audition cr24b, 2025-06-10)

_Le président cherche à établir la responsabilité de l'auditionné sur les comptes exploités sous son nom et son image, à rebours du renvoi à la plateforme._

« je préfère être qualifié de créateur de contenu plutôt que d’influenceur, terme qui me réduit à une fonction publicitaire et nie ma liberté de création artistique. »

Adrien Laurent (audite, audition cr24c, 2025-06-10)

_Positionnement identitaire de l'audité : il revendique un statut d'auteur/producteur, socle de sa défense sur la liberté de création._

« Les élèves de CM2 ne peuvent pas avoir accès à TikTok. La plateforme est interdite aux moins de 13 ans et les lives sont réservés aux plus de 18 ans. Si des élèves de CM2, qui ont entre 10 et 11 ans, accèdent à cette plateforme, c’est un problème de contrôle parental et de responsabilité de TikTok, pas la mienne. »

Adrien Laurent (audite, audition cr24c, 2025-06-10)

_Argument central de déresponsabilisation : l'audité renvoie l'accès des enfants au contrôle parental et à la plateforme. Affirmation contestée ensuite par la commission (test de compte mineur, vidéo de live avec mineur)._

« À 11 ans, un jeune sur deux est sur TikTok. Cela devrait peut-être vous amener à réagir, d’une façon ou d’une autre. »

Laure Miller (rapporteur, audition cr24c, 2025-06-10)

_La rapporteure oppose à la défense « théorique » de l'audité une donnée d'usage réel (chiffre qu'elle avance) pour l'appeler à assumer une part de responsabilité de fait._

« Les épiceries vendent de l’alcool à deux mètres des bonbons. Un petit de 15 ans n’a pas le droit d’acheter de l’alcool, mais le magasin n’a pourtant pas l’interdiction d’en vendre. C’est la même chose pour moi. Je suis un simple usager de la plateforme, qui respecte les règles. »

Adrien Laurent (audite, audition cr24c, 2025-06-10)

_Analogie synthétisant la thèse de déresponsabilisation de l'audité : il respecte les règles, le contournement par le mineur ne l'engage pas._

« Les plateformes doivent vérifier l’âge de leurs utilisateurs, mais elles le font très mal. »

Stéphane Vojetta — EPR (depute, audition cr24c, 2025-06-10)

_Le député déplace la charge vers les plateformes (défaillance de la vérification d'âge) tout en interrogeant l'audité sur les outils d'exclusion des mineurs qu'il aurait pu activer._

« Accepteriez-vous que votre fille de 13 ans puisse suivre un homme comme vous sur TikTok ? La laisseriez-vous se nourrir de propos tels que ceux que vous diffusez ? »

Christelle D’Intorni — UDR (depute, audition cr24c, 2025-06-10)

_La députée pousse l'audité à une projection personnelle (parent d'une adolescente) pour lui faire mesurer l'impact de ses contenus sur des mineurs « en construction »._

« Dès lors que vous savez que de très jeunes enfants vous regardent sur cette plateforme – même si elle est théoriquement interdite aux moins de 13 ans –, avez-vous changé votre façon de monter vos vidéos ou de faire votre promotion, de manière à ne pas les choquer ? »

Claire Marais-Beuil — RN (depute, audition cr24c, 2025-06-10)

_La députée recentre sur les contenus publiés sur TikTok (hors porno) et interroge l'audité sur une adaptation éventuelle de ses productions face à un public très jeune._

« TikTok pour moi, c’est donc avant tout un kif. »

M. Julien Tanti (audite, audition cr24d, 2025-06-10)

_Cadre choisi par Julien Tanti pour minimiser la dimension économique de son activité de liver ; présentation, non chiffre vérifié._

« Moi, mon argent, je le fais dans la télé. »

M. Julien Tanti (audite, audition cr24d, 2025-06-10)

_Affirmation que le revenu principal vient de la télévision, pas de TikTok ; déclaration d'intérêts orale, non documentée._

« je ne suis pas tiktokeur, même si j’ai plus de 3,7 millions de followers sur TikTok. Ma source principale de revenu, c’est Snapchat, un autre réseau. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Positionnement central de l'audité : il se présente comme extérieur à TikTok, ce qui oriente toute sa défense ; affirmation qu'il présente comme un fait sans le documenter._

« Même moi, je suis victime du succès de TikTok ! »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Formule par laquelle il renverse la charge : il se présente en victime de la viralité de TikTok (comptes rediff, usurpations) plutôt qu'en bénéficiaire._

« Vous êtes indirectement responsable de ces jeunes car s’ils viennent c’est parce qu’ils ont vu que d’autres avaient obtenu un hébergement, de l’argent et peut-être la notoriété. De cela, vous êtes tout de même responsable. »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr24e, 2025-06-10)

_La rapporteure établit un lien de responsabilité indirecte entre le contenu de Nasser Sari et l'afflux de jeunes ; affirmation d'imputation qu'il conteste partiellement._

« Je dis et je redis – et vous pouvez aller vérifier : « Ne venez pas. Arrêtez de croire au rêve de Nasdas. » »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_L'audité met en avant une démarche de prévention comme preuve qu'il n'incite pas les jeunes à venir ; élément à décharge, invérifié par la commission._

« loin de résoudre les problèmes de ces jeunes, vous rajoutez de la misère à la misère. »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr24e, 2025-06-10)

_Reproche le plus tranchant de la rapporteure ; jugement de valeur qu'elle assume et que l'audité rejette avec force._

« Je ne peux pas vous laisser dire que je rajoute de la misère à la misère. Ce n’est pas vrai. Sortez-moi une seule vidéo où je demandais à ces jeunes de venir. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Réfutation frontale de l'accusation de la rapporteure ; l'audité renverse la charge de la preuve et demande ce qu'on attend de plus de lui._

« Je vous demande de prendre en compte que tous les créateurs de contenu ont leur santé mentale impactée. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Déplacement du sujet vers la santé mentale des créateurs eux-mêmes, thème qu'il revendique et sur lequel il se sent peu écouté ; angle inattendu dans une commission centrée sur les mineurs._

« Cette course aux vues, cette course à l’audimat, cette course au buzz – je pense que vous avez déjà entendu le mot buzz –, la pression nous poussent des fois, nous créateurs de contenus, à poster des choses sans même en être conscient. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Aveu de l'audité que la logique de vues pousse à publier sans recul ; établit un mécanisme (pression du buzz) sans exonérer les créateurs._

« je défends aussi ce métier et je dis qu’il faudrait plus d’encadrement – pas sévère, pas des punitions. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Position de l'audité : il réclame un encadrement du métier de créateur, mais non répressif ; contribution constructive au débat sur la régulation._

« Cette scène-là, je vous le dis clairement, elle a été surjouée. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_À propos de la scène où Djibril jette un téléphone sur sa compagne, qualifiée de violence conjugale par la députée EcoS : l'audité affirme qu'elle a été « surjouée », donc mise en scène ; version invérifiable par la commission._

« il y a des choses mises en scène, oui, d’autres sont réelles. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Réponse de l'audité à la question centrale de la députée EcoS (« vrai ou mis en scène ? ») : il reconnaît un mélange, sans trancher scène par scène._

« Oui, elle avait 16 ans, elle nous avait menti, ce qui avait aussi fait scandale sur les réseaux. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Sur Leyna, mineure : l'audité confirme son âge (16 ans) et présente une version (elle serait venue elle-même annoncer une grossesse, aurait menti) qui contredit l'accusation de la députée EcoS ; faits contestés, non établis par la commission._

« Si c’est le cas, il s’agit souvent d’actes pénalement répréhensibles – menaces avec couteau, racisme, harcèlement, exploitation, détournement de mineur et violences conjugales. »

Mme Léa Balage El Mariky — EcoS (depute, audition cr24e, 2025-06-10)

_Accusations énumérées par la députée EcoS sur la nature des contenus, non établies ; elle en tire une alternative : soit des faits pénalement répréhensibles, soit une mise en scène à assumer et à modérer._

« j’en ai aidé. Jusqu’à en faire des burn-outs , jusqu’à être hospitalisé. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_L'audité relie l'aide qu'il apporte aux jeunes à un coût sur sa propre santé (burn-out, hospitalisation), qu'il donne comme raison de son retrait des réseaux ; récit personnel non vérifiable._

« je me suis lancé dans les lives Twitch, et je les commence presque toujours après minuit, pour faire en sorte que seulement un minimum de mineurs puisse regarder. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Mesure concrète mise en avant par l'audité pour limiter l'exposition des mineurs (lives programmés après minuit), qu'il dit vérifiable ; élément à décharge._

« Le conseil que j’ai à donner à toute personne qui veut se lancer sur les réseaux ? Ne vous lancez pas sur les réseaux. »

M. Nasser Sari (audite, audition cr24e, 2025-06-10)

_Conclusion de l'audition : message paradoxal d'un créateur à très forte audience décourageant l'entrée sur les réseaux, cohérent avec son insistance sur le coût psychologique du métier._