La part du citoyenTikTok et les mineurs

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Éducation numérique et aux médias

L'éducation au numérique est le levier le plus largement invoqué du corpus — 23 prises de position en sa faveur contre 6 qui la relativisent — mais la commission entend aussi, de manière insistante, que personne ne mesure ce qu'elle produit réellement, et que l'institution censée la porter est en contradiction avec elle-même.

Le camp de l'éducation-levier a un porte-parole net. Bruno Patino (Arte France, cr04c) le martèle sur quatre interventions : « Au-delà de la responsabilité algorithmique et du pluralisme des algorithmes, l'élément le plus important est toutefois l'éducation », et il tranche la comparaison avec la prohibition — « L'interdiction est peut-être une solution, mais je ferais davantage confiance au triptyque régulation-modération-éducation, surtout pour des raisons d'efficacité ». Lucile Coquelin (Laboratoire DyLIS, cr06b) prolonge en récusant la méthode adverse : « je refuse de m'en tenir à une posture de peur, car la peur n'évite pas le danger ». Anna Baldy (cr21e) est explicite sur l'arbitrage — « la prévention et l'éducation constituent des leviers plus efficaces pour protéger les mineurs ». Le point le plus notable vient des témoins eux-mêmes : Mme X (cr11a), pourtant venue témoigner de contenus subis, écarte l'interdiction, « parce qu'il y a aussi de bonnes choses à prendre : on peut apprendre, découvrir des choses ».

La contestation, minoritaire mais frontale, porte moins sur le principe que sur l'efficacité. Michael Stora (Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, cr07b) émet « de sérieux doutes quant à l'efficacité de l'éducation au numérique actuellement dispensée dans les établissements scolaires ». Emmanuelle Piquet (cr09b) va plus loin en retournant l'outil contre lui-même : « se contenter d'apprendre aux jeunes à vérifier leurs sources […] tend paradoxalement à les rendre excessivement sceptiques, voire conspirationnistes ». Et Clara Chappaz (Ministre déléguée chargée de l'IA et du numérique, cr29b) refuse le partage même : « Nous avons interdit l'alcool avant 18 ans, nous avons encadré sa publicité, nous avons informé sur ses dangers […]. Il nous faut faire la même chose pour les réseaux sociaux » — l'éducation n'y est pas une alternative à l'interdiction, mais un de ses étages.

L'institution scolaire, elle, se décrit en porte-à-faux. Marc Pelletier (DGESCO, M. Marc Pelletier) formule la « double injonction » de former aux compétences numériques « tout en luttant contre leurs effets pervers, ce qui nous contraint parfois à en contrôler l'usage, voire à l'interdire ». La rapporteure Laure Miller (cr29b) en pointe la version concrète : « c'est l'école elle-même qui met un écran dans les mains des enfants par le biais d'applications telles que Pronote ». Arthur Melon (COFRADE, cr14a) ajoute le défaut de calendrier : « La sensibilisation aux réseaux sociaux est beaucoup trop tardive. »

D'où l'abondance de propositions opérationnelles : le passage « du "débunk" au "prébunk" » chez Raphaël Dachicourt (ReAGJIR, Mme Marion Joud), un « référent DSA » par établissement chez Thierry Breton (cr18c), une « brigade numérique d'intervention » suggérée par le président Delaporte (cr14b) pour internaliser ce que font les associations.

Sens latent : désigner l'éducation comme levier principal déplace la charge de la protection vers l'enfant, la famille et l'école — ce que le cadrage ne formule pas, et que l'analogie de la ministre avec l'alcool vient précisément contester.

Qui en parle

  • Bruno Patino (Arte France, cr04c) — l'éducation prime sur la régulation algorithmique ; triptyque régulation-modération-éducation contre l'interdiction ; l'école doit « apprendre la connexion » sans se numériser.
  • Lucile Coquelin (Laboratoire DyLIS / Sciences Po, cr06b) — accompagnement et discernement contre la peur et la diabolisation ; constate un déficit de littératie de base chez de jeunes étudiants.
  • Anna Baldy (cr21e) — prévention et éducation plus efficaces que l'interdiction.
  • Michael Stora (Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, cr07b) — doute frontal sur l'efficacité de l'éducation scolaire actuelle.
  • Emmanuelle Piquet (cr09b) — la seule vérification des sources peut rendre les jeunes « conspirationnistes » ; plaide pour les biais cognitifs.
  • Clara Chappaz (Ministre déléguée chargée de l'IA et du numérique, cr29b) — analogie alcool : interdiction, encadrement publicitaire et prévention forment un tout.
  • Marc Pelletier (DGESCO, M. Marc Pelletier) — la « double injonction » de l'école : former au numérique et en protéger.
  • Laure Miller (rapporteure, EPR, cr06b, cr12a, cr21d, cr29b) — interroge la sensibilisation à la « bulle » algorithmique, la « pause numérique », et pointe Pronote.
  • Arthur Delaporte (président, cr11b, cr14b) — propose une « brigade numérique d'intervention » internalisée par l'éducation nationale.
  • Thierry Breton (cr18c) — un « référent DSA » par établissement scolaire.
  • Raphaël Dachicourt (ReAGJIR, Mme Marion Joud) — passer du « débunk » au « prébunk ».
  • Morgan Lechat (Monsieurlechat, cr21d) — campagnes publiques d'envergure, moyens de santé mentale scolaire, présence d'experts légitimes.
  • Alix Rivière (FCPE, Mme Alixe Rivière e.a.) — programme gradué par niveau sur les dangers et possibilités d'Internet.
  • Serge Tisseron (Université Paris Cité / académie des technologies, cr06c) — rappelle la règle du 3-6-9-12.
  • Bérangère Couillard (HCEFH, cr18a) — Evars étendus aux algorithmes et aux ingérences étrangères ; réfute les caricatures.
  • Sylvie Dieu-Osika (CoSE / AP-HP, cr06c) — téléphones basiques en sixième, « résultats encourageants ».
  • Mme X et M. Y (cr11a) — témoins qui refusent la suppression des réseaux au nom de leurs apports.
  • Arthur Melon (COFRADE, cr14a) — la sensibilisation arrive trop tard.
  • Jennifer Elbaz (CNIL, cr03b) et Marie-Laure Denis (CNIL, cr20a) — absence d'espace de parole ; deux tiers des utilisateurs interrogés se disent « piégés ».
  • Vanessa Lalo (psychologue clinicienne, cr08b) — chiffres sur la chute d'autonomie des enfants et la géolocalisation parentale.
  • Simon Corsin (Mindie / Snapchat, cr28b) — les jeunes consultent selon la popularité sans questionner la véracité.
Interventions regroupées (41 citations · 22 auditions)

Domaine : Parents, école & éducation numérique · Sujet : education-numerique-medias

Couverture : 41 citations · 14 positions · 22 auditions

_Slugs bruts fusionnés : education-numerique, education-numerique-discernement, education-numerique-ecole, education-numerique-evars, education-numerique-mineurs, education-numerique-parents, education-numerique-role-ecole, education-numerique-sensibilisation, education-medias-information, education-medias-litteratie-numerique, desinformation-education-medias, education-esprit-critique, esprit-critique-biais-cognitifs, esprit-critique-jeunes, education-prevention_

Positions exprimées

  • Mme Bérangère Couillard (cr18a) : Il faut généraliser les cours d'éducation à la vie affective (Evars) adaptés à chaque âge, incluant le numérique et les ingérences étrangères, contre les caricatures conservatrices. _(tranchant 4)_
  • Mme Anna Baldy (cr21e) : La prévention et l'éducation à l'esprit critique sont des leviers plus efficaces que l'interdiction pour protéger les mineurs. _(tranchant 4)_
  • M. Elie Andraos (cr08b) : Lalo insiste : éduquer et outiller les parents (souvent démunis) sans se substituer à eux ; intégrer le numérique à toutes les phases de l'éducation pour éviter le clivage générationnel. _(tranchant 3)_
  • Mme Emmanuelle Piquet (cr09b) : Apprendre seulement à « vérifier ses sources » rend les jeunes conspirationnistes ; il faut une vraie éducation à l'esprit critique fondée sur les biais cognitifs. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (cr12a) : La prévention et l'éducation aux médias sont essentielles mais mal déployées : le programme Phare est peu appliqué et réservé aux établissements dotés, enseignants et forces de l'ordre insuffisamment formés aux cyberviolences. _(tranchant 3)_
  • Mme Marion Joud (Mme Marion Joud) : L'éducation critique au numérique doit commencer dès la maternelle/primaire et inclure activement les parents (souvent ignorants du contrôle parental), en s'inspirant des programmes nordiques/néerlandais. _(tranchant 3)_
  • M. Morgan Lechat (cr21d) : Priorité à la sensibilisation des parents et du grand public par des campagnes gouvernementales d'envergure, à la formation des enseignants et au renfort des moyens de santé mentale scolaire. _(tranchant 3)_
  • M. Morgan Lechat (cr21d) : La présence d'experts légitimes et de contenus vérifiés par des professionnels est nécessaire pour contrer les faux experts et les informations erronées. _(tranchant 3)_
  • M. Marc Pelletier (M. Marc Pelletier) : La réponse de l'école passe avant tout par l'éducation (EMI, esprit critique, compétences numériques via Pix), sans priver les élèves des vertus pédagogiques du numérique ni tomber dans un discours uniquement négatif, moins efficace que la promotion des bonnes pratiques. _(tranchant 3)_
  • M. Mehdi Arfaoui (cr03b) : Créer un espace et un temps de réflexion sur les pratiques numériques ; l'éducation aux médias réduit les inégalités face aux fausses informations (Elbaz, Arfaoui). _(tranchant 2)_
  • M. Bruno Patino (cr04c) : L'éducation est le levier le plus important : apprendre la connexion maîtrisée, le fonctionnement de l'algorithme et le discernement contextuel ; l'école doit enseigner la connexion sans se numériser. _(tranchant 2)_
  • (table ronde) (Mme Alixe Rivière e.a.) : L'éducation aux médias et à l'information, dès le primaire (voire le CP) et de façon graduée jusqu'au lycée sur le modèle des Evars, est le principal levier de prévention — sans être une solution miracle et en reposant sur la répétition. _(tranchant 2)_
  • M. Cyril di Palma (cr14b) : Plutôt qu'« éducation au numérique », parler d'« éducation à la citoyenneté » appliquée au monde numérique, partant des usages réels des jeunes. _(tranchant 1)_
  • M. Michael Stora (cr07b) : L'éducation au numérique scolaire est insuffisante et mal ciblée ; il propose des supports comme la série Adolescence et des groupes de réflexion horizontaux, et se dit prêt à s'y impliquer. _(tranchant 0)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Nous manquons d’un espace de réflexion sur les pratiques numériques. Nos enfants ont une vie numérique mais personne n’en parle avec eux. »

Mme Jennifer Elbaz — CNIL (mission éducation au numérique) (audite, audition cr03b, 2025-04-03)

_Diagnostic sur l'absence d'espace de parole et d'éducation aux pratiques numériques, à l'école comme à la maison._

« Au-delà de la responsabilité algorithmique et du pluralisme des algorithmes, l’élément le plus important est toutefois l’éducation. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Hiérarchise ses leviers : l'éducation prime sur la régulation technique ; position de l'auditionné._

« je suis convaincu que l’école doit apprendre la connexion et ne pas devenir elle-même connectée. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Position sur le rôle de l'école : enseigner l'usage maîtrisé plutôt que numériser l'enseignement ; conviction de l'auditionné._

« L’interdiction est peut-être une solution, mais je ferais davantage confiance au triptyque régulation-modération-éducation, surtout pour des raisons d’efficacité. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Formule sa préférence de méthode ; recommandation de l'auditionné, argument d'efficacité contre l'interdiction sèche._

« Il est important d’apprendre à effectuer des recherches en ligne et à utiliser Google. YouTube apporte une aide essentielle aux professeurs et aux élèves, avec des contenus très intéressants. TikTok, c’est très différent. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Distingue outils numériques utiles (Google, YouTube) et TikTok ; nuance de l'auditionné qui n'est pas un rejet global du numérique éducatif._

« Il faut apprendre à contextualiser les messages et apprendre le discernement. Dans certains pays, comme la Finlande, cet enseignement est généralisé. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Précise le contenu de l'éducation visée (discernement, contexte) et cite un modèle étranger ; recommandation de l'auditionné._

« Quoi qu’il en soit, je refuse de m’en tenir à une posture de peur, car la peur n’évite pas le danger. La diabolisation d’outils numériques donne lieu à des utilisations risquées de ces outils. »

Lucile Coquelin — Laboratoire DyLIS, Inspé Normandie Rouen Le Havre / Sciences Po Paris (audite, audition cr06b, 2025-04-29)

_Réponse directe au député Mauvieux (RN) qui prônait la peur comme dissuasion : Coquelin oppose l'accompagnement et le discernement à la peur. Clivage de méthode._

« certains étudiants de vingt ans en sciences de l’information et de la communication ne savaient pas comment envoyer un e-mail. »

Lucile Coquelin — Laboratoire DyLIS, Inspé Normandie Rouen Le Havre / Sciences Po Paris (audite, audition cr06b, 2025-04-29)

_Illustre le déficit de littératie numérique de base, contre-intuitif chez des « natifs du numérique », justifiant une sensibilisation aux compétences fondamentales._

« Vous dépeignez l’algorithme de TikTok comme extrêmement intrusif, car il capte des informations que les utilisateurs n’ont pas choisi de livrer. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr06b, 2025-04-29)

_Angle de la rapporteure : partir du caractère intrusif de l'algorithme (captation de données non consenties) pour interroger la sensibilisation des utilisateurs à la « bulle » algorithmique. Reformule la thèse des chercheurs pour en tirer une piste d'action._

« Je tiens à réitérer la règle du 3-6-9-12 : pas d'écran avant trois ans, des écrans éducatifs limités à une demi-heure ou une heure entre trois et six ans, pas d'Internet accompagné avant neuf ans, et pas d'Internet en autonomie avant treize ans. »

Serge Tisseron — Université Paris Cité / académie des technologies (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Rappel du cadre de repères qu'il a conçu (3-6-9-12), colonne vertébrale de son approche par l'éducation et la temporalité des usages plutôt que par l'interdiction._

« J'ai également expérimenté l'utilisation de téléphones basiques dans des écoles de mon quartier, qui distribuent des Nokia aux élèves de sixième, avec des résultats encourageants. »

Sylvie Dieu-Osika — Collectif Surexposition écrans (CoSE) / AP-HP (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Expérience de terrain avancée comme piste concrète : substituer des téléphones basiques (Nokia) au smartphone en sixième, avec des résultats jugés encourageants._

« J'émets de sérieux doutes quant à l'efficacité de l'éducation au numérique actuellement dispensée dans les établissements scolaires qui ne me semble pas, en l'état, suffisante pour préserver la santé mentale des jeunes. »

Michael Stora — Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (audite, audition cr07b, 2025-05-02)

_Critique frontale de l'éducation au numérique scolaire, jugée inadaptée aux menaces réelles._

« les enfants avaient une autonomie de 10 kilomètres, laquelle n’était plus que de 300 mètres en 2007 – soit avant même BFM et les réseaux sociaux. »

Vanessa Lalo — psychologue clinicienne (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Chiffre marquant sur la réduction de l'autonomie des enfants antérieure aux réseaux sociaux : sert à relativiser l'imputation aux écrans. Statistique avancée par Lalo (1919 vs 2007), non sourcée dans le transcript._

« Au moins 60 % des parents géolocalisent leurs enfants. Ils leur achètent un portable pour les surveiller. »

Vanessa Lalo — psychologue clinicienne (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Illustre l'injonction paradoxale parentale (peur du dehors, achat du portable de surveillance). Chiffre avancé par Lalo, non sourcé dans le transcript._

« se contenter d’apprendre aux jeunes à vérifier leurs sources et à remettre en question ce qu'ils voient, que ce soit sur internet ou ailleurs, tend paradoxalement à les rendre excessivement sceptiques, voire conspirationnistes. »

Emmanuelle Piquet (audite, audition cr09b, 2025-05-13)

_Point contre-intuitif appuyé sur les travaux de Grégoire Borst : l'apprentissage de la vérification des sources peut être contre-productif ; il faut travailler sur les biais cognitifs. Enseignement rapporté d'un chercheur._

« Je voudrais ajouter que la technocratie du parti communiste chinois, qui vole l’outil à son fondateur, admiratif du parcours de M. Mark Zuckerberg, est aussi un bon moyen d’expliquer la démocratie à nos élèves. »

Alix Rivière — FCPE (audite, audition de Mme Alixe Rivière e.a., 2025-05-15)

_Remarque de clôture liant la dimension chinoise de TikTok à un support pédagogique sur la démocratie ; interprétation personnelle de l'auditionnée, non un fait établi._

« Il apparaît malheureusement désormais inévitable de mettre en place un programme similaire, adapté à chaque niveau scolaire, pour sensibiliser sur les dangers d’Internet tout en soulignant ses immenses possibilités. »

Alix Rivière — FCPE (audite, audition de Mme Alixe Rivière e.a., 2025-05-15)

_Propose, sur le modèle des Evars, un programme continu de la maternelle au lycée sur les dangers et possibilités d'Internet ; position structurante de la FCPE._

« Il ne servirait à rien de supprimer les réseaux sociaux, parce qu’ils peuvent être très positifs et instructifs. »

M. Y (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Position à décharge de la plateforme : malgré son deuil, le témoin refuse la suppression des réseaux et reconnaît leur valeur. Contredit une lecture purement prohibitionniste._

« Je ne pense pas qu’il faille interdire les réseaux, parce qu’il y a aussi de bonnes choses à prendre : on peut apprendre, découvrir des choses, on peut faire partie d’une communauté bienveillante, on peut être créateur de contenus – c’est maintenant un métier à part entière dans notre société. »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Position à décharge : refus de l'interdiction totale au nom des apports positifs des réseaux. Équilibre le témoignage à charge et illustre l'ambivalence des victimes._

« Quand des gens me félicitaient, je leur demandais s’ils avaient aussi été victimes de ces contenus : 99 % d’entre eux me répondaient qu’eux aussi avaient été victimes de TikTok. »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Affirmation d'ampleur (« 99 % ») issue d'un sondage informel de son entourage : à traiter comme un ressenti de la témoin, non une donnée représentative._

« Nous avons déjà reçu plus de 25 000 réponses, ce qui témoigne d’un fort engagement. La moitié de ces réponses proviennent de lycéens. »

M. Arthur Delaporte — SOC (president, audition cr11b, 2025-05-15)

_Le président communique un chiffre de participation à la consultation citoyenne de l'AN, avec forte part de lycéens : donnée factuelle de mobilisation._

« Lors de mes interventions en classe, il est fréquent que certains élèves s'appellent par le terme « pupuce », une expression popularisée par AD Laurent. »

Pauline Ferrari — Journaliste indépendante (audite, audition cr12a, 2025-05-16)

_Témoignage de terrain (éducation aux médias) sur la pénétration du vocabulaire des influenceurs jusque dans les salles de classe, garçons comme filles._

« Qu'attendez-vous de la part des institutions en général, et du législateur en particulier, pour renforcer l'efficacité des dispositifs de prévention et de sanction à l'égard des violences numériques à caractère sexiste, en particulier lorsqu'elles visent des mineurs ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr12a, 2025-05-16)

_Question de clôture orientée recommandations : la rapporteure sollicite des attentes concrètes vis-à-vis du législateur, préfigurant les conclusions de la commission._

« La sensibilisation aux réseaux sociaux est beaucoup trop tardive. Elle intervient alors que l’on a déjà des téléphones et que l’on est déjà sur les réseaux »

Arthur Melon — COFRADE (Cofrade) (audite, audition cr14a, 2025-05-22)

_Parole de jeune (Victoria de Nanterre) rapportée par le Cofrade : la prévention arrive trop tard, après l'équipement et l'inscription. Argument pour une sensibilisation plus précoce._

« Ne faudrait-il pas envisager la création d’une brigade numérique d’intervention dans les établissements ? La prise en charge des missions actuellement assurées par des associations relève peut-être de la responsabilité de l’éducation nationale. »

Arthur Delaporte (president, audition cr14b, 2025-05-22)

_Piste de politique publique lancée par le président : internaliser l'éducation au numérique dans l'éducation nationale plutôt que la sous-traiter au tissu associatif._

« L’enjeu crucial réside dans le passage du « débunk » au « prébunk ». Le « débunk » consiste à réagir en démontrant pourquoi une idée est erronée. Le « prébunk », quant à lui, vise à sensibiliser en amont à l’esprit critique, en fournissant aux utilisateurs les outils nécessaires pour évaluer la fiabilité des contenus qu’ils rencontrent. »

Raphaël Dachicourt — collectif/syndicat ReAGJIR (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Proposition structurante et actionnable : basculer de la réfutation a posteriori (« débunk ») à la prévention en amont (« prébunk »), y compris via l'éducation nationale._

« lors de la création d’un compte pour mineur, un quiz ou une vidéo de prévention pourrait être proposé, sensibilisant aux risques potentiels. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Idée opérationnelle : intégrer un module de prévention/quiz au moment de la création d'un compte mineur. Actionnable, transposable en obligation plateforme._

« Il n'a jamais été question, comme je l'entends parfois de manière horrible, d'apprendre la masturbation à un enfant de 5 ans. C'est une aberration. »

Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)

_La témoin réfute directement une caricature des cours Evars attribuée aux « plus conservateurs ». Illustre la charge politique du débat sur l'éducation à la sexualité._

« évoquer les algorithmes et la manière dont ils sont générés, les ingérences des puissances étrangères qui viennent modifier les contenus. »

Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)

_La témoin introduit la dimension géopolitique (ingérences étrangères modifiant les contenus) comme objet à enseigner aux jeunes. Affirmation générale, non étayée dans le verbatim._

« J’avais ainsi proposé de créer dans chaque établissement scolaire un « référent DSA », de la même manière qu’il existe des psychologues. »

M. Thierry Breton (audite, audition cr18c, 2025-05-27)

_Proposition concrète et actionnable de Breton pour l'école : un référent DSA par établissement, afin d'informer enfants et parents que l'espace numérique est contrôlé._

« Deux tiers des utilisateurs que nous avons interrogés se sentent piégés par l’application et préféreraient utiliser d’autres plateformes, mais ils manquent souvent d’un accompagnement pour sauter le pas. »

Marie-Laure Denis — CNIL (audite, audition cr20a, 2025-06-02)

_Chiffre issu de l'enquête CNIL « Numérique adolescent et vie privée » (2024) — attribué à un panel interrogé ; illustre le sentiment d'enfermement subjectif des jeunes utilisateurs._

« À l’image des campagnes menées sur les dangers du téléphone au volant ou les risques liés à l’alcool, il serait judicieux de lancer des campagnes d’envergure sur l’usage des réseaux sociaux et des écrans. »

Morgan Lechat — Monsieurlechat (audite, audition cr21d, 2025-06-03)

_Recommandation actionnable : campagnes publiques de sensibilisation des parents et du grand public sur le modèle sécurité routière / alcool._

« je préconise d’allouer davantage de moyens aux psychologues de l’éducation nationale, aux assistants d’éducation et aux conseillers principaux d’éducation, qui sont des interlocuteurs privilégiés des élèves. »

Morgan Lechat — Monsieurlechat (audite, audition cr21d, 2025-06-03)

_Recommandation actionnable de renfort des moyens humains de santé mentale scolaire (PsyEN, AED, CPE)._

« Je tiens également à souligner l’importance de la présence d’experts légitimes sur les réseaux sociaux, pour contrer la prolifération d’individus se présentant comme experts sans posséder les qualifications requises. »

Morgan Lechat — Monsieurlechat (audite, audition cr21d, 2025-06-03)

_Argument central du témoin : la présence de professionnels qualifiés est nécessaire pour ne pas laisser le vide se combler par de faux experts._

« quelles recommandations formuleriez-vous pour mieux encadrer leur usage ? Avez-vous expérimenté la pause numérique dans votre établissement ? Quel est votre avis sur cette pratique qui va se généraliser dès la rentrée prochaine ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr21d, 2025-06-03)

_La rapporteure sollicite des recommandations concrètes de terrain sur l'encadrement, dont la « pause numérique » à l'école._

« je reste critique envers cette approche et suis persuadée que la prévention et l’éducation constituent des leviers plus efficaces pour protéger les mineurs. »

Anna Baldy (audite, audition cr21e, 2025-06-03)

_Résume la préférence de l'auditionnée pour l'éducation plutôt que l'interdiction — sa thèse de fond sur la protection des mineurs._

« Nous devons répondre à une double injonction, celle de former impérativement les élèves aux compétences numériques et leur fournir les ressources nécessaires à une utilisation pertinente de ces outils, tout en luttant contre leurs effets pervers, ce qui nous contraint parfois à en contrôler l'usage, voire à l'interdire. »

Marc Pelletier — DGESCO (audite, audition de M. Marc Pelletier, 2025-06-05)

_Formule le paradoxe structurel de l'école : éduquer au numérique et en protéger simultanément — cadre la posture institutionnelle et justifie l'ambivalence des messages._

« Leur esprit critique n’est peut-être pas encore assez développé, ou alors on ne leur a pas encore bien expliqué. Ils peuvent se contenter de consulter un contenu parce qu’il est populaire, sans chercher à questionner sa véracité. »

M. Simon Corsin — Mindie / Snapchat (audite, audition cr28b, 2025-06-17)

_Le témoin pointe la vulnérabilité spécifique des jeunes face aux fils de recommandation (moindre esprit critique, adhésion à la popularité) — argument à charge sur l'exposition des mineurs, présenté comme observation personnelle._

« Nous avons interdit l’alcool avant 18 ans, nous avons encadré sa publicité, nous avons informé sur ses dangers à travers des campagnes de prévention. Il nous faut faire la même chose pour les réseaux sociaux »

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)

_Analogie structurante alcool/réseaux : justifie interdiction + encadrement pub + prévention comme un tout cohérent, pas comme de la méfiance envers le progrès._

« Les trois quarts des parents y sont favorables, mais près de 60 % d’entre eux ne les utilisent pas. »

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)

_Chiffre illustrant l’écart entre adhésion de principe et usage réel du contrôle parental. Justifie la piste de l’installation par défaut._

« c’est l’école elle-même qui met un écran dans les mains des enfants par le biais d’applications telles que Pronote. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr29b, 2025-06-19)

_La rapporteure pointe la contradiction de l’Éducation nationale, qui impose des écrans quand les familles tentent de résister. Cherche l’engagement de la ministre sur ce paradoxe._