Jean-Philippe Tanguy
Role dans la commission : Depute membre — groupe RN
Biographie
Jean-Philippe Tanguy est un homme politique francais ne le 25 mars 1986 a Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), depute de la 4e circonscription de la Somme depuis juin 2022, membre du Rassemblement national (RN).
Fils d'une mere employee de secretariat et d'un pere directeur de sites industriels, il grandit a Bures-sur-Yvette (Essonne). Il fait ses etudes au lycee Henri-IV puis en classe preparatoire au lycee Chaptal, integre brievement l'ecole militaire de Saint-Cyr avant de bifurquer vers des etudes d'histoire a l'universite Paris-Nanterre. Il est diplome de l'ESSEC (promotion 2011) et titulaire d'un master Affaires publiques de Sciences Po Paris (2012).
A partir de 2011, il travaille en alternance chez General Electric France, notamment au sein du cabinet de Clara Gaymard. Selon la presse (Challenges), il aurait par la suite ete au coeur d'une polemique liee a l'acces et a la diffusion d'informations concernant le rachat d'Alstom par General Electric — un dossier qu'il evoquera lui-meme dans la commission en se prevalant de cette experience.
Sur le plan politique, il est de 2012 a 2020 assistant parlementaire de Nicolas Dupont-Aignan et membre de Debout la France (DLF). Il conduit en 2015 la liste DLF aux regionales en Nord-Pas-de-Calais-Picardie (2,39 % des voix, sans elu). En novembre 2020, il quitte DLF pour rejoindre le Rassemblement national. Il est elu conseiller regional des Hauts-de-France en juin 2021, puis devient directeur de campagne adjoint de Marine Le Pen pour la presidentielle de 2022. Elu depute de la Somme en juin 2022 (54,59 % au second tour), il est reelu en juillet 2024 (57,48 %). A l'Assemblee, il siege a la commission des Finances, de l'economie generale et du controle budgetaire et est devenu president delegue du groupe RN. Son orientation est celle du RN : souverainisme, critique de l'Union europeenne, defense de l'interet et de l'industrie nationale, et — sur l'energie — une ligne fortement pro-nucleaire.
Dans la commission
Acteur tres present (54 interventions sur 18 auditions), Tanguy est, parmi les deputes, l'un des plus actifs et le plus systematiquement pro-nucleaire et souverainiste. Ses interventions, souvent longues et chiffrees, oscillent entre la question technique et le requisitoire politique (le president le rappelle a l'ordre quand il bascule vers la tribune, M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel). Plusieurs lignes de force ressortent du dossier :
- Tout-nucleaire et hostilite aux renouvelables intermittentes. Il defend la concentration des efforts sur le nucleaire contre la dispersion des filieres (« recommencer a choisir un nombre limite de filieres, au lieu de se disperser », M. Arnaud Montebourg) et conteste le bilan des intermittentes en opposant le programme Messmer (fossiles passes « de 65 a 10 % » du mix electrique en douze ans) a l'Energiewende allemande jugee couteuse et inefficace (Mme Dominique Voynet).
- Defense de la 4e generation et de Superphenix. Il juge « aberrant » d'avoir ferme le surgenerateur : « un prototype est chaotique » par definition, sa fermeture relevant du politique et non de l'echec industriel (M. Lionel Jospin), au cout, selon lui, de « 10 milliards d'euros pour la societe ».
- Critique du marche europeen et de l'ARENH. « La liberalisation a donc amene une augmentation du prix de l'electricite » (M. Dominique Ristori) ; il pose que « l'electricite n'est pas un bien comme un autre, car il est non-stockable [...] non-substituable » (M. Dominique Ristori), mobilisant le concept de monopole naturel. Chiffrage a l'appui : « les importations de l'annee 2022 ont coute 7 milliards d'euros. Par consequent, ou est la rationalite economique ? » (M. Dominique Ristori).
- Souverainisme industriel anti-allemand et mise en cause des elites. Il construit un recit de demantelement des fleurons nationaux (Alstom, Areva, turbines Arabelle/Belfort, photovoltaique), interroge le role de Siemens (« observateurs ou saboteurs ? », Mme Anne Lauvergeon) et cible nommement la nomination de Luc Remont a EDF (M. Arnaud Montebourg). Il se prevaut de son passe « au cabinet de Clara Gaymard chez GE » pour orienter l'audition vers la these d'une predation americaine et d'une defaillance de l'Etat (M. Arnaud Montebourg).
- Responsabilite de l'UE et de la gauche/macronie. Il impute la perte de souverainete a Bruxelles (Euratom « mis de cote », inaction sur le nucleaire en Pologne, M. Dominique Ristori) et aux choix politiques passes (Fessenheim, decennie Hollande-Macron), allant jusqu'a interpeller des audites sur leur responsabilite personnelle (a F. Brottes : « Durant cette periode, vous avez touche 600 000 euros [...] que vous rendiez 288 000 euros a l'Etat », M. François Brottes ; a L. Jospin, en « support du rapporteur », sur Superphenix et les cessions industrielles strategiques, M. Lionel Jospin). Il met aussi en doute la sincerite de la relance nucleaire annoncee : « je crains qu'il s'agisse uniquement d'annonces venant du sommet de l'Etat » (M. Patrick Landais).
Au total, ses questions visent moins a s'informer qu'a faire valider par les audites la ligne energetique du RN (sortie du marche europeen, prix moyen vs cout marginal, fort nucleaire, reouverture de Fessenheim, exploitation des hydrocarbures nationaux), avec une rhetorique de mise en accusation des decideurs publics.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Tanguy
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA795778
- https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Philippe_Tanguy
- https://www.nosdeputes.fr/jean-philippe-tanguy