Philippe Latombe
Role dans la commission : President de la commission — groupe DEM (Les Democrates)
Biographie
Philippe Latombe, ne le 21 avril 1975 a Paris (14e), est un homme politique francais, depute de la 1re circonscription de la Vendee depuis 2017, membre du Mouvement democrate (MoDem) et du groupe Les Democrates (DEM) a l'Assemblee nationale.
Diplome en controle de gestion et finances, droit et economie (universites de Rennes 1 et de Nantes), il commence sa carriere comme auditeur chez Deloitte a Nantes, puis rejoint en 2001 le Credit Agricole de Vendee (La Roche-sur-Yon), ou il occupe plusieurs fonctions jusqu'a son election. Il y a egalement ete delegue syndical CFE-CGC.
Elu depute en 2017 avec le soutien de La Republique en marche, il est reelu en 2022 puis en 2024. Membre de la commission des Lois (dont il est secretaire), il s'est specialise sur les questions de droit du numerique, de libertes a l'ere numerique, de blockchain et de video-protection. Il a notamment ete rapporteur d'une mission d'information parlementaire consacree a « batir et promouvoir une souverainete numerique nationale et europeenne », theme au coeur de sa ligne politique.
Depuis aout 2022, il est par ailleurs commissaire (membre de la formation pleniere) de la CNIL, ou il a ete designe au titre de l'Assemblee nationale — fonction qui l'expose de longue date aux enjeux de protection des donnees et d'extraterritorialite du droit americain. Sa ligne est celle d'un centriste (DEM) techno-pragmatique, favorable a une souverainete numerique selective et proportionnee plutot que maximaliste, attentif au logiciel libre, a l'open source/open weight et a la commande publique europeenne comme leviers de reduction des dependances. En 2026, il preside la commission d'enquete de l'Assemblee nationale (17e legislature) sur les dependances structurelles et vulnerabilites systemiques du secteur du numerique et les risques pour l'independance de la France (rapporteure : Sabrina Chatelain).
Dans la commission
President de la commission, Latombe est de tres loin l'intervenant le plus present du corpus (285 interventions sur 32 auditions). Son role depasse la simple police des debats : il oriente activement les auditions, confronte les intervenants et defend une these constante — la France et l'Europe sont devenues une « colonie numerique » (M. Yann Lechelle) dont il faut reduire methodiquement les dependances.
Ligne directrice et angles d'attaque :
- Dependance aux hyperscalers et « bataille du cloud » : il revient a plusieurs reprises sur la thèse de Cedric O selon laquelle « le combat du cloud etait perdu et qu'il fallait passer a autre chose » (des fournisseurs de cloud ., M. Arnaud Caudoux), qu'il conteste ; il rappelle qu'« a eux trois, AWS, Microsoft Azure et Google Cloud representent 70 % du marche europeen du cloud » (des représentants en France des Gafam). Il interroge le verrouillage : « Azure a-t-il reussi, par sa presence, a verrouiller en quelque sorte le systeme de la PDS, au point de rendre la reversibilite delicate ? » (M. Laurent Vilboeuf).
- Extraterritorialite du droit americain (Cloud Act, FISA) : angle recurrent et central. « La localisation ne change en rien l'extraterritorialite du droit » (M. Arnaud Caudoux) ; il s'appuie sur l'affaire du juge Guillou, prive de services par des societes americaines, dont « la vie [...] est devenue un enfer » (des acheteurs publics), pour montrer que le risque n'est plus theorique.
- Chasse au « sovereign washing » : il pousse les acteurs dans leurs retranchements — « j'ai le sentiment qu'on assiste a une sorte de sovereign washing » (des acheteurs publics) — et fustige les start-up qui denigraient SecNumCloud tout en beneficiant de credits cloud AWS : « Tout cela parce qu'elles beneficiaient toutes – j'ai verifie – de credits cloud AWS » (Mme Maya Noël).
- Coherence des aides publiques : posture assez frontale envers les acteurs francais qui reclament du financement sans contrepartie — « vous demandez du financement public mais [...] des qu'on demande le remboursement des aides publiques, cela vous pose un probleme ; vous demandez l'application de la reglementation, mais seulement dans un sens » (Mme Maya Noël).
- Souverainete selective (ligne DEM) : dans ses questions (Mme Soizic Pénicaud), il cherche a hierarchiser ce qui doit reellement etre souverain (« quels sont les algorithmes sur lesquels [...] la France doit conserver sa souverainete ? ») et teste la capacite reelle de l'Etat a internaliser le developpement, plutot qu'une reinternalisation systematique. Il interroge aussi l'open source / open weight comme levier credible de reduction des dependances.
- Contradictions de l'Etat et leviers concrets : il pointe l'incoherence d'un Etat qui repart « vers Microsoft au debut 2025 pour les nouveaux projets » (Mme Stéphanie Schaer), plaide a demi-mot pour LibreOffice a l'INSP (des directeurs de systèmes d’information de ministères), et souligne l'enjeu energetique des datacenters : « en termes de souverainete, nous offrons notre capacite electrique a des etrangers » (M. Arnaud Caudoux).
Son ton oscille entre l'ironie de relance (« Je retiens de vos propos que nous devons faire passer l'INSP directement a LibreOffice ! », des directeurs de systèmes d’information de ministères) et l'expression d'un malaise assume face aux constats defaitistes (« ce propos liminaire [...] me laisse [...] un sentiment de malaise. Le tableau est noir », Mme Maya Noël).
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Philippe_Latombe
- https://www.cnil.fr/fr/commissaire/philippe-latombe
- https://www.mouvementdemocrate.fr/fiche/philippe-latombe-2509
- https://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA721984
- https://www.nosdeputes.fr/philippe-latombe
- https://cybercercle.com/bios/philippe-latombe/