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Explorer · La commission d'enquête et les polémiques

La défiance envers les médias et les classements (RSF...)

Le corpus aborde ce sujet sous deux angles imbriqués : un constat de défiance mesurée envers les médias, et une controverse sur la neutralité et le financement des organismes qui évaluent la liberté de la presse, au premier rang desquels Reporters sans frontières (RSF).

Un constat de défiance partagé. Le président Jérémie Patrier-Leitus ancre l'audition dans un chiffre : « selon un sondage effectué en janvier 2025, seuls 32 % des Français pensaient que l'on pouvait avoir confiance dans ce que disent les médias » (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism). Denis Morineau (Médias citoyens, M. Aymeric de Lamotte) chiffre à son tour cette défiance « à près des deux tiers de la population ». Ce diagnostic de crise de confiance est peu contesté ; les divergences portent sur ses causes et sur les acteurs mis en cause.

Deux cadrages distincts. Patrier-Leitus défend le pluralisme — « pas de démocratie sans liberté de la presse et sans une information pluraliste, fiable et indépendante » (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) — et rappelle que « cette commission n'est ni un tribunal politique, ni le lieu de la politique spectacle » (Audition, ouverte à la presse). Alice Antheaume (Sciences Po, Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) soutient, sur la base du Digital News Report d'Oxford, que « la France se distingue par la plus grande diversité de médias ». À l'inverse, le rapporteur Charles Alloncle (UDR) instruit une ligne à charge contre RSF.

Le clivage sur RSF. Alloncle met en cause la neutralité de RSF via le parcours de Pierre Haski (« vos premières expériences militantes vont vers le maoïsme », Audition, ouverte à la presse), cite Robert Ménard, cofondateur devenu critique (« une machine de guerre contre le pluralisme uniquement pour des raisons idéologiques »), et pointe le financement Soros (« près de 700 000 euros », M. Tristan Waleckx). RSF réplique frontalement : Haski disqualifie l'angle comme procès d'intention ; Thibaut Bruttin chiffre l'apport Soros 2025 à « 57 000 euros, soit 0,01 % du total » sur un budget de 17 M€ (la fiche note l'incohérence arithmétique du pourcentage) ; Haski affirme que « le premier bailleur de fonds de RSF, ce sont les Pays-Bas ». Bruttin déplace le problème de la concentration vers « l'indépendance des rédactions par rapport à leur actionnaire », et distingue le journaliste de « l'acteur de la vie politique » pour justifier la sélection de RSF.

Financement d'autres structures. Aymeric de Lamotte (Institut Thomas More, M. Aymeric de Lamotte) revendique une orientation « libérale et conservatrice » assumée mais « honnête et rigoureuse », nie que Stérin ou Périclès financent l'Institut (budget d'environ 300 000 euros), et se distancie de la privatisation. Sur L'Autre Cercle, Alloncle dénonce « un combat politique contre les formations politiques de droite nationale » (M. Valéry Lerouge), quand Christophe Gascard (SDJ France Info TV) défend l'association. Martin Ajdari (Arcom, M. Martin Ajdari) réfute avoir financé QuotaClimat : il s'agissait d'un « Observatoire des médias sur l'écologie », l'association exerçant par ailleurs « une pression militante » sur l'Arcom.

Qui en parle

Interventions regroupées (25 citations · 6 auditions)

Domaine : La commission d'enquête et les polémiques · Sujet : defiance-medias-classements

Couverture : 25 citations · 3 positions · 6 auditions

_Slugs bruts fusionnés : defiance-medias, classement-liberte-presse, financement-rsf-soros, neutralite-rsf-haski, affaire-cnews-rsf, financement-thomas-more, financement-associations, partenariat-autre-cercle_

Positions exprimées

  • (table ronde) (Audition, ouverte à la presse) : Les financements de la fondation Soros sont ultra-minoritaires (57 000 € en 2025 sur 17 M€), sans incidence sur les activités de RSF ; leur mise en cause relève de l'instrumentalisation. Le premier bailleur est les Pays-Bas. _(tranchant 4)_
  • M. Aymeric de Lamotte (M. Aymeric de Lamotte) : Ni Pierre-Edouard Sterin ni Pericles ne financent l'Institut ; Pericles a seulement ete donateur, il y a deux ans, du collectif d'avocats Justicia. L'Institut vit de mecenes prives (budget d'environ 300 000 euros). _(tranchant 2)_
  • M. Martin Ajdari (M. Martin Ajdari) : L'Arcom n'a pas financé QuotaClimat mais un Observatoire des médias sur l'écologie (avec l'Ademe), par un financement unique ; aucune proximité, l'association exerce d'ailleurs une pression militante sur l'Arcom. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« selon un sondage effectué en janvier 2025, seuls 32 % des Français pensaient que l’on pouvait avoir confiance dans ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Chiffre cadrant l'audition : le président ancre la question déontologique dans une crise de confiance mesurée. Donnée de sondage rapportée, non discutée dans l'audition._

« Le journalisme est l’une des pierres angulaires de notre démocratie : pas de démocratie sans liberté de la presse et sans une information pluraliste, fiable et indépendante ! »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Le président affirme le soutien de la Représentation nationale aux journalistes face aux attaques, posant un cadre de défense du pluralisme distinct de la ligne à charge du rapporteur._

« La France se distingue par la plus grande diversité de médias en termes de financement, de positionnement éditorial, de formats éditoriaux et de modèle économique. »

Alice Antheaume — École de journalisme de Sciences Po (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Argument pro-pluralisme externe : Antheaume s'appuie sur le Digital News Report d'Oxford (47 pays) pour présenter la diversité médiatique française comme une exception. Contrepoint aux critiques d'uniformité._

« je répète encore que cette commission n'est ni un tribunal politique, ni le lieu de la politique spectacle. »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Recadrage préventif du président avant les questions, dans une commission dont les méthodes sont publiquement contestées. Marqueur de la tension autour du format._

« Je me suis intéressé à votre carrière et il y a une forme d'engagement politique que vous aurez du mal à nier. Vos premières expériences militantes vont vers le maoïsme »

Charles Alloncle (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Le rapporteur (UDR) attaque la neutralité de Haski par son parcours militant. Insinuation d'une conception « militante » du journalisme ; ligne contestée en séance par la présidence et d'autres députés._

« votre sourire en coin en me posant cette question montre que vous n'y croyez pas vous-même ! Rappeler mon engagement maoïste à 14 ans pour terminer sur la déclaration du Président de la République devant le groupe EBRA, c'est un peu audacieux ! »

Pierre Haski — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réplique frontale de Haski qui disqualifie l'angle du rapporteur comme procès d'intention. Moment de tension marquant de l'audition._

« au titre de 2025, le montant de financement qui peut venir des fondations de George Soros s'élève à 57 000 euros, soit 0,01 % du total des ressources. »

Thibaut Bruttin — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réponse chiffrée de RSF sur les financements Soros pour 2025 (budget total 17 M€). À noter : le pourcentage cité par Bruttin est incohérent avec ses propres chiffres (57 000/17 M€ ≈ 0,33 %) ; verbatim conservé tel quel._

« savez-vous qui est le premier bailleur de fonds de RSF ? On lit souvent sur les réseaux sociaux que c'est l'argent public mais, cela va peut-être vous surprendre, ce sont les Pays-Bas. RSF est une organisation internationale, pas française. »

Pierre Haski — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réponse de RSF sur la structure de son financement, opposée au récit d'une organisation captée par Soros ou l'argent public français. Affirmation de RSF sur son premier bailleur._

« Robert Ménard, cofondateur de RSF, a regretté que RSF soit devenu « une machine de guerre contre le pluralisme uniquement pour des raisons idéologiques ». »

Charles Alloncle (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Le rapporteur mobilise un cofondateur historique devenu critique de RSF pour étayer le soupçon d'idéologisation. Citation de Ménard rapportée par le rapporteur ; jugement d'un tiers, non un fait établi._

« En ce qui concerne la concentration des médias, RSF considère qu'en tant que telle, elle ne pose pas de problème. L'important est de garantir une indépendance des rédactions par rapport à leur actionnaire et, oui, des propos laissant entendre que l'actionnariat contrôlerait l'information nous inquiètent. »

Thibaut Bruttin — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Position nuancée de RSF sur la concentration, en réponse au rapporteur qui citait les propos prêtés à Xavier Niel. Déplace le problème de la propriété vers le contrôle éditorial._

« En 1973, avant internet, Hannah Arendt disait que lorsqu'on vous ment, on ne cherche pas à vous faire croire le mensonge ; on cherche à ce que vous ne croyiez plus en rien – et un peuple qui ne croit plus en rien, on peut lui faire faire ce qu'on veut. »

Pierre Haski — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Haski replace le débat sur la certification et le « chaos informationnel » dans une perspective démocratique large, en réponse à l'attaque de Sicard (RN). Argument de fond sur l'enjeu de confiance._

« Les appels à la gravité, pardon, nous n'avons pas besoin de les entendre. »

Antoine Bernard — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réplique la plus sèche de RSF au rapporteur qui lui reproche un manque de « compassion » sur les journalistes iraniens ; Bernard énumère des opérations de terrain (Manille, Iran, Venezuela). Moment clivant de l'audition._

« RSF défend les journalistes, les journalistes dignes de ce nom, qui font un travail d'information générale et ne sont pas des acteurs de la vie politique. »

Thibaut Bruttin — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réponse de RSF au cas du journaliste iranien Nima Avidnia, dont le rapporteur reproche le refus de soutien : RSF distingue journaliste et acteur politique pour justifier sa sélection. Explication de doctrine._

« Cette association mène ouvertement, sous couvert de lutter contre les discriminations, un combat politique contre les formations politiques de droite nationale, parmi lesquelles l’UDR, dont je fais partie. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Affirmation à charge du rapporteur sur L'Autre Cercle ; qualification politique contestée, non établie, et présentée depuis sa propre appartenance partisane._

« À titre personnel, je suis homosexuel, je ne l’ai jamais caché. »

M. Christophe Gascard — SDJ France Info TV (audite, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Gascard répond à l'attaque sur L'Autre Cercle en engageant sa situation personnelle et en défendant l'association comme outil d'inclusion, signé aussi par TF1 et plusieurs services publics._

« elle a reçu depuis quelques années près de 700 000 euros de la fondation de George Soros. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Le rapporteur cherche à discréditer RSF (financement Soros, appel anti-RN) pour établir un « deux poids, deux mesures » dans le choix des sources de l'émission._

« J’affirme devant vous qu’elle ne contenait aucune erreur factuelle, mais qu’il manquait uniquement le contradictoire de l’Arcom. »

Mme Séverine Lebrun — Complément d'enquête (France Télévisions) (audite, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Justification de la coupe d'une séquence du reportage CNews : motif de rigueur (contradictoire manquant), non de contenu erroné._

« nous nous présentons comme libéraux et conservateurs. Nous ne sommes pas neutres, mais nous essayons d’être honnêtes et rigoureux intellectuellement. »

M. Aymeric de Lamotte — Institut Thomas More (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_L'audite reconnait l'orientation ideologique de l'Institut tout en revendiquant la rigueur. Aveu d'un positionnement, argument pour dissocier l'orientation du think tank de la pretendue neutralite de l'outil IA._

« À cette défiance citoyenne s’ajoute celle d’une partie du personnel politique, de plus en plus favorable à une privatisation partielle ou totale, perspective que je ne souhaite pas. »

M. Aymeric de Lamotte — Institut Thomas More (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_L'audite prend ses distances avec la privatisation, tout en liant defiance citoyenne et defiance politique. Nuance importante face aux soupcons sur son agenda._

« ni Pierre-Édouard Stérin, ni Périclès ne financent plus l’Institut. »

M. Aymeric de Lamotte — Institut Thomas More (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Reponse de l'audite aux questions repetees sur son financement : reconnait un don passe de Pericles au seul collectif Justicia, nie un financement actuel de l'Institut. Declaration sous serment, non verifiee par la commission dans le transcript._

« Je me suis rendu à ce dîner de l’Institut Iliade par curiosité comme je me rends également à des manifestations de gauche ou d’extrême gauche... »

M. Aymeric de Lamotte — Institut Thomas More (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Reponse a la question du president sur un diner de l'Institut Iliade (identifie a la droite radicale). L'audite relativise en invoquant sa curiosite tous azimuts. Element verse au dossier de son engagement politique, sans conclusion etablie._

« le rapport en question a coûté près de 10 000 euros, sachant que notre budget annuel est d’environ 300 000 euros. »

M. Aymeric de Lamotte — Institut Thomas More (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Element factuel de transparence donne sous serment sur les moyens de l'Institut, en reponse aux questions sur les interets derriere l'etude._

« la défiance envers les médias est élevée ; elle atteint près des deux tiers de la population. »

M. Denis Morineau — Médias citoyens (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Morineau chiffre la defiance pour justifier un gendarme reactif de l'audiovisuel. Donnee avancee par l'audite, non sourcee precisement dans le transcript._

« nous ne bénéficions pas de financements, nous faisons tout par nous-mêmes, de manière artisanale. Nous avons volontairement refusé ceux qui nous avaient été proposés pour pouvoir rester le plus indépendants possible »

M. Denis Morineau — Médias citoyens (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Reponse de Morineau a la question de la deputee Taille-Polian sur les budgets : revendique l'absence de financement comme gage d'independance. Declaration de l'interesse._

« en aucun cas nous ne finançons QuotaClimat, à qui il arrive par ailleurs de nous saisir et d’exercer une pression militante correspondant à ses engagements à l’égard de l’Arcom. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Ajdari réfute le conflit d'intérêts allégué par le rapporteur : le financement (unique) portait sur un Observatoire des médias sur l'écologie, non sur QuotaClimat elle-même._