La part du citoyenAudiovisuel public
Charles Alloncle

Charles Alloncle

Role dans la commission : Rapporteur de la commission — groupe UDR

Biographie

Charles Alloncle est un homme politique et entrepreneur français né le 21 octobre 1993 à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Fils d'un préfet (Philip Alloncle) et d'une juriste devenue enseignante, il fait ses études secondaires au lycée privé catholique Saint-Jean-Hulst à Versailles.

Formation : il intègre Sciences Po Paris en 2011, puis est diplômé d'HEC Paris en 2017. Engagé jeune à droite, il préside la section UMP de Sciences Po (2014-2015) puis prend la tête des « Jeunes avec Sarkozy » (2016). Il adhère aux Républicains (LR) et se présente en octobre 2018 à la présidence des Jeunes Républicains, où il est battu par Aurane Reihanian.

Parcours professionnel : de 2019 à 2024, il est directeur de l'exploitation (COO) de Blank, une néo-banque (fintech) adossée au Crédit agricole, qu'il a contribué à lancer.

Parcours politique : en 2024, il rejoint l'Union des droites pour la République (UDR), le mouvement fondé par Éric Ciotti après sa rupture avec Les Républicains et son alliance avec le Rassemblement national. Le 7 juillet 2024, il est élu député de la 9e circonscription de l'Hérault (avec environ 51,9 % des voix au second tour), dans le cadre de cette alliance RN-UDR. À l'Assemblée nationale (17e législature), il siège au groupe UDR, dont il est porte-parole, et est membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation. Sa profession déclarée est « cadre administratif et commercial d'entreprise ».

De novembre 2025 à avril 2026, il est rapporteur de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public (présidée par Jean-Jacques Patrier-Leitus). Ses méthodes d'audition, jugées agressives et à charge, ont été très commentées dans la presse : en décembre 2025, la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet lui adresse un rappel à l'ordre écrit, lui reprochant des « incidents d'une fréquence et d'une ampleur inédites ». Son rôle et son rapport final ont été qualifiés de contestés par plusieurs médias, tandis qu'il apparaît comme l'une des figures montantes de l'UDR.

Dans la commission

Rapporteur, Alloncle est le principal interrogateur de la commission : le dossier corpus recense 2086 interventions de sa part, réparties sur la quasi-totalité des auditions (M. Martin Ajdari à Mme Delphine Ernotte Cunci). Sa ligne est nettement offensive et « à charge », structurée autour de trois axes.

1. Un soupçon de biais idéologique de gauche du service public. Il défend une conception stricte de la neutralité (contre la seule impartialité / pluralisme) : « le service public est neutre et [...] toute personne exécutant une mission de service public doit s'abstenir de manifester ses opinions politiques » (Mme Laurence Franceschini). Il oppose cette exigence au président de l'Arcom : « une entreprise de l'audiovisuel public qui reconnaît devoir poursuivre un objectif de neutralité et, dans le même temps, le président de l'Arcom qui a préféré la notion de pluralisme. Comment s'y retrouver ? » (Mme Laurence Franceschini). Il avance des chiffres de temps de parole (« moins de 6 % des intervenants étaient classables à droite et un peu plus de 25 % à gauche », Mme Laurence Franceschini) et instruit des cas précis (« otages palestiniens » sur France Info, Mme Laurence Franceschini/Mme Delphine Ernotte Cunci ; propos sur Charlie Kirk dans « C politique », Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism ; affaire Cohen-Legrand, M. Martin Ajdari/Mme Christine Albanel).

2. La situation financière de France Télévisions. Il martèle un diagnostic de « quasi-faillite » : « les capitaux propres sont inférieurs à la moitié du capital social, la trésorerie est quasiment nulle, et le déficit cumulé [...] atteint presque 200 millions d'euros » (M. Martin Ajdari), et conteste que ce déficit soit imputable à l'État : « nous dire que [...] le risque de quasi-dissolution ou de faillite [est] dû à une baisse des concours de l'État, c'est faux » (Mme Delphine Ernotte Cunci). Il attaque le coût de grille (« coût supérieur de 120 % » à TF1 pour 20 % d'audience de plus, M. Nacer Meddah), le cadre social (congés, salaire moyen de 72 000 €, M. Nacer Meddah) et la chaîne France.tv Slash, qu'il qualifie de « machine idéologique » et cible par des contenus provocants (M. Martin Ajdari, Mme Christine Albanel, Mme Delphine Ernotte Cunci).

3. Conflits d'intérêts et neutralité des dirigeants et régulateurs. Il met en cause l'indépendance des dirigeants de l'Arcom (« quelles garanties de neutralité, d'indépendance et d'honnêteté [...] à la tête d'une autorité censée agir conformément à ces principes ? », M. Martin Ajdari ; nomination de Foued Berahou ; enfant commun avec la directrice générale des médias siégeant au CA de France Télévisions, M. Martin Ajdari) et le profil non-journaliste de dirigeants (Mme Delphine Ernotte Cunci).

Son style est celui d'un réquisitoire enchaînant les questions fermées et les mises en cause nominatives, ce qui provoque des tensions en séance (« Si je suis interrompu à chaque question, il sera difficile de toutes les poser », Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism ; « pour la première fois [...] vous n'avez répondu à quasiment aucune des questions que je vous ai posées », M. Olivier Schrameck). L'ensemble révèle une ligne UDR/droite dure : dénonciation d'un service public jugé partial et dispendieux, exigence de neutralité stricte et remise en cause de la gouvernance et du financement.

Sources